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13.07.2020

Concision 102

Au bruit de son souffle

seules bougent ses côtes

Danseuse impassible.

14.06.2020

Concision 101

A l'angle des rues

L’œil bleuté des caméras

Nos vies capturées.

07.06.2020

Concision 100

Tracées au cordeau

Rues et places rénovées

Villes de pâle ennui.

14.05.2020

Concision 99

Immobile nu

Au bord du sombre abîme

Oscille plonge.

10.05.2020

love journey 7

Je regarde tes mains je sais leur histoire

que les doigts de la gauche furent brisés que ceux de la droite ont caressé d'autres corps

je sais leur chaleur sur ma peau leur douceur sur mes hanches

Les hommes ignorent souvent combien amoureuses nous pouvons nous attacher à des fragments de leur corps combien ceux-ci provoquent et entretiennent notre désir

Je t'apprends le désir amoureux d'une femme tu m'apprends la confiance

Je sais combien la révolte te ronge combien tu te détestes d'être complice par ton silence

Je veux t'offrir l'apaisement t'apprendre la sérénité

Je n'ose imaginer un jour te perdre.

27.04.2020

la fabrique 11 : le bruit du monde

J'ai écrit et mis en ligne ce texte en mai 2016. Il me semble cruellement contemporain.

Tu as beau te perdre dans l'immensité bleue contempler le brun des algues et la ligne noire des îles au large tu ne parviens plus à oublier le monde qui t'entoure tu ne parviens plus à oublier le monde qui t'entoure Tu as beau te noyer dans des vagues de sons électroniques te plonger dans d’éclectiques lectures éviter le flot des écrans cathodiques tu ne parviens plus à oublier le monde qui t'entoure tu ne parviens plus à oublier le monde qui t'entoure Chaque matin tu marches un peu plus oppressé tu as beau presser le pas tenter de détourner le regard emprunter d'autres chemins où que tes pas te portent la misère du monde te rattrape la misère du monde te rattrape Chaque jour tu te demandes ce que sont devenus vos rêves tu voudrais échapper à cette lassitude qui t'envahit te glisser dans les interstices éviter la douleur de savoir mettre ce monde entre parenthèses mettre ce monde entre parenthèses Tu as beau vouloir espérer encore un peu tu ne parviens plus à échapper au bruit du monde qui t'entoure tu ne parviens plus à échapper au bruit du monde qui t'entoure tu ne parviens plus à échapper au bruit du monde tu ne parviens plus à échapper au bruit du monde échapper au bruit du monde échapper au bruit du monde échapper au bruit du monde échapper au bruit du monde au bruit du monde au bruit du monde au bruit du monde au bruit du monde.

 

10.04.2020

Concision 98

Matin de printemps

Au chant des oiseaux, sur sa peau

la lumière joue.

05.04.2020

Concision 97

Son mat de mes pas

dans cet espace restreint

Au loin arbres en fleurs.

02.04.2020

Concision 96

Caresse ses seins

la lumière de l'aurore

Endormie, je la regarde.

21.03.2020

Books, "A lire ou à relire" : "King Kong Théorie" by Virgine Despentes

J'avais essayé de lire plusieurs romans de Virginie Despentes. Je me méfiais aussi bien des critiques acerbes que des louanges, de l'écho rencontré dans les médias. Et puis, je crois que j'ai un problème avec les romanciers français, j'ai souvent du mal à accrocher. Pire même, j'apprécie bien souvent plus le style des traductions étrangères que le style de nos auteurs contemporains.

Je me souviens qu'une jeune femme brune rencontrée dans un café parisien à l'occasion d'un concert privé m'avait vanté "Vernon Subutex". J'avais eu du mal à achever le 1 et je n'ai même pas terminer le 2. Son premier roman ne m'avait guère enthousiasmé même si le sujet était des plus intéressants.

Bref, je ne comprenais pas pourquoi elle provoquait par ses ouvrages autant de bruit. Culte ou détestée, méprisée. Il faut se souvenir des propos d'Eric Naulleau à propos de cet ouvrage. Le citer serait lui faire un trop grand honneur. Dans quelques années qui se souviendra de ce personnage ? Que restera-t-il de lui dans l'histoire de la littérature ? Rien. 

Ce n'est pas le cas de cet essai qui, plus de 14 ans après sa sortie, garde toute sa force. Non seulement par son contenu mais aussi par son style. C'est peut-être dans cet essai que l'écriture de Despentes s'avère la plus interessante, apportant à l'intention théorique la puissance de ses mots, de ses phrases. Il y a un rythme, une voix qui vous emmène du début à la fin nous dérangeant parfois dans nos croyances, nous bousculant mais nous dévoilant les mises en scène de la féminité et de la masculinité.

Ce qui demeure à la fin de la lecture de cet essai, c'est que, par sa critique, il s'adresse à nous tous, femmes et hommes.

Indispensable.

littérature,virgine despentes

23.02.2020

Concision 95

Mort lente du jour

Silhouettes noires des pins

Au banc d'Arguin je sombre.

23.12.2019

Concision 94

Lumière d'hiver

Illumine le calcaire

Là-bas la guerre encore.

12.12.2019

love journey 6

je sais les paillettes d'or dans tes yeux et le goût du tabac sur tes lèvres

je sais la douceur de ta peau la chaleur de tes mains le charme de ton sourire d'enfant et tes mots qui m'apaisent

je sais tout cela je sais tout cela

dehors un chat surveille l'aube naissante

immobile

de la fenêtre je l'observe énigmatique statue blanche tâchée de noir

portés par le vent d'ouest des nuages viennent tâcher le rose du ciel

serait-ce de la pluie qui s'annonce ?

Énigmatique ton regard que je surprends parfois

peut-être que quelque chose te résiste quelque chose qui te fait douter

quelque chose qui te restera à jamais incompréhensible

je ne peux t'aider à trouver ce qui donnerait sens

je ne le sais pas moi-même

mais je sais ma confiance en toi

mais je sais l'amour en moi

je te regarde encore endormi je devine ton corps nu sous les draps

ce corps que mes mains redécouvrent chaque jour

j'entends le son léger de la pluie sur la vitre

le chat a disparu.

01.12.2019

Concision 93

Au pied de la stèle

Aux couleurs de novembre 

Vous enfin réunis.

17.11.2019

Concision 92

Pluie de novembre

Seul le son mat et lourd

de la terre sur le bois.

 

19.10.2019

Concision 91

Boucles du Launchpad

Comme un père son fils

Je le regarde.

06.10.2019

Books, "A lire ou à relire" :"Trouée dans les nuages" de Chi Li

Un huis clos terrible entre une jeune femme et son mari écrit par Chi Li, romancière chinoise.

Traduit du chinois par Isabelle Rabut et Shao Baoqing chez Actes Sud.

lecture,littérature,roman,chi li

 

28.09.2019

Concision 90

Le soleil d'hiver

Réchauffe le calcaire

Je veille mon père.

08.09.2019

Concision 89

Est-ce le vide

Qui s'instaure en moi ?

Froide lassitude.

17.07.2019

Books, A lire ou à relire : "Je ne peux le croire" anthologie haïkus & tankas

Cette anthologie établie par Dominique Chipot et publiée aux éditions Bruno Doucey est remarquable et bouleversante. Son titre complet dit tout "Je ne peux le croire. Fukushima Nagasaki Horishima". Recueil de haïkus et tankas de poètes contemporains connus ou non. On pourra y lire notamment les textes de Matsuo Atsuyuki, un des rescapés de Nagasaki ou ceux d'Oyama Takami qui s'éleva toute sa vie contre l'armement nucléaire.

Deux extraits pour illustrer la puissance de ces textes qui, en quelques lignes, disent bien plus que tous les discours. Quand des textes nous disent quelque chose de notre monde, de notre condition humaine, alors on comprend ce que peut signifier littérature. Fulgurance, intensité, cruelle réalité.

Sous le clair de lune

ma propre voix qui appelle

en vain mes enfants 

Matsuo Atsuyuki

A trois ans,

Ma fille sait dire "césium"...

Averse de printemps.

Mabesoone Seegan

littérature, poésie,haikus