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16.09.2022

Album of the Month : "Sides" by Lean Year

Le second album proposé par le duo Lean Year formé d'Emilie Rex et de Rick Alverson est de ceux qui se dégustent lentement au lever du jour ou à la tombée de la nuit, de ceux qui exigent de se laisser emporter peu à peu par les ambiances musicales, le chant et les textes dans un voyage déchirant.

Portés par l'interprétation aérienne de Rex et les compositions minutieuses d'Alverson, les neuf titres ont tous un intérêt, une personnalité propre qui forment un ensemble d'une grande cohérence. La réécoute permet de découvrir encore plus la précision des apports instrumentaux, le mariage de tous les composants - des voix aux choix rythmiques et instrumentaux.

"Sides", l'art de la lenteur, de la suspension, des notes distillées, des nuances.

"Sides", à découvrir absolument.

Publié dans Album of the Month, Music | Tags : musique, chanson, lean year |  Facebook | |

27.04.2022

Album of the Month : "Tissé" by Marion Rampal

Voici un album à découvrir absolument : "Tissé" de Marion Rampal. 

Auteure, compositrice, interprète, aux influences multiples, son nouvel album est un instant de grâce. 

Des collaborations superbes dont un duo magnifique avec Piers Faccini.

 

08.03.2022

Album of the Month : "ATLAS" by La Maison Tellier

Je me fais rare. Une forme d'abattement peut-être. Une lassitude ou une fuite. Un besoin d'isolement, loin du bruit du monde.

Heureusement, de temps à autre, l'inattendu me sort de ma caverne. Cette fois-ci, c'est l'arrivée du double vinyle de La Maison Tellier. ATLAS, dernier opus du groupe. La voix, le chant, la musique, des chansons comme la superbe et addictive "ATLAS" déjà postée ici et puis d'autres comme ce titre. Non, tout n'est pas définitivement noir en ce monde.

 

19.10.2021

"Le dernier album" by Mendelson

J'ai hésité, qu'écrire à propos du dernier opus de Mendelson que j'ai réécouté plusieurs fois en version numérique en attendant de recevoir le coffret, la "Box".

Et si la position la plus appropriée était de choisir le silence, juste mettre en ligne les 5 titres de cet ultime album. Après tout, à quoi sert de s'épancher, tout n'est-il pas pas déjà dit, chanté, joué dans cette dernière étape avant la fin proclamée ?

Et puis, cela m'a toujours ennuyé les chroniques du regret (du type hommage au génie méconnu), les articles qui viennent nous arracher des larmes quand un artiste, un groupe, une personnalité achèvent leur parcours ou disparaissent. C'est un peu comme les départs à la retraite, t'as plein de gens qui t'ont fait royalement chier quand tu bossais qui voudraient te remercier et boire un pot avec toi ! C'est comme les enterrements où t'as plein de gens qui viennent te rendre hommage alors que quand tu étais bien vivant, ils n'en avaient rien à foutre ou t'ont fait plus de mal que te donner des signes d'amour, d'affection ou de respect.

Et puis, après tout, y a plein d'espèces d'animaux, y a plein de végétaux et plein d'hommes et de femmes qui meurent dans l'indifférence quasi-générale ! Au nom de quoi la fin d'un groupe de musique serait plus digne d'intérêt que celle de mon grand-père qui travailla dès l'âge de 14 ans ? Qui, fils d'immigrés, prit les armes pour défendre un pays qui les avait accueillis non sans souffrir au quotidien de rejet, de réflexions les plus stupides et blessantes dès son enfance ? Au nom de quoi certains auraient plus d'importance que tous ces anonymes ?

Je vois déjà fleurir les chroniques, je vois déjà les commentaires... Que ceux qui les ont accompagnés, les fidèles, les amis de route puissent témoigner de ce que ce groupe a pu signifier, a pu leur apporter à un moment ou un autre de leur vie, ne me dérange aucunement. La meilleure façon de faire vivre nos morts - que nos morts soient présents parmi les vivants - est d'en parler, de montrer, de faire entendre, de dire en quoi ils nous ont été précieux. Il n'y a rien de moins humain que de laisser mourir nos mourants dans des lieux aseptisés, loin de tous, abandonnés et sans marques d'affection. L'indifférence, cacher la mort est le contraire de ce qui nous fait humains.

Non, Mendelson ne nous a pas rendu plus humains par ces albums - ceux qui écoutaient l'étaient déjà et ceux qui ne l'écoutaient pas l'étaient aussi ! Mendelson nous fait simplement humains parce que nous sommes à ses côtés quand il disparaît, parce que nous l'écouterons encore de temps à autre, parce que nous le partagerons comme nous partageons l'existence de ceux qui ont, à un moment de notre vie, été des compagnons, des êtres qui ont marqué notre existence, qui ont pu jouer un rôle mystérieux dans notre vie. Comme le prof anonyme décrié par tous qui te fait découvrir un père obscur, comme un grand-père qui te parle de ce que fut sa vie d'ouvrier, comme une chanson de Ferré écoutée à 13 ans et qui t'ouvre de nouveaux horizons, comme un bouquin de socio que tu lis à 20 ans et qui te marque à jamais, comme le père que tu as pu parfois détester mais qui t'a permis de te construire sans que tu t'en rendes compte, comme tant d'autres, des femmes, des hommes connus ou inconnus. Juste une histoire de rencontres humaines.

De Mendelson, il demeurera les albums, des petits cailloux, des traces, à continuer de faire vivre. Il reste l'oeuvre, textes, musique, interprétation, compositions, un tout, une couleur singulière, un ensemble indissociable, c'est l'essentiel. La postérité du groupe, après tout, rien à faire ! 

Alors "Fin de partie", "Rideau" pour Menselson. Et alors ? L'important, l'essentiel est par ici :

 

12.10.2021

Album of the Month & Discovery : "To Enjoy is the Only Thing" by Maple Glider

Le soleil irradie cette soirée d'automne, encore un peu de chaleur avant des jours peut-être plus sombres. Paru déjà il y quelques mois, l'album de Maple Glider (Tori Zietsch) illumine cette soirée.

Par son élégance, sa grâce, ses mélodies et arrangements au service de textes qui abordent  l'intime, par ce chant cristallin, aérien, presque fragile et en même temps d'une grande force. "Wiew From This Side", "Baby Tiger" illustrent peut-être parfaitement toutes ces caratéristiques dans cet opus - quoique bien d'autres titres pourraient aussi être cités tels "Performer", "As Tradition" ou "Mama It's Christmas".

Alors, bien sûr, sans doute n'aura-t-il pas la diffusion de bien des productions dont les blogs dits "spécialisés" et les radios nous inondent, préférant la répétition des mêmes recettes et l'indigence des textes. Mais au moins nous serons quelques uns à écouter de temps à autre une artiste qui délivre un album d'une grande sensibilité et authenticité. Un des albums les plus sensibles et gracieux de cette année.

20.09.2021

Album of the Month : "Forever I Wait" by Martina Topley Bird

Sans doute l'une des sorties d'albums les plus intéressantes de ce mois. Probablement pas celle qui fera l'objet du plus de chroniques... En attendant le vinyle qui ne sera disponible qu'en 2022, le nouvel opus auto-produit de Martina Topley Bird est non seulement remarquable par sa qualité de production sonore, ses compositions mais aussi par ses ambiances. Et que dire des parties vocales. L'album de 12 titres s'ouvre par "Pure Heart" pour se clore avec "Rain", deux titres simplement somptueux. Entretemps, chacun pourra certainement y découvrir sa piste favorite : "Collide", "Love", "Wyman" et bien d'autres.

Disponible sur la page bandcamp de l'artiste. A découvrir absolument.

 

20.06.2021

Album of the Month : "Tempo" by Dom La Nena

Un album que je n'avais pas eu le temps d'écouter. Gracieux, délicat.

18.04.2021

Album of the Month : "Flux Flou de la Foule" by Françoiz Breut

De retour, après le somptueux "Zoo", François Breut délivre un nouvel opus aux textes ciselés. Comme une compagne de longue date, plaisir de retrouver son timbre de voix, ce chant posé, fluide et sensuel, son univers singulier de paroles et de sonorités. De "Juste de passage" qui ouvre l'album en passant par "Mes pêches s'accumulent", "La fissure" duo magnifique avec Jawhar, jusqu'à "Mon dedans Vs mon dehors", un voyage tout en sensibilité.

 

10.04.2021

Album of the Month : "New Long Leg" by Dry Cleaning

« I just want to put something positive

Into the world but it’s hard because

I’m so full of poisonous rage »

Pour l'interprétation de Florence Shaw, son phrasé.

Pour le jeu de Tom Dowse.

Pour les lignes de basse de Lewis Maynard.

Pour l'ensemble des dix titres délivrés par le quatuor.

Un premier album à découvrir.

 

 

31.03.2021

Song of the Week & Album of the Month : "Panthère" & "Palais d'Argile" by Feu ! Chatterton

Bien sûr, beaucoup d'articles, beaucoup de promotion. Mais n'empêche, dans ce nouvel album attendu et parfois presque trop encensé, il y a des titres qu'en cet été prématuré, je me plais à écouter. "Panthère" est de ceux-là, dépouillé, un instant capturé, sans artifices. Je pourrais imaginer la scène, la mettre en images. "Cantique", "Ces bijoux de fer" bien plus que les titres médiatisés sont autant de moments forts.

 

06.03.2021

Album of the Month : "Caillou" by Gisèle Pape

Son premier EP m'avait séduit. Gisèle Pape délivre un premier album tout aussi enthousiasmant. Partir à la découverte de ces 10 titres qui forment un tout d'une grande cohérence, se laisser aller à ces textes, à ces ambiances, cette diction, ces compositions. Délicat, élégant. Gisèle Pape poursuit son travail d'orfèvre, sans jamais céder à la facilité, affirmant ce qui fait sa singularité, son originalité et sa puissance évocatrice. Elle nous conduit, caillou après caillou, dans des contrées envoûtantes. 

 

16.02.2021

Album of the Month : "Théo Charaf" by Théo Charaf

Un premier opus éponyme somptueux. Probablement un de mes incontournables de 2021 et pour bien des années encore. A découvrir absolument.

Edition Vinyle + CD chez Wita Records.

 

01.12.2020

Album of the Month : "PHOS DISPARITION" by Intratextures & Watine

Qu'écrire de plus à propos de ce nouvel opus ? Y. Kouton aurait-il déjà tout épuisé ?

Peut-être simplement quelques mots d'un amateur qui n'a ni l'aisance stylistique du critique, ni une position analytique.

A l'écoute de cet album à la nuit tombée, des textures sonores et musicales, la densité - y compris par les silences instaurés.

Et leur mariage subtil avec le texte, articulé, prononcé.

A l'unisson. Une union, un tout insécable. 

Présence de cette diction, de ce timbre, de cette interprétation dans ses variations.

Une voix qui s'empare de vous. Ensorcelante.

Sentiment de proximité, sensibilité. 

Une écriture envoûtante.

Un espace s'ouvre, d'émotions, d'impressions captivantes.

Sombre et lumineux. 

Essentiel.

 

11.11.2020

Album of the Month : "Untried Ways" by Solaris Great Confusion

Le ciel bleu me nargue, je voudrais sentir la brise sur mon visage, regarder les roseaux ondoyer, sentir la chaleur irradier mes os en longeant la grève. Heureusement, la folk lumineuse, solaire, de Solaris Great Confusion m'accompagne.

"Untried Ways" Limited Edition 12, Mediapop Records.

 

07.11.2020

LP of the Month : "Stillness" by Laetitia Sheriff

Un nouveau matin, la douceur est au rendez-vous. J'attends la pluie annoncée par ce ciel bas et gris. Les jours s'étirent dans un espace limité. Je rêve de longues marches dans les landes, d'embruns sur mon visage, de vent qui brûle mes lèvres. Heureusement ce matin gris est illuminé par "Stillness" de Laetitia Sheriff. Un retour comme une vieille compagne qu'on aimerait serrer dans ses bras tellement elle vous réconforte. Et il y a cette voix, ce chant, cette musique parfois d'une douceur où l'on voudrait s'enrouler et ces guitares qui se font plus obsédantes, ce rythme qui vous replonge dans une énergie brute. Dix titres, les facettes multiples et tellement convaincantes de cette artiste qui trace depuis longtemps une voie singulière dans un paysage souvent désolant.

24.10.2020

LP of the Month : "Intrications Quantiques" by Watine

Le soir avance automnal ; la pluie a cessé comme par miracle - je ne crois plus aux miracles depuis si longtemps. On devine encore des fragments de ciel bleu que déchirent des lambeaux de nuages noirs. J'entrevois au loin la mer et des faibles éclats argentés, il n'y a probablement plus de tempête. La grève où j'ai marché avec pour seuls compagnons les fantômes du passé, va se fondre bientôt avec l'océan dans l'obscurité redoutée. A la pensée de l'allée de graviers qui m'a conduit auprès de leurs sépultures, mes dents grincent de cette perte qui jamais ne s'oublie. Que penseriez-vous si encore là de ce monde-ci ? Ce monde où les devins sont rois et les hommes de raison honnis. Je devine dans les roseaux le souffle du vent, il est temps. Il est temps d'aller caresser la nuque de mon aimée, de déposer léger un baiser sur ses paupières, sur ses lèvres plus douces que le satin des fruits d'été. Il est temps. La nuit tombe. Assis, main dans la main, nous laissons les notes nous envahir. Par la fenêtre, je vois déjà des étoiles si lointaines et si familières, la musique se déploie dans sa beauté nue. Loin, très loin, j'imagine une femme aux cheveux d'argent, debout à la fenêtre, elle regarde la nuit qui tombe puis elle va s'asseoir et, lentement, effleure de ses doigts les touches noires ou blanches. Et les notes, peu à peu, emplissent l'espace. Loin, très loin, une femme aux cheveux d'argent et mon univers devient immense.

Samedi 24 octobre 2020

 

27.08.2020

Album of the Month : "Made of Rain" by The Psychedelic Furs

Le mois d'août s'étire, bientôt l'automne et ses incertitudes. 

Entre grisaille et espoir, je me laisse porter par le chant de Richard Butler.

Quarante ans déjà, peut-être avons-nous perdu nos illusions ? Mais, nous sommes toujours vivants et nos rêves continuent à soutenir nos pas.

"Made of Rain", double LP, The Psychedelic Furs, 2020.

 

 

29.06.2020

Album of the Month : "Kitchen Sink" by Nadine Shah

Un nouvel album de Nadine Shah, c'est encore l'occasion d'écouter cette voix et de musarder entre titres à la construction somme toute classique, plus "accrocheurs" et des titres obsédants tel "Prayer Mat" qui conclue avec brio ce nouvel opus.

20.06.2020

Album of the Month : "Comment Vivre ?" by Cheval Blanc

Quatrième volet de "L'Art de la démo", "Comment vivre ?" s'empare de moi dès les premières heures de ce matin d'été. 

Je retrouve Cheval Blanc encore et encore. Depuis la parution de son premier album, il vient m'obséder avec cette voix porteuse de toutes les batailles perdues, des amours enfuies, des épreuves endurées, des espoirs déçus, des éclairs de sombre lucidité, des révoltes qui grondent.

C'est une vieille histoire avec celui qui s'appelle Jérôme-David Suzat-Plessy, ou plus simplement Jérôme Suzat, ou différemment Cheval Blanc. 

Un jour - cela te semble déjà si lointain - tu as entendu une chanson et tu n'as pas pu décrocher. Tu essaies de t'en éloigner mais il revient toujours et encore. Tu as beau ranger ses albums parmi tous les autres dans les étagères, il parvient toujours à faire irruption, à être ton compagnon un soir de doute, d'envie de fuir "le bruit du monde" ou bien au matin après avoir contemplé amoureusement ta compagne endormie.

C'est de l'ordre de l'inexplicable comme une histoire d'amour, ça te prend littéralement aux tripes, parcourt ton épine dorsale, emplit ta cage thoracique d'un "je-ne-sais-quoi" qui te noue la gorge, ça t'obsède. Tu passes et repasses "Une île" co-écrite avec Victoria Davis dont il avait déjà mis en musique des textes que tu prends en "pleine gueule", qui te traversent sans te laisser aucune chance d'être indifférent. "Quand" est aussi signée par Victoria Davis ; à l'écouter, je crois comprendre pourquoi elle fut l'un des premiers textes chantés en français par Cheval Blanc. Il n'y a que lui qui pouvait l'interpréter, lui donner cette densité, ces accents. Une alchimie entre auteure et interprète.

Ecrire sur les démos de Cheval Blanc est sans aucun doute un exercice inutile, un "trop", un bavardage qui vient trahir cette oeuvre unique. Il serait vain de vouloir en faire une lecture ou une écoute analytique, il suffit de se laisser porter par "Beau demain". Juste s'abandonner à ce chant, ces mélodies, ces textes. 

13.06.2020

LP of the Month : "Chante-Nuit" by Facteurs Chevaux

Cette semaine, avec un sourire, une employée de La Poste m'a déposé à distance un paquet qui recélait un trésor à contre-courant des modes : le nouvel opus de Facteurs Chevaux, tant attendu, était enfin là.

Conquis par l'écoute de leur premier album "La maison sous les eaux", j'avais été définitivement envoûté en assistant à l'un de leurs concerts. Leur prestation sur scène n"avait fait que confirmer la complicité de ce duo et l'intensité remarquable de leur premier LP. Je crois qu'ils avaient, ce soir-là, surpris une bonne partie des spectateurs qui ne les connaissaient pas ou que très peu.

Il est parfois difficile après un premier livre ou album particulièrement enchanteur de réussir à provoquer le même effet. Facteurs Chevaux a pris son temps. Tels des artisans qui consacrent sans compter les heures à créer une pièce, un chef d'oeuvre, ce duo est un polisseur de mots, de voix, d'ambiances et de mélodies. A contre-courant des modes, ai-je écrit d'emblée. C'est aussi cela qui distingue cet album. Bien que les influences existent dans la recherche de cette pureté des harmonies et du chant (aux effets quasiment religieux), de cette écriture ciselée, Facteurs Chevaux trace une voix singulière dans le paysage musical actuel.

Classé par certains dans le folk, je ne suis pas certain qu'il convienne de les y assigner. Leur oeuvre est de l'ordre de l'intemporel. Elle aurait pu être entendue, il y a des siècles, dans une chapelle perdue dans quelque val ; elle aurait pu résonner dans des salles aux voûtes de pierre, se déployer au coeur de sombres et mystérieuse forêts. Elle peut résonner dans des espaces de béton et d'acier emplis de centaines de spectateurs, s'emparer de nous qui vivons dans un monde de bruit et de vitesse.

Par la réunion de chacune de leur sensibilité, Fabien Guidollet et Sammy Decoster créent un ailleurs qui dépasse la somme de leur individualité artistique. Une alchimie envoûtante. Un nouvel espace s'ouvre où les chansons se déploient, épurées. Dans ce que l'on pourrait interpréter comme la recherche d'une pureté, d'une sobriété, d'un absolu au service des seules harmonies vocales et des textes, une oeuvre se déploie remarquablement intense. Il n'y a pas de tricherie dans cet opus, pas d'artifice pour aguicher l'auditeur, la prise de risque y est maximale. Tels des tailleurs de pierre, des sculpteurs de marbre, nul retour en arrière possible. A la recherche de leur "palais idéal", créant une oeuvre musicale et chantée qui pourrait nous accompagner vers le "tombeau du silence et du repos sans fin", Facteurs Chevaux nous ensorcelle définitivement.

"Chante-Nuit", Edition Vinyle, 2020. Avec une peinture de Noémie Boullier pour la pochette. Disponible sur Bandcamp.

Deux titres pour partir à la découverte : "Chante-Nuit" (qui donne son titre à l'album) et "Firmament", purs moments d'harmonie vocale et textes ciselés.