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06.04.2020

containment journey - April 6, 2020 : De M. Blanquer

En cette journée de ciel gris, je ne sais si j'ai raison de faire l'honneur à M. Blanquer, encore ministre de l'éducation, de figurer dans ce billet d'humeur. Je ne suis pas un "spécialiste" de l'éducation. Peut-être devrais-je économiser la force musculaire de mes doigts et consacrer mon temps à des choses bien plus agréables ? Mais le confinement me rend quelque peu peu irritable... Et, ce soir, je n'ai pas envie de vous parler des fleurs et du beau temps à venir.

Elève d'un établissement privé catholique, je ne sais si cette éducation lui a permis de faire sienne ce qu'est la "miséricorde". Espérons que sous le couvert du contrôle de l'assiduité scolaire ne seront pas pénalisés tous les élèves qui, vivant déjà dans des conditions de confinement peu propices à des apprentissages, n'ont pas ou peu les moyens de suivre à distance cette fameuse "continuité éducative". 

Mais M. Blanquer, en "bon élève", en "bon soldat" faisant fi des inégalités, en est déjà à se projeter au déconfinement avec un peu plus de prudence qu'auparavant tout de même.

Multipliant les déclarations, les annonces, les interventions dans les médias depuis des semaines, M. Blanquer devrait peut-être apprendre l'art de la prudence et se faire un peu plus rare !

N'oublions pas qu'il y a peu, ce "ministre", (oui, le monsieur qui a déclaré ce qui suit, est bien un ministre ! Incroyable mais tristement vrai !) affirma avant que d'être désavoué par les décisions du Président de la République :

« La fermeture totale des écoles n’a jamais été envisagée »

L'obsession de M. Blanquer est de remettre tout le monde au travail en n'ayant aucunement envisagé sérieusement les conditions nécessaires à une reprise des enseignements.

  • Qu'en est-t-il des mesures de protection des personnels de toutes catégories si les écoles sont rouvertes ? Y aura-t-il des masques pour tous ? Quelle distance de proximité pourra être respectée si la transmission par aérosol est confirmée ? Celle de 1 m ne suffira donc pas.
  • Pourquoi les écoles ne sont-elles pas toujours ouvertes en Chine (notamment les établissements français) alors que l'épidémie y a débuté bien plus tôt ?
  • Comment faire en sorte que des enfants jeunes et moins jeunes respectent des précautions dans des lieux collectifs? Ne seront-ils pas involontairement les vecteurs d'une "seconde vague" ?
  • Comment faire pour que des personnels administratifs parfois à 2 ou à 3 dans un bureau puissent prendre des précautions ?
  • Comment sera assuré le nettoyage des surfaces de contact dans les différents locaux ?

Le chercheur Samuel Alizon, qui travaille à modéliser l’épidémie de Covid-19, prévient que le déconfinement entraînera un rebond de l'épidémie. Et donc, en l'absence de traitement adéquat ou de vaccin disponible et sans mesures de précautions strictes, une reprise des cas graves et des décès, une nouvelle saturation des hôpitaux.

Un collectif comprenant des experts en virologie vient de publier une tribune dont la conclusion est : "C'est pourquoi nous recommandons que toutes les organisations gouvernementales et privées suspendent toutes les activités qui ne sont pas absolument essentielles ou réalisées en télétravail, car en l'absence de masques de type FFP2, le virus continuera à se propager dans nos institutions et nos entreprises."

M. Blanquer, dans l'incertitude actuelle, devrait surtout être prudent. A moins qu'il n'ait déjà choisi sans l'affirmer une stratégie d'immunité collective, celle qui fera courir des risques non seulement aux personnels de son ministère mais à l'ensemble de la population, une stratégie qui osera donc programmer la saturation du système de santé et le décès annoncé de nombreux français.

M. Blanquer devrait surtout se consacrer à son ministère où règne la confusion, ordres et contre-ordres. Il devrait aussi avoir un peu plus de considération pour tous ceux qui continuent à travailler à distance, à se "débrouiller" comme ils peuvent, enseignants mais aussi personnels administratifs, et donner des consignes claires. Pourquoi des personnels de son administration, alors qu'ils sont en télétravail, ont-ils été placés en autorisation d'absence, ce qui normalement signifie qu'ils ne peuvent pas travailler ? Pourquoi certains recteurs ont-ils par leurs consignes demandé à leurs personnels de ne pas respecter les précautions et règles en vigueur (Pays de la Loire par exemple) ?

En jouant d'opérations de communication en direction des parents, M. Blanquer semble bien plus soucieux d'assurer son avenir politique que de préparer avec lucidité et responsabilité un déconfinement encore bien éloigné.

Gageons que nombreux seront ceux qui n'oublieront pas ses propos tenus début mars et les décisions qu'il prendra. 

Je lui dédie, en espérant qu'il a un peu d'humour, la chanson précédemment postée : "Le temps ne fait rien à l'affaire" de Georges Brassens.

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