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28.05.2016

la fabrique 11 : le bruit du monde

Tu as beau te perdre dans l'immensité bleue contempler le brun des algues et la ligne noire des îles au large tu ne parviens plus à oublier le monde qui t'entoure tu ne parviens plus à oublier le monde qui t'entoure Tu as beau te noyer dans des vagues de sons électroniques te plonger dans d’éclectiques lectures éviter le flot des écrans cathodiques tu ne parviens plus à oublier le monde qui t'entoure tu ne parviens plus à oublier le monde qui t'entoure Chaque matin tu marches un peu plus oppressé tu as beau presser le pas tenter de détourner le regard emprunter d'autres chemins où que tes pas te portent la misère du monde te rattrape la misère du monde te rattrape Chaque jour tu te demandes ce que sont devenus vos rêves tu voudrais échapper à cette lassitude qui t'envahit te glisser dans les interstices éviter la douleur de savoir mettre ce monde entre parenthèses mettre ce monde entre parenthèses Tu as beau vouloir espérer encore un peu tu ne parviens plus à échapper au bruit du monde qui t'entoure tu ne parviens plus à échapper au bruit du monde qui t'entoure tu ne parviens plus à échapper au bruit du monde tu ne parviens plus à échapper au bruit du monde échapper au bruit du monde échapper au bruit du monde échapper au bruit du monde échapper au bruit du monde au bruit du monde au bruit du monde au bruit du monde au bruit du monde.

 

04.01.2016

la fabrique 10 : au bout de son sein

au bout de mon bras il y a ma main au bout de ma main il y a mes doigts au bout de mes doigts il y a ses doigts puis sa main puis son bras son épaule son cou sa joue et puis son sourire son sourire sur sa bouche carmin dans ma main sa main sa peau contre ma peau douce douce sa peau je voudrais la lécher sa peau je voudrais la lécher sa peau douce et laiteuse la lécher comme une boule de glace la lécher avec délectation la lécher lentement longuement la peau laiteuse de ses seins dans ma main la douceur de son sein la douceur d'une figue sur les lèvres ma langue sur son sein au bout de ma langue son sein au bout de son sein il y a le monde au bout de son sein le monde se tient là et il est laid ce monde ce n'est pas mon monde ce monde je ne veux pas voir plus loin que le bout de son sein je ne veux pas voir au-delà du bout de son sein mon monde s'arrête au bout de son sein mon monde c'est sa peau la douceur de sa peau et sa couleur aussi blanche que le lait mon monde c'est son sourire sur ses lèvres carmin mon monde c'est sa joue son cou son épaule son bras mon monde c'est sa main ses doigts et au bout de ses doigts mes doigts au bout de ma main au bout de mon bras c'est cela mon monde c'est cela mon monde.

27.12.2015

La fabrique de textes 9 : les bruits dans ma tête

ça revient ça recommence ça recommence les bruits les bruits dans ma tête ça tape ça cogne ça revient ça recommence ça recommence les bruits dans ma tête et les cris aussi je les entends je les entends les cris dans la nuit ça recommence ça recommence ça tambourine ça martèle ça couine c'est mon cerveau qui va exploser en mille petits morceaux gris et sanguinolents en mille petits morceaux qui vont s'éparpiller sur les murs blancs ça revient ça revient ça recommence ça pulse ça pulse sans cesse à l'intérieur de ma boîte crânienne des accords stridents des notes déchirantes ça vrille mes neurones ça taraude ma cervelle ça revient et cette lumière cette putain de lumière aveuglante qui va faire éclater mes globes oculaires ça revient ça recommence ça recommence ces saloperies de vagues destructrices qui labourent mon encéphale ça revient ça recommence ça recommence les bruits dans ma tête et les rires glaçants aussi je les entends ça revient ça recommence ça recommence je les entends ils arrivent je les entends ils arrivent les fantômes blancs le bruit de leurs pas résonne dans ma boîte crânienne je les entends ça revient ça revient ça recommence ça recommence les bruits les bruits dans ma tête pourquoi personne ne me croit ça revient ça revient ça revient ça recommence ça revient ça revient ça revient pourquoi personne ne me croit

03.08.2015

La fabrique de textes 8 : un été en bord de mer

Il y a ce bleu Ce bleu si bleu Ce bleu du ciel Ce bleu de la mer Il y a ce bleu Ce bleu si bleu Et l'or du sable Étincelant Aveuglant Et l'odeur des pins qui monte dans la chaleur Cette odeur de résine Entêtante Enivrante Il y a ce bleu qui sature les rétines qui envahit l'espace Ce bleu si bleu Incongru dans ce monde de souffrances Ce bleu de la mer et du ciel confondus Ce bleu si bleu Conquérant Désarmant Insolent Ce bleu D'une beauté cruelle Ce bleu si bleu Obscène.

11.06.2015

La fabrique de textes 7 : un jour je suis né

un jour

un jour je suis né

un jour je suis né dans ce monde

un jour je suis né dans ce monde sans l'avoir demandé

un jour je suis né dans ce monde sans l'avoir demandé sans être désiré

un jour dans ce monde je suis né sans être désiré

un jour dans ce monde sans être désiré

un jour sans être désiré

un jour je suis né

un jour

un jour je mourrai

un jour je mourrai dans ce monde

un jour je mourrai dans ce monde sans l'avoir demandé

un jour je mourrai dans ce monde sans l'avoir demandé sans l'avoir désiré

un jour dans ce monde je mourrai sans l'avoir désiré

un jour dans ce monde sans l'avoir désiré

un jour sans l'avoir désiré

un jour je mourrai

un jour

un

jour

je

mourrai

06.04.2015

La fabrique de textes 6 : il faut ne se conjugue ni avec rêver ni avec aimer

Il faut appeler un chat un chat Il faut dire ce que personne n'ose dire Il faut dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas Il faut être réaliste Il faut être pragmatique Il faut être moderne Il faut se défaire des idées archaïques Il faut innover Il faut libérer le travail Il faut libérer l'esprit d'entreprendre Il faut libérer l'entreprise Il faut transmettre des valeurs Il faut restaurer l'autorité Il faut responsabiliser les parents Il faut rétablir l'Ordre L'Ordre c'est important l'Ordre Il faut se serrer la ceinture Il faut faire des efforts Il faut rembourser la dette Il faut savoir être patient Il faut penser à l'avenir Il faut savoir serrer les dents Serrer les dents et se taire Serrer les dents jusqu'au sang Du sang et des larmes Il faut être sérieux Il faut que jeunesse se passe Il faut du temps au temps Il faut persister Il faut évoluer Il faut être raisonnable Il faut changer

Des « Il faut » y en a plein partout ça infeste les discours ça se propage comme la gangrène ça devient la règle obscène ça devient la charpente d'une pensée vermoulue ça sert de parapet pour protéger du vide ça sert de cache-sexe à l’absence de sens ça sent le moisi ça sent la naphtaline ça donne envie de vomir ça donne envie de fuir

J'ai envie de rêver J'ai envie d'aimer J'ai envie de soleil J'ai envie de joie J'ai envie de tendresse J'ai envie de paresse J'ai envie de rires J'ai envie de toi J'ai envie de courir J'ai envie de nager J'ai envie du goût des vagues sur ta peau J'ai envie de crier J'ai envie de danser J'ai envie de t'embrasser J'ai envie de rêver J'ai envie d'aimer