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25.03.2015

Concision 23

J'écoute le vent

qui s'empare de la nuit

à côté paisible tu dors.

21.03.2015

le temps d’aimer

au coin d’une rue j’ai croisé

un homme qui marchait

qui marchait à grands pas pressés

il tenait trois roses rouges à la main

trois roses rouges sang

de temps en temps

d’un geste élégant

il relevait une mèche rebelle

j’ai suivi l’homme qui marchait

à grands pas pressés

je l’ai suivi

au coin d’une rue

sur le trottoir d’en face

une femme l’attendait

elle était belle et souriait

au coin d’une rue

j’ai laissé l’homme marcher

à grands pas pressés vers son destin

trois roses rouges sang à la main

 

quand il a traversé

une voiture l’a renversé.

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14.03.2015

Concision 22

Ciel ridé de gris

L'âge sur mes mains inscrit

L'automne s'installe.

12.03.2015

Variation 6

Sur le banc Elle

les yeux ouverts

blottie contre Lui

ferme les siens

pour se souvenir d’Elle

le grain de sa peau son odeur

son visage son sourire

dans la mémoire que retenir

les mains d'Elle de Lui

qui ne veulent se désunir.

27.02.2015

Concision 18

Métro Croix Paquet

Que dissimulent vos ongles

de rouge laqués ?

25.02.2015

Variation 5

Elle le visage tourné

vers la vitre du train

où meurent des gouttes de pluie

Lui regarde Elle

les yeux fermés

Lui voit sur sa joue

une larme couler

Elle tourne la tête

continue de pleurer

lentement doucement

Lui ne peut se détourner

continue de la regarder

Il voudrait tant

la voir sourire

Il la regarde et sourit

son visage s'évanouit.

23.02.2015

Concision 17

Sur le même banc

Chaque jour le même homme

Attend la fin du jour.

19.02.2015

Concision 16

Parmi les décombres

Que sont nos rêves devenus ? 

Ici toujours le ressac.

17.02.2015

Alvéoles

Patiemment

Silencieusement

Insidieusement

Inexorablement

Tapies dans mes tissus pulmonaires

De minuscules bulles d'air

Attendent d’exploser.

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14.02.2015

Variation 4

Elle derrière blottie

tout contre Lui

assis en tailleur

Elle la bouche posée sur

l'épaule nue de

Lui sent la chaleur

de ses seins de ses lèvres

Elle de ses jambes de ses bras

enserre Lui

pose les mains sur

les genoux d'Elle

embrasse sa nuque son cou

Lui effleure la peau si douce

des cuisses d'Elle

le visage enfoui

dans les cheveux de

Lui qui voudrait demeurer

prisonnier d’Elle

à jamais.

07.02.2015

La fabrique de textes 5 : je m'agrippe

Je m'agrippe je m'accroche

Je m'agrippe à la paroi

Je m'accroche je m'agrippe

Je m'accroche à la roche

Je m'agrippe je m'accroche

Je m'agrippe à toi

Je m'accroche je m'agrippe

Je m'accroche à la vie

Je m'agrippe je m’accroche

Je m'agrippe je m’accroche

J'ai peur j'ai peur du vide

J'ai peur j'ai peur de l'abîme

J'hésite j'hésite à poursuivre

J'ai le vertige de vivre

le vertige de vivre

J'ai peur j'ai peur de ton absence

J'ai peur j'ai peur de ton silence

Je m'agrippe je m’accroche

Je m'agrippe je m’accroche

Je m'agrippe je m'accroche

Je m'agrippe je m'accroche

31.01.2015

La fabrique de textes 4 : ses lèvres

Je pose un doigt sur ses lèvres Je caresse ses lèvres J'aime caresser ses lèvres Lentement Doucement J'effleure sa bouche de mes lèvres Mes lèvres sur ses lèvres Je sens son souffle son haleine J'aime sentir son souffle tout contre mes lèvres Mes lèvres frôlent ses lèvres Mes lèvres jouent avec ses lèvres Ma langue lèche ses lèvres Lentement Doucement J'aime ses lèvres lorsqu'elles sont légèrement mouillées Des gouttes de pluie sur ses lèvres Le goût salé de l'océan sur ses lèvres J'aime quand elle passe sa langue sur ses lèvres J'aime quand elle mordille ses lèvres J'embrasse ses lèvres Lentement Doucement J'aime embrasser ses lèvres Je l'embrasse à pleine bouche Bouche contre bouche Lèvres contre lèvres Salives mêlées Sa langue s'insinue dans ma bouche Langues emmêlées Nos lèvres s'unissent se confondent ne font qu'une Ses lèvres sur mes lèvres Je presse mes lèvres sur ses lèvres Ses lèvres vermeilles Ses lèvres brûlantes Ses lèvres gonflées J'aime le contact de ses lèvres sur ma nuque Ses lèvres sur mon torse Ses lèvres sur mon ventre Lentement Doucement Un sourire sur ses lèvres Lentement Doucement Je pose un doigt sur ses lèvres.

24.01.2015

La fabrique de textes 3 : écrire, ça sert ?

A quoi ça sert d'écrire ? Ça sert à quoi ça ? A qui ça sert d'écrire ? Ça sert à qui ça ? Ça sert à quoi une question comme ça ? Ça sert à qui une question comme ça ? Comme quoi ? Comme ça. Ça sert à rien une question comme ça ! Écrire ça sert à ceux qui écrivent à ceux qui lisent ceux qui écrivent à ceux qui écrivent sur ceux qui écrivent à ceux qui lisent ceux qui écrivent sur ceux qui écrivent.

Écrire écrire écrire. Je les cherche les mots je les malaxe je les mélange je les remplace je les assemble je les triture je les combine je les écorche les mots je les apprivoise je les délimite je les encadre d'espaces. Des espaces entre les mots. De blanches césures. Comme un abîme. Un abîme de mots.

Écrire ça sert à plonger dans un abîme. Écrire ça sert à ceux qui plongent dans l'abîme des mots. L'abîme me donne le vertige. Les mots me donnent le vertige. Le vertige au bord de l'abîme. Le vertige à la lecture d'un texte. D'écrire le vertige me prend. Écrire c'est comme éprouver la sensation du vertige. Écrire comme dans un déséquilibre. Écrire au bord du vide.

Il y a ceux qui écrivent pour eux, seuls dans l’abîme. Pour un autre eux-mêmes.

Il y a ceux qui écrivent pour eux et qui rêvent que les autres les lisent. Il y a ceux qui écrivent pour être lus par d'autres et qui ne sont jamais lus. Il y a ceux qui écrivent pour être lus par d'autres et qui sont beaucoup trop lus.

Il y a ceux qui vivent pour écrire et ceux qui vivent d'écrire. Il y a ceux qui rêvent d'écrire mais qui ne le font jamais. Il y a ceux qui n'ont pas de rêves et ceux qui ne s'en souviennent pas.

Il y a ceux qui écrivent industriellement ceux qui écrivent parcimonieusement ceux qui écrivent comme des forçats ceux qui écrivent dans leur lit ceux qui écrivent tôt le matin à un bureau ceux qui écrivent à la main ceux qui écrivent sur un clavier d'ordinateur ceux qui écrivent sur une grande page blanche ceux qui écrivent dans un carnet – un moleskine c'est plus élégant – ceux qui écrivent lentement ceux qui tracent les mots avec application ceux qui n'arrivent pas à se relire ceux qui écrivent peu ceux qui écrivent trop beaucoup trop ceux qui raturent qui corrigent sans cesse ceux qui écrivent d'un seul jet comme ça d'un seul coup – la MAGIE de l'écriture - ceux qui écrivent compulsivement ceux qui écrivent dans la douleur ceux qui écrivent pour ne rien dire mais qui écrivent quand même.

Il y a ceux qui n'écrivent jamais. Ils n'ont pas appris à écrire ils n'ont pas besoin d'écrire ils ne veulent pas écrire ils n'ont pas ce désir d'écrire – désir, je te désire, nous nous désirons, ils se désirent, l'absence de désir - ils n'ont rien à écrire ils ont trop à dire ils ont peur d'écrire ils n'osent pas écrire ils essaient d'écrire mais ne vont jamais au bout – au bout de l'écriture est un point ultime, au bout de l'écriture est la mort. On leur a dit qu'ils n'étaient pas faits pour écrire, on leur a fait croire qu'écrire c'était pour les AUTRES – le DON d'écrire, le GÉNIE littéraire.

Il y a ceux qui écrivent pour exister ceux qui existent en écrivant et il y a ceux qui existent tout court. Il y a ceux qui écrivent pour donner des leçons AAAAH les DONNEURS de LEÇONS les FAUDRAIT QU'ON et ron et ron petit patapon !

Il y a ceux qui écrivent des chansons chansons tristes chansons d'amour, chansons réalistes chansons populaires chansons sur un air d'accordéon sur un air de bandonéon chansons sans prétention chansons délicates chansons fragiles chansons romantiques chansons nostalgiques chansons comiques chansons érotiques chansons révolutionnaires chansons éphémères.

Il y a ceux qui sont des poÊtes ceux qui sont des pouets ceux qui poétisent ceux qui sottisent ceux qui écrivent des textes légers légers comme des bulles de savon qui volent au gré du vent ceux qui écrivent des textes qui font rêver des textes qui font voyager des textes qui font pleurer des textes à mourir de rire des textes à mourir d'ennui.

Il y a ceux qui écrivent des listes des listes de course des listes de choses à faire des listes d'invités des listes de blessés des listes de morts des listes pour ne pas oublier des pense-bêtes et des pense-ânes aussi parce qu'il y en a énormément des ânes mais des abbesses beaucoup moins.

Il y a ceux qui écrivent des lettres des lettres d 'amour des lettres d'adieux des lettres pour ne rien dire des lettres qui sont des appels au secours des lettres qui s'égarent des lettres que personne ne lit des lettres conservées précieusement en paquets attachés avec du satin rose des lettres dissimulées des lettres de rupture des lettres tâchées de larmes des lettres parfumées des lettres de refus des lettres anonymes des lettres d'excuse des lettres de remerciement des lettres de licenciement des lettres qui désespèrent.

Il y a ceux qui écrivent pour manger ceux qui dévorent ce que d'autres ont écrits pour manger et ceux qui dans l'indifférence meurent de faim.

Et vous dans tout ça ? Moi je sais pas j'écris j'écris. AU FOU ! AU FOU ! AU FOU ! je plie je tords je lamine j'usine j'assemble je façonne je forge ET LE BEAU ? LE BEAU ! LE BEAU ! je mécanique sans intention esthétique je rabote je polis je coupe j'agence je colle des mots les uns à côté des autres je cimente j'attache des lettres je comble des vides je bricole j'artisane je fabrique en équilibre en équilibre au bord d'un abîme. L'abîme des mots. L'abîme de la vie.

18.01.2015

Partout les bêtes fourmillent

A ton regard qui se perd

l'incertain

ce bras cette main cette peau

si claire

cette chair palpée molle sous

les doigts

à qui est ce corps épars

tu ne sais

Ton ventre – est-ce ton ventre ?

te brûle de mille maux

te tiraille de mille désirs

à tes lèvres se bousculent les mots

irruption incandescente

Partout les bêtes fourmillent dans la terre

que tu fouilles

à tes mains sous tes ongles

la matière agglutinée

brune répulsion

où tes pensées s'égarent

et ces voix qui résonnent

dans l'immensité de ta solitude

qui sont-elles ?

résurgences d'un passé oublié

ombres menaçantes sirènes mortifères ?

Dévastée

dans ce monde terrifiant

ton regard se perd

tu t'échappes

murée en de lointaines contrées

où nul ne peut t'effrayer

les lèvres closes

les yeux fermés

comme gisant de pierre blanche

Dans mes dérives nocturnes

à tes foulées les blés se courbent

et ton sourire embrase le ciel

tu ris tu cours

ton prénom est celui d'une déesse

mais déjà

ton regard se perd

mais déjà

ton regard se perd.

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13.01.2015

La fabrique de textes 2 : bouillie

J'ai les idées en bouillie comme de la purée de la purée de pommes de terre des pommes de terre cuites à l'eau des pommes de terre écrasées passées moulinées avec un vieux moulin en fer comme celui de ma grand-mère des pommes de terre mélangées avec du lait et une noix de beurre salé c'est bon la purée de pomme de terre quand elle est faite maison avec une noix de beurre salé c'est bon la purée de pomme de terre mélangée avec du gruyère ça s'étale dans l'assiette avec le dos de la cuillère ça remplit la bouche ça s'infiltre dans tous les interstices ça se répand partout ça dégouline la purée de pommes de terre ça sort de la bouche comme de la mousse ça gicle entre les dents c'est plus ou moins pâteux c'est plus ou moins liquide c'est plus ou moins compact la purée de pommes de terre avec une noix de beurre salé et du gruyère et une pincée de muscade en poudre et quelques grains de poivre plus c'est compact moins ça dégouline la purée de pommes de terre plus c'est inconsistant plus ça s'étale la purée de pommes de terre plus il y en a dans l'estomac moins il y en a dans l'assiette de la purée de pommes de terre purée de moine j'ai les idées en bouillie c'est bon la purée de moine avec du lait une noix de beurre salé quelques grains de poivre une pincée de poudre de muscade et du gruyère râpé c'est bon la purée je vous le dis j'ai les idées en bouillie.