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01.12.2019

Concision 93

Au pied de la stèle

Aux couleurs de novembre 

Vous enfin réunis.

17.11.2019

Concision 92

Pluie de novembre

Seul le son mat et lourd

de la terre sur le bois.

 

19.10.2019

Concision 91

Boucles du Launchpad

Comme un père son fils

Je le regarde.

28.09.2019

Concision 90

Le soleil d'hiver

Réchauffe le calcaire

Je veille mon père.

08.09.2019

Concision 89

Est-ce le vide

Qui s'instaure en moi ?

Froide lassitude.

17.07.2019

Books, A lire ou à relire : "Je ne peux le croire" anthologie haïkus & tankas

Cette anthologie établie par Dominique Chipot et publiée aux éditions Bruno Doucey est remarquable et bouleversante. Son titre complet dit tout "Je ne peux le croire. Fukushima Nagasaki Horishima". Recueil de haïkus et tankas de poètes contemporains connus ou non. On pourra y lire notamment les textes de Matsuo Atsuyuki, un des rescapés de Nagasaki ou ceux d'Oyama Takami qui s'éleva toute sa vie contre l'armement nucléaire.

Deux extraits pour illustrer la puissance de ces textes qui, en quelques lignes, disent bien plus que tous les discours. Quand des textes nous disent quelque chose de notre monde, de notre condition humaine, alors on comprend ce que peut signifier littérature. Fulgurance, intensité, cruelle réalité.

Sous le clair de lune

ma propre voix qui appelle

en vain mes enfants 

Matsuo Atsuyuki

A trois ans,

Ma fille sait dire "césium"...

Averse de printemps.

Mabesoone Seegan

littérature, poésie,haikus

09.06.2019

love journey 5

je m'éveille à tes mains posées sur ma peau

je sens leur chaleur effleurer mon ventre qui jamais n'a porté d'enfant qui jamais ne portera le nôtre

je m'éveille à tes mains qui effleurent ma peau dont tu dis qu'elle est plus douce que le duvet de la peau des pêches

je m'éveille à tes baisers légers sur mon corps couvert de cicatrices d'anciennes blessures que tu ignores

dans le secret de mes nuits pendant qu'apaisé tu dors je livre bataille

je livre bataille

un jour je m'éveillerai à tes mains posées sur ma peau et les fantômes auront disparu.

30.05.2019

Concision 88

Les pavés luisent

Poudre blanche sur les toits

Mes oreilles sont chaudes.

14.04.2019

love journey 4

Tes mains me manquent. Chaudes, douces,

posées tendrement sur mes hanches. 

Et tes yeux aussi. Pas ton visage,

ni ton dos, tes yeux. Tes yeux

de loup.

 

24.03.2019

Concision 87

Au creux de ma main

la rondeur de son sein.

Apaisée elle dort.

10.03.2019

Concision 86

Dans ses cheveux d'or

des fils d'argent désormais

Ensemble vieillir.

10.02.2019

love journey 3

Cette nuit j’ai rêvé. J’ai rêvé de toi. Et de moi.

Tu étais à l’extrémité d’un long couloir. Je marchais vers toi. Tu me regardais et tu avançais vers moi.

Arrivés à la hauteur de l’ascenseur central, nous nous sommes enlacés sans une parole. Je ne sais comment mais nous flottions et tournions dans l’air.

J’ai senti la chaleur de ta peau. Tu étais nu et moi aussi. Nos corps s’effleuraient à peine. Je ne voyais plus rien autour de nous. Je ne voyais que tes yeux. Tes yeux de loup.

20.01.2019

love journey 2

Un jour tu me surpris à te regarder

je regardais ta bouche aux lèvres ourlées, le tracé de ton nez et tes yeux

tes yeux où parfois les paillettes d’or éclipsent le vert de l’iris tes yeux de loup tes yeux où je lisais l’homme que tu es

tu es un homme différent tu es un homme sérieux

à chaque fois que je te dis cela je provoque ton sourire tu me dis être un homme ordinaire

non tu n’es pas un homme ordinaire

tu es l’homme qui m’a respecté, l’homme qui n’a rien exigé, l’homme qui m’a attendu, l’homme qui m’aime telle que je suis

je regarde tes lèvres, tes mains dont je sais seule la douceur et tes yeux tes yeux de loup

je te regarde esquisser ce sourire si particulier quand tu sais que je te regarde

non tu n’es pas un homme ordinaire

tu es l’homme que j’aime.

13.01.2019

Concision 85

Nouvelle année première gelée

En terre les cendres de ma mère

ont rejoint celles de mon père.

16.12.2018

L'imperméable rouge

Des années après, je t'ai retrouvée. Tu portais un imperméable rouge.

C'était un matin de pluie, un de ces matins gris que j'abhorrais. Un de ces matins où je marchais, absent au monde, sans un seul regard pour ce ciel gris. Je ne voyais personne ou plus précisément mes nerfs optiques transmettaient des signaux que je voulais ignorer. Je ne voulais percevoir qu'une foule grise, anonyme, sous ce ciel gris, dans ce matin gris. Et, il y eut cette tâche rouge au loin qui attira mon attention.

Ton imperméable rouge.

Il n'avait pu – je ne le savais pas encore - te protéger que de la pluie.

Et alors, il y eut la lumière de ton visage. La lumière de ton regard, aussi. Cette lumière que je ne saurai décrire. Cette lumière me laissa pantelant, désarmé. Elle me mit en mouvement, inexorablement. Je ne réfléchissais pas, je n'étais que ce mouvement, que ce corps en marche, qu'articulations, muscles et tendons en action. Je n'étais que tension, qu'impulsion soudaine pour te rejoindre.

Un sentiment d'urgence.

Cette histoire, je te l'ai tant de fois déjà racontée. Et tout le reste aussi.

Cet imperméable rouge, pour quelles raisons l'avais-tu choisi ? Toi qui voulais passer inaperçue, te fondre, anonyme. Notre futur t'avait-il conduit à ce choix ?

Notre rencontre débutait sous le signe du désir. Mais, tu n'en savais rien. Dès le premier instant, j'ai cherché à te séduire. Tellement ébloui. Aveugle à tout ce qui n'était pas toi. Obsédé par toi. Je ne voyais que l'iris vert de tes yeux, le dessin de tes lèvres et ton sourire indéfinissable. Je cherchais ton visage sur les quais de gare. Je guettais ton apparition sur le boulevard chaque fin d'après-midi. Ta silhouette, ta démarche, ton port de tête. Tu étais princesse inaccessible, réfugiée en ta forteresse. Je n'avais cesse de te retrouver. Je traversais les jours sans autre pensée que toi. Je t'attendais. Je détestais ces jours où l'automobile te dérobait à ma présence. Je ne pouvais savoir ce qui t'arrachait à moi. Moi qui n'était rien. Moi qui voulait être tout. Chaque matin, chaque soir, j'espérais l'instant où enfin tu allais t'asseoir dans la grâce d'un timide sourire en face de moi. Ces instants, j'aurais voulu qu'ils durent jusqu'à ce que la lune t'éclaire d'or. Mais, ces instants, je ne pouvais que les voler, que les dérober.

Par tes yeux, enfin, je voyais la mer et je sentais une houle longue, profonde me porter. Je découvrais enfin mon univers. Un univers inondé de lumière.

Je voyais - j'en étais certain - tout l'amour que tu avais à donner. Je voyais tout l'amour qui t'avait manqué. Tu étais ma joie, mon impatience. Je guettais le moindre de tes sourires - ils me transperçaient le cœur. Je cherchais à te séduire. Je ne savais rien de ta vie, de tes souffrances. Mais j'avais envie d'être ton rempart. J'étais au bord du quai, prêt à basculer. Je découvrais le plaisir d'aimer. Je chavirais, bateau ivre. Je déposais des mots et des regards. Des petits cailloux pour te guider vers le chemin qui – je l'espérais - te mènerait à moi. Je cherchais à te séduire.Tu me laissais dans l'ignorance. Le doute était mon infatigable compagnon de voyage. Impénétrable, énigmatique, tu ne te livrais pas. Je cherchais à te séduire. Je n'osais rien te demander. Je n'avais que des questions qui ne pouvaient que rester sans réponses. Parfois, la colère ou le désespoir me submergeait. Je maudissais ton indifférence supposée. Je ne disais rien. Je devinais mais ne voulais pas savoir. Je maudissais les jours où tu me quittais sur les quais de gare. Je ne montrais rien. Je cherchais à te séduire. Je n'osais t'espérer. Je ne croyais pas te mériter. Et pourtant, j'étais envoûté, je ne pouvais pas lutter contre cette tendresse que je lisais dans ton regard. J'essayais de déchiffrer des signes sur ton visage. Je n'y parvenais pas. Je t'attendais. Je ne pouvais que t'attendre. Te laisser venir à moi.

Et maintenant, chaque soir, tu es là, allongée, blottie contre moi. Tu dis que mon corps est chaud et je m'enroule autour de toi pour te réchauffer. J'écoute la musique de ta voix quand, la nuit tombée, tu lis à haute voix. Elle me calme, me berce. Tu dis que ma peau est douce et je laisse ta main explorer mon corps - il s'abandonne enfin. Et maintenant, chaque soir, j'attends l'instant où je vais sentir le poids de ta tête sur mon épaule quand le sommeil t'emporte. Je n'ose le moindre mouvement si ce n'est caresser lentement l'arrondi de ton crâne, celui de ta joue, si ce n’est effleurer le grain de beauté qui orne ta main gauche.

Chaque jour, te sentir contre moi, t'entendre respirer, apaisée. Chaque jour, je ne regrette rien du passé.

Un jour de nuages à la dérive, j'ai ouvert grands mes bras, je t'ai serrée tout contre moi. Il n'y avait que nous, enlacés dans cette ruelle, nous seuls présents au monde. Je ne voyais que toi, plus rien n'avait d'importance que toi.

Je savais que tu m’emmènerais loin du pays des ombres. Vers d'autres contrées, là où le bonheur a le droit d'exister, là où le plaisir naît du désir dans les regards, là où l'amour n'est pas chimère mais de l'ordre du possible.

Enfin.

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