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05.11.2017

Cover & EP of the Month : "Comme un guerrier" & "Royaume" by La Féline

Rares sont les reprises qui offrent une interprétation, une vision d'un titre. Le risque est toujours de tomber dans la pâle reproduction, caricature de l'original, ou de proposer une version qui veut tellement se distinguer qu'elle en perd l'essence même de l'original. Les deux versions que nous propose La Féline d'un des plus célèbres titres de Manset n'appartiennent à aucune de ces catégories. L'exercice de s'attaquer aux créations de Manset est rarement réussi. Une des plus belles réussites fut sans doute celle de Brigitte Fontaine quand elle délivra une version décapante de "On ne tue pas son prochain".

Agnès Gayraud en collaboration avec Mondkopf propose deux interprétations de "Comme un guerrier" qui, chacune, apporte une dimension nouvelle à cette chanson parue sur "Comme Un Guerrier / L'Enfant Qui Vole" en 1982. Lors des premières écoutes, je fus rapidement séduit par la version II mais, au fur et à mesure, les deux m'ont paru être des alternatives aussi intéressantes l'une que l'autre. A vous de découvrir et d'apprécier.

L' EP ne se réduit pas à ces deux reprises, deux autres titres, fruits d'une collaboration avec Laetitia Sadier, font que l'ensemble est l'un de mes EP préférés de cette année 2017.

22.10.2017

EP of the Month : "Ciel bleu" by Barbarie Boxon

Quatre titres signent le retour de Barbarie Boxon.

Enfin.

Au chant, Barbara Malter-Terrada et Thierry Bodson marient toujours avec bonheur leurs voix.

Un régal. 

 

 

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21.05.2016

EP of the Month : "Other" by Sophie Oz

Je me souviens avoir signalé il y a un an le titre "Other" qui ouvre ce second EP de Sophie Oz paru cette semaine. Il y avait ce chant, cette mélodie accrocheuse où le piano était très présent. Cela donnait l'eau à la bouche, cette chanson avait tout pour connaître une large diffusion.

Souvent, un single emballant n'est pas toujours suivi d'un album ou d'un EP aussi réussi. Ce n'est pas le cas avec celui de Sophie Oz. Ici, la couleur, les ambiances, l'univers sont présents tout au long des six titres. Je dirai même que les autres chansons telles "Valley" ou "Girl" permettent de découvrir la palette du talent de Sophie Oz. Arrangements d'une efficacité redoutable avec une présence de guitare électrique et de batterie qui apportent un côté plus "rock". Mais ceux qui suivent "Landscapes" ou "Silence Is Over" éveillent autant l'intérêt. J'avoue ne pas m'être trop concentré sur les paroles - vous savez que ma maîtrise de l'anglais est bien imparfaite - je me suis laissé porter par les compositions et la voix de Sophie Oz. Un peu comme si je partais vers un autre monde, d'autres paysages. On devine pourtant que ce dont elle dont nous parle est parfois sombre. Mais "Birds" clôt cet EP avec douceur, j'ai cru entrevoir un horizon lumineux quand le chant s'est posé sur ces quelques notes de piano.

Un bien beau moment en ce mois de mai. Partagez, faites découvrir.

A signaler, le superbe clip réalisé pour "Other" par Jeff Le Bars vient récemment d'être primé.

 

29.04.2016

EP of the Month : "Catapulte" by 3 minutes sur mer

Bon je sais, j'ai un temps de retard mais quand même, je ne peux que signaler et recommander le dernier EP de 3 minutes sur mer. Je suis généralement plus porté vers des voix féminines mais là tout concourt à faire de cet opus un excellent cru : timbres de voix, mélodies, arrangements, musicalité des textes. Des titres superbes comme "Pour partir" ou "Catapulte".

13.04.2016

EP of the Month : "Visitors Are Allowed One Kiss" by Clara Engel

Clara Engel a été la première artiste que j'ai contactée et qui a accepté un entretien publié dans MB&P suite à un billet que je lui avais consacré.  Elle y déclarait qu'elle préférait servir ses travaux plutôt que de servir les goûts pop-artistiques du jour. Ne pas accepter des concessions qui transformeraient son intention artistique, qui videraient de leur sens ses créations. Ce choix n'est sans doute pas toujours facile à assumer. Mais Clara Engel continue de tracer sa voie. Peu à peu, au fur et à mesure d'un nombre déjà conséquent d'EP et d'albums parus en plus de 10 ans, son œuvre prend toute sa dimension.

Une cohérence et une profondeur. Un souffle, une intensité. Une vision personnelle. Des formes et une parole singulières.

Peut-être que les formes retenues par Clara Engel peuvent nous déstabiliser. Il n'y a pas de jeu de séduction en employant les moyens à la mode. Pas d'ornements inutiles, certains diraient minimalisme ou formes épurées. Le propos n'est pas de séduire, d'attirer le client mais de provoquer en nous des résonances profondes.

Il y a dans chaque chanson, dans ces formes musicales choisies, ce chant qui se fait presque psalmodie, ce travail de la durée, cette écriture, une voix qui nous dit quelque chose du monde, de nous dans le monde.  

Composé de cinq titres, "Visitors Are Allowed One Kiss" est un album qu'il faut prendre le temps de réécouter pour en découvrir toute la richesse, notamment celle des arrangements musicaux ("Swallow Me" par exemple) qui pourrait être dissimulée par la présence et l'intensité du chant lors d'une première écoute. C'est, selon moi, l'un des albums les plus aboutis de Clara Engel sur le plan des arrangements avec la participation de nombreux musiciens.

J'aurais du mal à choisir un titre plus qu'un autre dans cet opus. A vous d'écouter, d'oser et d'accepter le déséquilibre.

Publié dans EP of the Month, Music | Tags : music, chanson, clara engel |  Facebook |

23.12.2015

My French EP of the Year : « Oiseau » by Gisèle Pape

Un gestechanson,musique,gisèle pape
Comme un mouvement de danse
épuré
Une trace dans l'espace
singulière
unique
un arc tendu
Comme un trait
de lumière bleutée
à l'aube naissante
Une texture
Une intention
Voici « Oiseau »
premier EP
de Gisèle Pape.

 

Je ne sais rien de celle-ci. Cela n'a guère d'importance. Ce qui vaut, c'est cette démarche, cette intention. Ces contes et ritournelles qui vous emmènent au pays des songes. Ces ambiances, cette matière sonore ciselée où chaque note, chaque syllabe, chaque parole est là, posée à sa juste place. Un tissage. Les chansons, « ça se tricote ». Les chansons de Gisèle Pape ne s'offrent pas d'emblée. Nulle volonté ostentatoire, nul recours aux moyens d'une séduction facile. Les six chansons s'apprivoisent lentement, se dégustent tranquillement pour mieux vous emporter, générant images et sensations. Une oscillation permanente : fragilité et intensité, minimalisme, dépouillement apparent et travail précis - quasiment chirurgical - des multiples éléments sonores de chaque titre. Maille après maille, une impression de forte cohérence dans le propos.
Je ne sais si c'est rendre hommage à ce premier opus que de catégoriser son auteure entre Laurie Anderson et Françoiz Breut. Je ne suis pas tellement adepte des comparaisons. Je crois que cela risquerait d'assigner le tricotage de Gisèle Pape à un déjà-là alors qu'elle me semble tracer une sente sonore singulière et rare dans le paysage français. Il me semble qu'elle est à l'orée du bois, qu'elle empruntera de multiples cheminements pour mieux nous surprendre à chaque fois. Ce qui me semble aussi se dégager de son premier disque, c'est cette volonté dans l'intention, cette recherche de l'unisson entre chansons et objet disque - une superbe édition limitée. Une exigence commune pour chaque composante. Rigueur et concentration dans le travail. Gisèle Pape écrit qu'elle est à la recherche de ce qu'elle croit être bien. C'est cette recherche qui transparaît aussi dans cet album. C'est ce qui lui donne cette sincérité. C'est ce que j'apprécie.
On avait déjà eu le plaisir de découvrir « Dolls » et « Encore », « Oiseau » permettra d'écouter quatre autres titres où Gisèle Pape démontre non seulement des qualités indéniables de composition mais aussi d'écriture. Chaque nouvelle écoute de « Moissonner », de « Sirène » ou de « Nuit » emportera l'auditeur vers de de nouvelles contrées, de nouveaux détails, de nouvelles images mentales. L'album s'achève par « Solitary Star» et ses deux strophes magnifiques empruntées à Lord Byron.
Un de mes EP incontournables de cette année.

En vente sur bandcamp.