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06.10.2019

Books, "A lire ou à relire" :"Trouée dans les nuages" de Chi Li

Un huis clos terrible entre une jeune femme et son mari écrit par Chi Li, romancière chinoise.

Traduit du chinois par Isabelle Rabut et Shao Baoqing chez Actes Sud.

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18.05.2019

Books, : A "lire ou à relire" : "Sortie parc, gare d'Ueno" de Yu Miri

Un roman de Yu Miri, magnifique, tout en légèreté, en petites touches sur le Japon contemporain. Traduit du japonais par Sophie Refle. On ne souligne jamais assez l'importance de la traduction.

Paru chez Actes Sud en 2015.

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09.04.2016

Books : "Ma vie palpitante" by Kim Ae-ran

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Un roman sensible et écrit avec délicatesse de l'auteure coréenne Kim Ae-ran. Traduit par Lim Yeong-hee et Françoise Nagel, Editions Philippe Picquier.

Où il est question de l'amour de deux parents pour leurs fils Areum atteint de progéria, maladie génétique extrêmement rare qui provoque un vieillissement accéléré.

PROLOGUE

Mes parents avaient seize ans quand ils m'ont eu.
J'ai eu seize ans cette année.
Je ne sais pas si je vivrai jusqu'à mes dix-huit ans.
Ce n'est pas à moi de décider.
Je ne suis sûr que d'une chose : il me reste peu de temps.

Pendant que les autres enfants grandissent,
Moi, je vieillis.
Pour moi, chaque heure compte comme un jour.
Chaque mois, comme une année.
Aujourd'hui, je suis plus vieux que mon père.

Mon père voit en moi l'homme qu'il sera à quatre-vingts ans.
Je vois en lui l'homme que je ne serai jamais à son âge.
Le futur qui ne sera pas et le passé qui n'a pas été,
Face à face, s'interrogent l'un l'autre :
Seize ans est-il un bon âge pour avoir un enfant ?
Trente-deux est-il un bon âge pour le perdre ?

Mon père me demande ce que j'aimerais être
Si j'avais une seconde chance de naître.
Je voudrais être toi, père !

Pourquoi moi ? il y a mieux, tu ne crois pas ?
J'aimerais renaître à ta place et avoir un enfant comme moi
Pour pouvoir comprendre ce que tu ressens.
J'ai un peu honte de ma réponse.
Mon père pleure.

Ceci est l'histoire de très jeunes parents et de leur très vieil enfant.

21.02.2016

Books : "Si le rôle de la mer est de faire des vagues..." by Kim Yeon-su

littérature,roman

Où il est question de six cartons de vingt-cinq kilos contenant toute l'enfance de Camilla,

d'une photographie et de la quête d'une mère naturelle,

du retour à Jinnam, ville côtière de Corée du Sud,

d'une silhouette juchée au sommet d'une grue,

de silences et de secrets,

d'Emily Dickinson

et d'amour.

Poésie et sensibilité dans une traduction qu'on devine réussie.

Si le rôle de la mer est de faire des vagues... Kim Yeon-su. Traduit du coréen par  Lim Yeong-hee et Mélanie Basnel. Éditions Philippe Picquier.

28.01.2016

Books : Deux polars, deux héros récurrents Charlie Resnick et Erik Winter

Je n'avais pas signalé de romans depuis bien longtemps. Non pas que je ne lise plus. Non. Juste une question de temps. Deux polars donc, avec deux héros récurrents. L'un vit à Nottingham, l'autre en Suède. Resnick et Winter, deux policiers amateurs de jazz. Deux séries où les questions de société ne sont jamais absentes.

Avec une mention particulière pour "Ténèbres, Ténèbres" de John Harvey qui clôt les aventures de son inspecteur Charlie Resnick, personnage attachant, épris de justice, souvent désabusé.

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07.11.2015

Books : "Le printemps d'Oan" Eric Wantiez et Marie Deschamps

La dernière page refermée, tu demeures là, comme suspendu dans le temps.

Le livre entre les mains, tu voudrais que le voyage dure encore et encore.

Juste se laisser porter par les émotions, laisser courir son imagination, poursuivre l'histoire.

Tu as dû mal à mettre des mots sur ce que tu ressens.

Comment transcrire cet univers ?

Comment dire la sensibilité, la légèreté, l'intensité, la poésie et le tragique d'un roman ?

Il y aurait pourtant tant à dire de la ligne de Marie Deschamps, somptueuse, épurée, sensible. De son art du noir et blanc. De ses touches de couleur, ça et là.                     

Il y aurait tant à dire de cette construction, de ce graphisme, de la beauté de ces pages.

Il y aurait tant à dire de cette nouvelle collaboration avec Eric Wantiez, de cette capacité à traiter des sujets les plus graves avec délicatesse.

Des touches légères, quelques mots, un récit épuré.

Lumineux.

Vous pouvez offrir ce magnifique roman graphique en le commandant sur la boutique des éditions comme une orange.

N'hésitez pas.

 

 

27.10.2015

Books : [Kokoro] Delphine Roux

littérature,roman,

La dernière page de ce roman achevée, je suis resté longtemps comme suspendu dans un ailleurs. Une sensation douce de plaisir, un instant hors du temps.Et puis vient l'envie de relire, de goûter de nouveau des phrases magnifiques, de déguster ce texte épuré, concis et pourtant d'une grande capacité d'évocation, sensible, subtil, d'une grande légèreté.

[Kokoro], court roman de Delphine Roux est de ces livres précieux qui vous font entendre une voix, un souffle. Si le thème n'a rien de nouveau dans la littérature nippone et même si on devine peu à peu l'épilogue, la progression du livre, son écriture, la manière dont on découvre les personnages,et ce qu'ils ressentent, la présence de la nature en font un très beau roman. La construction de ce roman est habile et le rend captivant : chaque court texte a pour titre un mot écrit en japonais et en français. Je ne dévoilerai rien de cette histoire dont Koichi (le narrateur) et sa soeur Seki sont les personnages principaux. Je ne dévoilerai pas la raison du titre. Juste une phrase située dans la première partie du livre - j'aurais pu en citer des dizaines - pour vous donner envie : "Aujourd'hui, je regarde le monde en proximité. Je regarde les autres faire ce que je ne fais pas, ce que je ne fais plus. Voilà."

[Kokoro] de Delphine Roux - Editions Philippe Picquier - collection Japon - 2015.

14.04.2015

Books : à lire ou à relire n°9, "Le chat qui venait du ciel" de HIRAIDE Takashi

litérature, roman, livre, books

Comme un instant d'apaisement dans le tourbillon de nos vies quotidiennes, ce court et premier roman de HIRAIDE Takashi doit beaucoup à son écriture délicate, aux descriptions de ce jardin d'une ancienne demeure japonaise où un chat va faire irruption dans la vie d'un couple. 

L'auteur, considéré comme l'un des plus grands poètes contemporains de son pays, réussit à faire de cette histoire qui pourrait être somme toute banale un moment gracieux, un récit où la légèreté apparente ne peut masquer sa profondeur. 

Publié en français en 2004, le livre est disponible en poche chez Picquier.

Le chat qui venait du ciel, HIRAIDE Takashi, traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu, collection Picquier poche, 2006.

 

 

18.03.2015

"Le printemps d'Oan", un roman graphique à soutenir en pré-commandant

J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer les romans graphiques créés par Marie Deschamps et Eric Wantiez. Un nouveau roman graphique de ces deux auteurs va paraître aux éditions "comme une orange" en mai 2015. Pour soutenir la parution de cet ouvrage, il vous est possible de le pré-commander, ce qui permettra d'aider à financer la fabrication. Les souscripteurs recevront en plus du livre un ex-libris exclusif.

Je ne connais aucun de ces auteurs ni leur éditeur associatif. Je n'ai pas l'habitude de signaler des livres ou disques en contrepartie d'un envoi gratuit ou autre avantage.

Quand on a apprécié les précédentes créations d'auteurs,

quand on connaît un peu les difficultés que la majorité d'entre eux a pour vivre de ses créations,

quand on a envie que des ouvrages de qualité puissent continuer à exister,

alors un acte modeste est facile à effectuer.

Je n'ai pas hésité.

L'ouvrage est en pré-commande sur le site de l'éditeur au prix de 12€ (livraison comprise).

 

11.03.2015

Books : à lire ou à relire n°8, "Les années douces" de KAWAKAMI Hiromi

litérature,roman,livre,books,kawakami hiromi,les années douces"Les années douces" de KAWAKAMI Hiromi, traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu, collection Picquier poche, poche n° 244, 2005.

Où il est question de la rencontre de Tsukiko et de son ancien professeur de japonais, "le maître".

Où il est question de petits riens, de saké et de plats divers qui accompagnent sa consommation.

Où il est question de base-ball, de champignons, de solitude, de rendez-vous et d'amour.

Un roman construit comme une succession de courts récits.

Un roman d'une grande légèreté, d'une grande délicatesse, écrit dans un style qui pourrait paraître simple mais qui peu à peu vous envoûte et vous entraîne à suivre la narratrice jusqu'à la fin de ces années douces

Des dernières pages magnifiques.

24.02.2015

Books : « Azami » by Aki Shimazaki

 

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Ceux qui suivent mon blog depuis le début savent combien j'apprécie l’œuvre d'Aki Shimazaki, auteure née au Japon qui a déjà publié deux pentalogies remarquables « Le cycle des secrets » et « Au cœur du Yamato » chez Actes Sud.

Chacun de ses romans écrit en français est l'occasion de plonger dans des histoires qui racontent la vie d'individus avec pour toile de fond la société japonaise. Des histoires, des destins qui se croisent. Ici, il n'y a pas de place pour la profusion dans les descriptions ou les dialogues. Non, juste une écriture précise, épurée ; un style direct, minimaliste pour explorer les apparences ; des histoires narrées dans une forme qui donne l'illusion de la simplicité mais qui exige une écriture proche de celle du haïku, légèreté et concision pour atteindre une profondeur universelle, légèreté et concision qui, la dernière page lue, laisse le lecteur transporté.

Avec « Azami », titre qui prendra tout son sens à lecture de ce court roman et ses deux personnages principaux, Mitsuo et Mitsuko, Aki Shimazaki ouvre magistralement son troisième cycle romanesque.

 « Azami » de Aki Shimazaki, Actes Sud, janvier 2015.

Publié dans Lectures | Tags : littérature, roman, aki shimazaki, books |  Facebook | |

19.02.2015

Books : A lire ou à relire n°7

litérature,roman,livre,books,sara stridsberg,la faculté des rêves« La faculté des rêves » de Sara Stridsberg, traduit du suédois par Jean-Baptiste Coursaud. Stock 2009.

Il est des livres qui vous heurtent, ne vous ménagent pas, qui fouillent le sombre et même si vous avez envie de ne plus les lire, ils reviennent à l'assaut, implacables. La lecture enfin achevée, ils demeurent encore là, vous vous doutez qu'ils resteront sans doute à jamais gravés dans un pan caché de votre mémoire.
"Mars" de Fritz Zorn fut l'un des ces livres qui ne me laissa aucun répit. "La faculté des rêves" de la romancière suédoise Sara Stridsberg appartient aussi à cette catégorie : une construction tel un corps démembré, fragments tantôt poétiques, fantasques ou triviaux, texte hétérogène mais extrêmement maîtrisé, texte inventé et non biographique.
Le personnage central en est Valerie Solanas, féministe améri­caine, auteur d'un texte (SCUM Manifesto) appelant à créer une société sans hommes.Connue pour avoir tenté, en 1968, d'assassiner Andy Warhol, elle mourra seule d'une pneumonie dans une chambre d'hôtel vingt ans plus tard.
Texte noir, parfois lumineux, parfois insoutenable qui vous emmène aux côtés d'une femme pleine d'énergie, irrémédiablement blessée, intellectuelle, prostituée, à la limite de la folie, féministe, auto-destructrice et au destin tragique. Une fiction poignante.
Pour terminer, un entretien de Sara Stridsberg avec Sylvain
Bourmeau de Mediapart à l'occasion de la parution de son livre :


Sara Stridsberg, La Faculté des rêves (Mediapart) par Mediapart

20.10.2014

Polar : "Les Visages de Victoria Bergman" par Erik Axl SUND

9782330031930.jpg"Les Visages de Victoria Bergman" est une trilogie écrite par un duo suédois, Jerker Eriksson et Håkan Axlander Sundquist, sous le nom d'Erik Axl SUND. Les trois volumes - Personna, Trauma et Catharsis - sont depuis 2014 tous traduits en français chez Actes Sud. Je n'ai pas l'habitude de dévoiler le contenu des livres aussi je vous dirai juste que cette trilogie fait partie des grands romans policiers scandinaves tels que je les apprécie mêlant noirceur extrême, plongée dans le psychisme humain. labyrinthe d’identités, suspense psychologique.

02.10.2014

Books : "La vie à côté" de Mariapia Veladiano

9782234071780-X.jpg?itok=AmfKDAmHOù il est question de laideur

Où il est question de secret familial

Où il est question d'amour

Où il est question de lâcheté

Où il est question d'amitié

Où il est question de silences et de mensonges dévastateurs

Où il est question de différence et de cruauté

Où il est question de musique

Un livre d'une écriture limpide qui, jamais, ne donne envie de s'arrêter

Un livre avec des écrits poétiques d'une force terrible (impossible de dévoiler leur contenu et la raison de leur apparition à un chapitre du roman)

Un premier roman remarquable traduit de l'italien en 2013 qui obtint le prix Calvino en Italie.

"La vie à côté" de Mariapia Veladiano, Traduit de l'italien par Catherine Pierre-Bon, Stock, coll. La Cosmopolite, 2013.

25.09.2014

Books : A lire ou à relire n°3

littérature,roman,nouvelles,books,donald ray pollock,knockemstiffIl est des lectures cruelles mais jubilatoires. Celle du premier ouvrage de Donald Ray Pollock, écrivain américain qui travailla plus de trente ans dans une usine de pâte à papier dans l'Ohio, est de celles-ci. « Knockemstiff », recueil de 18 nouvelles paru initialement en 2010 avant le succès de son premier roman « Le diable, tout le temps » en 2012, se déroule dans un trou perdu de l'Ohio qui donne son titre à l'ouvrage et où l'auteur passa son enfance et sa jeunesse.

Dans un style où excelle le sens de la formule, nous plongeons dans la vie de personnages à la destinée tragique où le comique n'est jamais absent. Les laissés-pour-compte du rêve américain vivent parfois dans des caravanes dézinguées, de vielles voitures posées dans le paysage ou dans des maisons qui vous donneraient la déprime. Certains se nourrissent de tout ce qui convient pour être gras et flasques ; les femmes y sont rarement à leur avantage et sont capables de tous les subterfuges pour se ramener un gars pour la nuit ; les drogues frelatées et l'alcool sont au rendez-vous et ne parviennent jamais à soulager du poids de l'existence. C'est brut, sauvage, ça a un goût de mauvais alcool ou de doughnuts bien gras et sucrés. Il y a des Chevrolet 1959 à ailerons, des Blizzard à s'en faire éclater la panse et du Wild Irish Rose pour les longues nuits au fin fond de l'Ohio. C'est même parfois cradingue, il y a des hommes qui, prisonniers de leur désespoir, se couvrent de leur merde pour masquer leurs illusions. Il y a des femmes battues ou qui abandonnent leur corps parce que, de toute façon, y a plus vraiment d'autre choix. Il y a des draps froids et sales et des nuits glaciales. Il y a des femmes qui s'enfuient vers un ailleurs dont on doute qu'il sera meilleur. Il y a des obsédés, des lâches et des brutaux. Il y a des paumés, des enfants qui rêvent de partir devenus grands mais qui restent collés à ce trou perdu. Il y a des meurtres et des suicides, des papys Alzheimer, des maris qui ne rêvent que de repartir à zéro, des camionneurs speedés, des bouseux et des perdants. Il y a des pères qui ont besoin de se sentir bénis des dieux et des fils qui gagnent amers le dernier round. Il y a la mort qui rôde. Il y a la vie de personnages qu'on rencontre rarement dans la littérature ; il y a parfois, à la fin d'une nouvelle, comme une lueur d'espoir ou bien ça et là un peu de tendresse pour ces hommes et ces femmes qui ont pour seule véritable compagnie la souffrance. Il y a des éclairs d'humanité.

C'est noir, c'est violent, c'est grinçant, c'est féroce, ça vous empêcherait de dormir tranquille, ça vous râpe la langue mais c'est tellement bon !

 « Knockemstiff », Donald Ray Pollock, Libretto n°410, 2013. Traduit de l'américain par Philippe Garnier.

20.08.2014

Postcard n°2 : "La Tristesse du Samouraï"

9782330015145.jpgUne nouvelle carte postale de mon lieu de villégiature à l'étranger pour vous signaler un roman disponible en poche. Comme le ciel est bien gris en ces contrées où je passe quelques jours de vacances, j'en profite pour dévorer quelques romans dits policiers. En voici un excellent, écrit par Victor Del Arbol. Cela se déroule en Espagne avec des allers-retours entre différentes époques marquées par le franquisme. C'est habile et terrible.

Ce livre est disponible depuis 2013 en poche, collection Babel noir. Traduction de l'espagnol par Claude Bleton.

07.08.2014

A lire ou à relire n°6

En cet été qui invite à la flânerie livresque, je vous propose de partir à la (re)découverte d'ouvrages que l'on classe souvent et à tort, selon moi, dans la littérature pour la jeunesse.

Une parenthèse avant de les présenter : si je m'étais contenté de lire les ouvrages recommandés pour la jeunesse, je n'aurais jamais découvert « Les Fleurs du mal » à l'âge de 12 ans, ni dévoré « Le Mur » de Sartre et bien d'autres encore avant que l'on me parle de ces auteurs au collège et au lycée (et malheureusement que l'on m'en écœure parfois...). Tout cela pour recommander à ceux que l'on dénomme des adultes de lire aussi des livres pour la jeunesse.

Cette fois-ci donc, non pas un ouvrage mais plusieurs, dénommés des romans graphiques et dont les auteurs sont Eric Wantiez et Marie Deschamps. Leur collaboration a donné naissance à plusieurs ouvrages  Chacun est un pur régal, que ce soit au niveau de l'écriture du texte ou de l'écriture graphique :

« Un secret » où le texte et le dessin se combinent pour nous raconter avec sensibilité et poésie une magnifique histoire qui prend son origine avec un grand-père et son petit-fils : un livre tout en légèreté sur le partage.

"Nino" où l'on appréciera notamment le travail graphique de Marie Deschanps.

« Pierre et Lou » dont le thème classique est traité avec délicatesse.

Je trouve que ces deux auteurs se complètent admirablement l'un et l'autre. Par les mots ou le trait, ils font preuve d'une grande sensibilité pour traiter de thèmes universels.

Un nouveau roman « Le printemps d'Oan » est prévu en 2015.

Les ouvrages sont disponibles aux éditions "Comme une Orange", vous pouvez aussi les commander chez votre libraire. Alors n'hésitez pas, ceux qui peuvent parler du monde avec poésie aux plus petits et plus grands sont de plus en plus rares, il est nécessaire de soutenir leur travail indispensable.

Marie Deschamps a mis aussi en ligne 16 collodions réalisés à partir de son travail sur Le secret et des sérigraphies superbes. C'est par ici : http://mariedeschamps.blogspot.fr/

Elle est aussi l'auteur d'un blog où elle partage des réflexions et des dessins : http://whatmd.blogspot.fr/

Eric Wantiez est lui aussi auteur d'un blog consacré à ses réflexions sur le métier, le travail et la condition d'auteur : http://ericwantiez.blogspot.fr/

24.07.2014

Books : « Sauver Mozart » de Raphaël Jerusalmy

littérature,roman,books,livre,sauver mozart,raphaël jerusalmyPublié chez Actes Sud en 2012, ce court roman est un récit inoubliable porté par une écriture magnifique.

Rongé par la tuberculose, Otto J. Steiner. critique musical, commence à tenir un journal en juillet 1939 alors qu'il est dans un sanatorium de Salzbourg. Il adresse aussi des lettres à son fils dont il est sans nouvelles.

Impossible de dévoiler ce qui constituera selon ses mots son « seul acte de résistance » et qui lui donnera le sentiment d'avoir accompli son « devoir » dans ce monde qui bascule dans l'une des périodes les plus sombres de son histoire.

Sens de la formule, ironie, cruauté, acuité du regard, humour glaçant, gravité, auto-dérision, les qualificatifs multiples qui pourraient être employés indiquent combien ce roman est un grand texte. Par une écriture resserrée et d'une grande précision, en moins de 150 pages, tout est dit sur cet implacable joug qui s'exercera dans tous les domaines y compris dans celui de l'art, tout est dit sur cette idéologie qui planifiera l'Holocauste.

Le roman est suivi d'une page où figure un texte de quelques phrases dont celles-ci que je ne peux m'empêcher de citer, moi qui consacre aussi des chroniques à la musique :

« Aucun des musiciens et chefs d'orchestre mentionnés dans le journal d'Otto ne prit jamais la défense de la liberté d'expression ni ne prêta la moindre assistance à ses collègues persécutés. Après la guerre, tous jouirent de l'admiration sans réserve des mélomanes du monde entier ».

25.06.2014

Books Review : « Sarajevo omnibus » de Velibor Čolić.

product_9782070137114_195x320.jpgLe 28 juin 1914, l’archiduc François-Ferdinand de Habsbourg tombait sous les balles de Gavrilo Princip à Sarajevo. C'est à partir de cet événement qu'est construit le récit de Velibor Čolić. Mais, contrairement à ce que l'on pourrait craindre, ce livre n'a pas la lourdeur fréquente des romans historiques car ce n'en est pas vraiment un.

Truculent, habilement composé de plusieurs récits, croisant les histoires de multiples personnages, cet ouvrage s'apparente plus à un formidable livre de contes ou de légendes qui nous fait voyager à travers l'histoire, souvent tragique, de Sarajevo et des Balkans. Écrites dans un style savoureux, les histoires des différents personnages et des monuments sont passionnantes et bien souvent dramatiques comme celle de Vittek, maître d'échecs et architecte du bâtiment du Conseil à la fin du XIXe, qui mourra dans un hôpital psychiatrique. Et des histoires, il y en a bien d'autres : de celle du curé qui connut la luxure à celle de l'homme qui avait peur de sa femme à la langue de serpent.

Outre son écriture parfois poétique et sa construction habile, l'intelligence de ce livre est de nous plonger avec légèreté dans l'histoire de la Bosnie et de Sarajevo, la ville aux cent vingt minarets et aux clochers à bulbes byzantins.

Paru chez Gallimard en 2012.

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16.06.2014

Books :"Yamabuki" by Aki Shimazaki.

Books :"Yamabuki" by Aki Shimazaki, Actes Sud, 2014.

 

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Avec ce livre se clôt le second cycle romanesque d'Aki Shimazaki : "Au coeur du Yamato". Comme le précédent "Le poids des secrets", cinq courts romans le composent.
D'une grande sobriété, épurée parfois à l'extrême, l'écriture de cette auteure nous plonge dans l'intimité d'Aiko qui eut le coup de foudre pour son mari Tsuyoshi Toda dans un train. Plus d'un demi-siècle s'est écoulé et Aiko est toujours auprès de son samurai.
L'ouverture du roman - les trois premières pages, trouvera son explication et sa conclusion dans les 4 dernières pages, sans doute les plus belles et les plus émouvantes du livre.
Outre le style et le propos d'Aki Shimazaki, c'est aussi la construction de ses cinq romans qui est admirable. Chacun constitue un élément indissociable d'un ensemble plus vaste, si bien que lorsque l'on achève la lecture de la dernière histoire du cycle, la nécessité de relire l'ensemble s'impose. Il y a une grande légèreté chez cette auteure, une capacité à lier l'intime, le singulier, l'histoire individuelle et l'histoire d'un pays, à petites touches.

Légèreté comme une aquarelle ou comme le mouvement d'un pinceau traçant un kanji.