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MB&P : Music Books And Poems - Page 157

  • My Story with a Song : "Les mots bleus", Christophe.

    1974, j'écoute Brassens, Brel, Ferré et puis les Pink Floyd, Genesis, Dylan, les Stones, Neil Young, Bowie, Led Zeppelin, Lennon et tant d'autres encore.

    1974, c'est l'année où j'entends cette chanson « Les mots bleus » de Christophe, sans doute à la radio.

    1974, c'est l'année où je suis amoureux d'une jeune fille qui n'aura jamais un regard pour moi.

    L'année suivante, je participerai à ma première grève de cours.

    Mais de cette année 1974, ma mémoire a surtout conservé cette chanson.

     

    Longtemps, je l'ai caché. Dans mon cercle d'amis voire d'intimes puis dans les différents milieux que j'ai traversés.

    Christophe n'était pas le genre d'artiste cité. En parler, c'était prendre le risque d'entendre des qualitatifs du genre « chanteur à midinettes », « populaire », « artiste mineur », « variété sans intérêt », « commercial »... Dans le meilleur des cas, une indifférence légèrement hautaine.

    Certains diraient que ce sont à ces occasions que se manifestent l'appartenance sociale, les rapports de domination. Probablement.

    En tout cas, cette chanson, si elle était entrée en résonance avec mon cœur d'artichaut et mes préoccupations adolescentes, je sentais confusément que je ne devais pas trop en faire part, même des années plus tard.

    Se taire plutôt que de risquer la honte.

    Se taire plutôt que de se distinguer.

    Longtemps, j'ai gardé tout cela dans une pièce secrète de ma vie.

    Et puis, Christophe devint apprécié voire branché, y compris parmi ceux que l'on dénomme des « intellectuels » - où sont-ils, où sont-ils ?

    Les duos et les reprises s'enchaînèrent.

    Évidemment, elles n'avaient que rarement la saveur de l'originale - ma mémoire musicale est conservatrice.

    Et j'ai continué à me taire, à l'écouter dans mon coin tranquillement, à la déguster comme une vieille eau de vie.

    Que Christophe soit désormais quasiment porté aux nues me fait sourire.

    Mais je ne sais pas si c'est un sourire de joie ou de tristesse.

    Au fait, on n'entend plus guère les chansons de Brassens, de Brel, de Ferré ou de Caussimon.

    C'est vrai, tout cela s'oublie, tout cela n'est plus vraiment à la mode, les chansons se périment. Difficile pourtant d'oublier « Supplique pour être enterré sur la plage de Sète » et tant d'autres.

    Bientôt, « Les mots bleus » les rejoindra aussi mais je l'écouterai, sans me cacher, chantée par  son créateur ou Bashung.

     

     

  • EP Grand Blanc by Grand Blanc : un premier EP à écouter absolument

    Je n'avais pas pris le temps d'écouter l'EP de Grand Blanc, paru en septembre 2014 à l'exception d'un titre "Samedi la nuit". Allez savoir pourquoi ! Et puis, ce soir je démarre par "Degré zéro" et là une évidence, comment ai-je pu passer à côté. Malgré les références à la cold-wave, à Bashung citées dans les rares articles consultés, je trouve que ce groupe comme Feu! Chatterton est diablement de son temps ! Quatre titres du groupe suffisent à donner envie d'attendre avec impatience que le groupe réalise un album en 2015.

    L'EP est disponible sur la page bandcamp du groupe.

  • Partout les bêtes fourmillent

    A ton regard qui se perd

    l'incertain

    ce bras cette main cette peau

    si claire

    cette chair palpée molle sous

    les doigts

    à qui est ce corps épars

    tu ne sais

    Ton ventre – est-ce ton ventre ?

    te brûle de mille maux

    te tiraille de mille désirs

    à tes lèvres se bousculent les mots

    irruption incandescente

    Partout les bêtes fourmillent dans la terre

    que tu fouilles

    à tes mains sous tes ongles

    la matière agglutinée

    brune répulsion

    où tes pensées s'égarent

    et ces voix qui résonnent

    dans l'immensité de ta solitude

    qui sont-elles ?

    résurgences d'un passé oublié

    ombres menaçantes sirènes mortifères ?

    Dévastée

    dans ce monde terrifiant

    ton regard se perd

    tu t'échappes

    murée en de lointaines contrées

    où nul ne peut t'effrayer

    les lèvres closes

    les yeux fermés

    comme gisant de pierre blanche

    Dans mes dérives nocturnes

    à tes foulées les blés se courbent

    et ton sourire embrase le ciel

    tu ris tu cours

    ton prénom est celui d'une déesse

    mais déjà

    ton regard se perd

    mais déjà

    ton regard se perd.