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26.03.2020

containment journey - March 26, 2020 : Des solidarités dans les "quartiers"

Pour des raisons professionnelles, je suis en relation avec de nombreuses associations exerçant leur action dans des domaines variés. Un bon nombre d'entre elles agissent au sein de ce qui est appelé "les quartiers" dans les médias. Ceux-ci s'intéressent, bien souvent plus, au confinement et aux incidents qu'à la solidarité, l'entraide, l'engagement, le civisme, le "bricolage inventif" qui s'y déploient.

Je peux témoigner que, depuis plusieurs jours, des habitants, des bénévoles, des salariés d'association ou de structures d'insertion prennent des initiatives remarquables : organisation d'aide alimentaire, courses pour les personnes âgées, aide aux parents et à leurs enfants démunis face au numérique scolaire, lien social par téléphone pour les personnes isolées et vulnérables, information des jeunes pour respecter le confinement, entretien des halls des immeubles, information pour les précautions à prendre, etc.

Ces associations dans les "quartiers", bien souvent fragilisées depuis des années par la limitation des subventions, le nombre d'appels à projets, la multiplication des dossiers de demande de financements apparaissent pourtant comme celles qui n'ont pas attendu des consignes pour prendre des initiatives. 

Comme me le confiait ce jour un salarié de l'une d'entre elles , "notre travail se fera et se poursuivra  quand la crise sera derrière et que les caméras auront disparu". "Les difficultés sont toujours les mêmes". Un autre " cette crise a au moins le mérite de voir où sont les gens de peu, les laissés pour compte, les invisibles... Il va bien falloir que tous ensemble, sur les quartiers, on pousse nos coups de gueule à l'unisson...".

Cette crise ne fait que révéler ce que nous savons déjà :

- ce sont les plus démunis, les plus précaires, qui vivent dans les moins bonnes conditions (de logement, de travail...) qui prennent toute crise de plein fouet ;

- la course au tout numérique (pour faire soi-disant des économies) met encore plus en difficulté ceux qui sont les plus démunis.

En témoignent ces parents, enfants et jeunes désemparés avec la mise en place de solutions par le numérique dans la crise actuelle. Comment faire lorsque l'on a pas de connexion, pas d'ordinateur ou pas d'imprimante ? Heureusement, là encore, des enseignants, des animateurs, essaient de "bricoler" des solutions. Comment vont faire ceux qui devaient aller à Pôle Emploi ?

On voit bien que cette crise ne fait que rendre criantes les profondes inégalités dans notre société et les choix guidés principalement par les intérêts du marché financier (et donc de quelques uns) et non pas par l'intérêt de tous. 

Je n'ai pas de ressentiment particulier envers tous ceux qui profitent de leur confinement dans leur résidence familiale ou secondaire sur la côte basque, dans l'île de Ré et ailleurs. Je leur demande juste un peu de décence : s'il vous plaît, épargnez-nous vos états d'âme ! 

Quant à moi, je vais retourner à mon travail à distance et faire ce que je peux d'où je suis. C'est à dire bien peu au regard de tous ceux qui, dans les hôpitaux, les supermarchés, les "quartiers", les transports et j'en oublie tant ils sont nombreux, font juste ce qu'il est possible de faire.

Je suis en rage d'être une personne vulnérable ! Je voudrais pouvoir être aux côtés de ceux-là.

Publié dans containment journey, Textes | Tags : journal, covid-19 |  Facebook | |

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