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22.11.2020

Le papier argentique

Ainsi, en ce jour d'automne, alors que se referme la terre

Noire, nous serions à jamais seuls à connaître cet ignoble

Passé. Nous serions à jamais seuls à savoir ce que criait

Ton regard noir d'enfant capturé sur le papier argentique.

 

Ainsi, jusqu'à mon ultime départ, il continuerait donc à hanter

Mes nuits, ce regard. Ce regard que je n'ai su déchiffrer.

Ce regard qui, dans une lutte sourde inégale, affrontait

Celui du photographe, ce voleur de ton enfance murée

Dans le silence. Ce photographe qui dérobait la blondeur

De tes boucles d'enfant, et sur la pellicule, jouissait

De ta souffrance muette, je voudrais que jamais

Il n'eut d'existence. Ce photographe qui avait déjà scellé

Notre destin.

 

Ainsi, en ce jour d'automne, alors que tous ceux qui auraient dû

Te protéger sont désormais à l'abri de cette terre noire, tu serais

A jamais seule à vivre avec cette béance infinie, à sourire

A ceux qui t'entourent et ignorent tout de tes blessures

Parce que tu as choisi le silence.

 

Ainsi, en cette terre, je serais seul à connaître un fragment

Infime de ta vérité, à porter, selon la promesse exigée,

Le fardeau du secret.

 

Parfois, je voudrais t'en vouloir de cette confidence échappée

Des décennies après. Mais, comment le pourrais-je ? Moi

Qui n'ai pas su fermer les portes aux fantômes qui te terrorisaient

Le soir dans la chambre nuptiale. Seule me dévore encore

Une colère infinie envers lui que la terre protège. Je voudrais

Oser briser la stèle érigée en son souvenir, la réduire en infime

Poussière grise et terne, broyer ses os, misérables vestiges,

Et les voir se dissoudre dans les eaux sombres du fleuve

Qui gronde, pour que rien de lui ne demeure sur cette terre.

Je voudrais crier à tous ceux qui, dupés, l'ont aimé,

Au monde entier, quel monstre il était.

 

En ce jour d'automne, alors que se referme la terre, je pense

A toi, lointaine sihouette muette errant dans les landes sombres

De ton enfance dévastée.

En ce jour d'automne, alors que se referme la terre, je ne désire

Que le bleu du ciel, limpide, et qu'un jour, tu choisisses de parler

Pour être enfin apaisée.

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20.10.2020

Concision 106

Rêvé du son clair

En cette nuit mauvaise

De l'eau d'un torrent.

11.10.2020

Concision 105

Rideau gris de pluie

Dans le silence des tombes

Immobile seul.

28.09.2020

Concision 104

Tâches sur mes mains.

L'automne s'est installé

ou est-ce l'hiver ?

19.09.2020

la fabrique 13 : ça cause oh ça cause

oh ça cause ça cause dans les journaux ça cause ça cause oh ça cause de tous les côtés ça cause ça cause ça donne son avis oh ça cause ça cause sur les écrans un flot ininterrompu ça cause ça cause oh ça cause pour dire tout et le contraire oh ça cause ça cause les experts proclamés des qui savent tout des qui ne savent rien mais savent quand même ça cause ça cause des qui disent peut-être oui peut-être ben que non oh ça cause ça cause des sinistres et des démagos oh ça cause ça cause ça cause des sommités vite désavouées par d'autres sommités désavouées par d'autres sommités oh ça cause ça cause oh ça cause ça cause entre deux pages de pub des célébrités éphémères des qui disent qu'ils ne sont pas devins mais qui vous annoncent le pire ou le meilleur oh ça cause ça cause ça cause ça adore causer et même quand des plus humbles osent la prudence la marée les emportent à toute berzingue vers l'oubli oh faut que ça cause que ça alimente le flot que ça fasse monter la mayonnaise ça cause ça cause faut scorer à l'audimat ça cause ça cause oh ça cause des pseudo journalistes des vendeurs d'audience des présentateurs de bruit des égos démesurés ça cause ça cause oh ça cause faut être en tête de gondole alimenter le buzz ça cause ça cause partout ça cause faut faire dans le sensationnel oh ça cause ça cause oh ça cause ça cause du bruit du bruit encore et toujours du bruit toujours du bruit toujours du bruit oh ça cause ça cause ça cause oh ça cause

mais le silence est d'or mais le silence est d'or mais le         est d'or mais le           est        

14.09.2020

Comme le roseau

le soir tombe

la mer étale lèche l'or de la plage

dans la lumière rasante un paysage incongru

de quiétude de sérénité

je n'ai pas de mots pour dire l'insoutenable

donne-moi la main et serre-moi fort dans tes bras

donne-moi la main et serre-moi fort dans tes bras

parce que ce soir j'ai froid

très froid

nous allons regarder le soleil se coucher

l'horizon se couvrir de rose

et demain matin nous regarderons ce même soleil se lever

comme à chaque jour de l'humanité

et nous continuerons

à vivre

parce que nous sommes ici pour vivre

à nous aimer

parce que sans amour serions-nous des femmes et des hommes

et nous continuerons

à chanter

parce que les chansons brisent le silence

à rire

parce que sans rires que seraient nos pleurs

donne-moi la main et serre-moi fort très fort dans tes bras

et nous continuerons

à rêver

parce que sans rêves il n'y aurait pas d'espoir

à lire

parce que libres nous voulons pouvoir interpréter

à écouter de la musique

parce que depuis que nous avons des rituels elle est nécessité

à danser

parce que nous dansons depuis que nous attendons la pluie

depuis longtemps

depuis la nuit des temps

nous savons la fureur aveugle le bruit des armes et le goût des larmes

depuis longtemps

depuis la nuit des temps

comme le roseau nous continuons vivants

depuis longtemps

depuis la nuit des temps

nous continuons

debout

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27.08.2020

Concision 103

Murmure du vent

Danse de pétales roses

Un couple enlacé.

13.07.2020

Concision 102

Au bruit de son souffle

seules bougent ses côtes

Danseuse impassible.

14.06.2020

Concision 101

A l'angle des rues

L’œil bleuté des caméras

Nos vies capturées.

07.06.2020

Concision 100

Tracées au cordeau

Rues et places rénovées

Villes de pâle ennui.

14.05.2020

Concision 99

Immobile nu

Au bord du sombre abîme

Oscille plonge.

10.05.2020

love journey 7

Je regarde tes mains je sais leur histoire

que les doigts de la gauche furent brisés que ceux de la droite ont caressé d'autres corps

je sais leur chaleur sur ma peau leur douceur sur mes hanches

Les hommes ignorent souvent combien amoureuses nous pouvons nous attacher à des fragments de leur corps combien ceux-ci provoquent et entretiennent notre désir

Je t'apprends le désir amoureux d'une femme tu m'apprends la confiance

Je sais combien la révolte te ronge combien tu te détestes d'être complice par ton silence

Je veux t'offrir l'apaisement t'apprendre la sérénité

Je n'ose imaginer un jour te perdre.

27.04.2020

la fabrique 11 : le bruit du monde

J'ai écrit et mis en ligne ce texte en mai 2016. Il me semble cruellement contemporain.

Tu as beau te perdre dans l'immensité bleue contempler le brun des algues et la ligne noire des îles au large tu ne parviens plus à oublier le monde qui t'entoure tu ne parviens plus à oublier le monde qui t'entoure Tu as beau te noyer dans des vagues de sons électroniques te plonger dans d’éclectiques lectures éviter le flot des écrans cathodiques tu ne parviens plus à oublier le monde qui t'entoure tu ne parviens plus à oublier le monde qui t'entoure Chaque matin tu marches un peu plus oppressé tu as beau presser le pas tenter de détourner le regard emprunter d'autres chemins où que tes pas te portent la misère du monde te rattrape la misère du monde te rattrape Chaque jour tu te demandes ce que sont devenus vos rêves tu voudrais échapper à cette lassitude qui t'envahit te glisser dans les interstices éviter la douleur de savoir mettre ce monde entre parenthèses mettre ce monde entre parenthèses Tu as beau vouloir espérer encore un peu tu ne parviens plus à échapper au bruit du monde qui t'entoure tu ne parviens plus à échapper au bruit du monde qui t'entoure tu ne parviens plus à échapper au bruit du monde tu ne parviens plus à échapper au bruit du monde échapper au bruit du monde échapper au bruit du monde échapper au bruit du monde échapper au bruit du monde au bruit du monde au bruit du monde au bruit du monde au bruit du monde.

 

10.04.2020

Concision 98

Matin de printemps

Au chant des oiseaux, sur sa peau

la lumière joue.

05.04.2020

Concision 97

Son mat de mes pas

dans cet espace restreint

Au loin arbres en fleurs.

02.04.2020

Concision 96

Caresse ses seins

la lumière de l'aurore

Endormie, je la regarde.

23.02.2020

Concision 95

Mort lente du jour

Silhouettes noires des pins

Au banc d'Arguin je sombre.

23.12.2019

Concision 94

Lumière d'hiver

Illumine le calcaire

Là-bas la guerre encore.

12.12.2019

love journey 6

je sais les paillettes d'or dans tes yeux et le goût du tabac sur tes lèvres

je sais la douceur de ta peau la chaleur de tes mains le charme de ton sourire d'enfant et tes mots qui m'apaisent

je sais tout cela je sais tout cela

dehors un chat surveille l'aube naissante

immobile

de la fenêtre je l'observe énigmatique statue blanche tâchée de noir

portés par le vent d'ouest des nuages viennent tâcher le rose du ciel

serait-ce de la pluie qui s'annonce ?

Énigmatique ton regard que je surprends parfois

peut-être que quelque chose te résiste quelque chose qui te fait douter

quelque chose qui te restera à jamais incompréhensible

je ne peux t'aider à trouver ce qui donnerait sens

je ne le sais pas moi-même

mais je sais ma confiance en toi

mais je sais l'amour en moi

je te regarde encore endormi je devine ton corps nu sous les draps

ce corps que mes mains redécouvrent chaque jour

j'entends le son léger de la pluie sur la vitre

le chat a disparu.

01.12.2019

Concision 93

Au pied de la stèle

Aux couleurs de novembre 

Vous enfin réunis.