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30.08.2016

J'ai longé le mur

j'ai longé le mur

évité les ombres

contemplé la lumière crue

sur les tombes

mordu la chair d'une figue

de celles que tu aimais

celles à la chair rouge

mes gencives saignaient

de ce sang éclatant

qui enfant me terrifiait

j'ai attendu que les étoiles trouent le ciel

une douce chaleur montait des pierres

j'ai suivi l'allée de graviers

fermé la porte des souvenirs

longé le mur

évité les ombres

mes gencives saignaient

mes gencives saignaient

 

(Texte initialement mis en ligne le 5 juillet 2015)

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10.08.2016

Aurore

Ce sera l’un de ces matins de rosée

tu seras toute chaude endormie

la fenêtre sera grande ouverte au bruit

des vagues sur les rochers

le soleil à peine levé dansera léger

sur tes lèvres offertes entrouvertes

sur ta main dans tes cheveux égarée

Ce sera l’un de ces matins de rosée

ta peau aura encore l'odeur de l'été

j’attendrai que tu sois éveillée

et je te regarderai.

 

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30.04.2016

Du train soudain

Du train soudain
le golfe à la vue s'offre
la mer étale
d'argent sans une ride
à l'horizon s'unit
au ciel de nuages gris
et cette lumière
qui irradie  la baie
et cette lumière
qui irradie l'océan
elle est je crois
semblable à celle
qui caressait ton corps nu
disparue soudain
cette lumière  qui me hante

 

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09.04.2016

Aucune photographie

Je m’allonge sur le sable des jours à la recherche de la lumière sur ta peau
la texture de ta peau     sensation disparue de mes doigts
pourtant je l’ai si souvent caressée ta peau
si souvent parcourue     si souvent effleurée
de ma langue de mes lèvres de l’extrémité de mes phalanges

Dire cela      dire     « ta peau »     est devenu presque inconcevable
dire     « ta peau »     est de l'ordre de l'effort phonatoire
oser dépasser le silence muré
je ne parviens plus à penser     « ta peau »
j'ai peur de ne plus parvenir à te penser     « toi »

Je m’allonge à la recherche de ton empreinte sur mes rétines usagées
mes dents grincent au flou de ton sourire qui s'est fané
seules trois images fixes – je mesure à présent combien tu déjouais mes tentatives – ont réussi à te capturer

Sur l'une - prise de suffisamment loin pour te surprendre - on devine à peine ton visage la peau de ton corps a le cuivre de l'été     tu es au bord d'un torrent tes cheveux sont mouillés     la couleur de tes yeux n'est pas visible ni celle de tes lèvres tes lèvres qui m'embrassaient     chaudes    humides tes lèvres dont je ne sais plus le goût

Sur les deux autres tu marches de dos – ne pas donner prise - tes cheveux sont libres ils étaient blonds et longs tu portes un jean une marinière des baskets blanches – à l'époque je crois que c'était à la mode mais tu te moquais de la mode
la courbe de tes hanches n'est que sensualité – tout du moins je veux la concevoir comme telle  ces hanches où s'arrimaient mes mains

Insolente beauté minérale

Je m'allonge sur le sable des années à la recherche de cette lumière si particulière qui le soir inondait la baie et la digue de pierres maçonnées où nous marchions
cette lumière je l'espère toujours
à chaque fois que je longe le golfe entre mer et marais
à chaque fois que la brise qui caresse les roseaux me rappelle ton souffle
ton souffle qui peuplait mes nuits

Une quête apaisée

Comprendre bien après     quand l'absence s'est installée au creux des années
la béance infinie du manque
accueillir la douleur l'accepter pour douce compagne

« Aucune photographie » disais-tu
Ne pas être par les grains d’argent emprisonnée à jamais ne pas être comme déjà morte

 

Demeurer présente

Intensément

 

Je m'allonge sur le sable des années je fouille ma mémoire à la recherche de vieux souvenirs
j'ai peur j'ai peur de ne plus parvenir à te penser    « toi »

« Aucune photographie » disais-tu « Aucune photographie »

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27.03.2016

Un grand sac

J’ai pris

ton sourire ta bouche et puis tes désirs

J’ai volé

tes mots tes mains et puis ta douce peau

J’ai rangé

tout cela dans un grand sac

Et je suis parti

oubliant tes pleurs

J’ai toujours été

un piètre voleur.

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25.02.2016

Il ne me reste que cela

La mer          noire
et l'écume crachée par les vagues         blanche

Le bleu-vert           de tes veines
qui affleurait
sous la peau diaphane de tes avant-bras

Il ne me reste que cela

Ni ton visage
ni ton sourire qui irradiait l'espace
ne viennent désormais hanter l'ordinaire de mes nuits

Et le gris du ciel qui dévorait la lumière
Et le rose pâle de tes ongles à l'extrémité de tes phalanges

Il ne me reste que cela

Rongée par le sel des années
de ma mémoire rétinienne tu disparais

Mais la béance est             là
                                                  douloureuse            infinie.

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