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05.12.2015

Concision 43

Dans le ciel d'hiver
Flotte un quartier de lune
Silence assourdissant de la nuit.

28.11.2015

Concision 42

Tel bois mort son corps
disparu dans les flots gris
de mes souvenirs.

Comme le roseau

le soir tombe

la mer étale lèche l'or de la plage

dans la lumière rasante un paysage incongru

de quiétude de sérénité

je n'ai pas de mots pour dire l'insoutenable

donne-moi la main et serre-moi fort dans tes bras

donne-moi la main et serre-moi fort dans tes bras

parce que ce soir j'ai froid

très froid

nous allons regarder le soleil se coucher

l'horizon se couvrir de rose

et demain matin nous regarderons ce même soleil se lever

comme à chaque jour de l'humanité

et nous continuerons

à vivre parce que nous sommes ici pour vivre

à nous aimer parce que sans amour

serions-nous des femmes et des hommes

et nous continuerons

à chanter parce que les chansons brisent

le silence

à rire parce que sans rires que seraient nos pleurs

donne-moi la main et serre-moi fort très fort dans tes bras

et nous continuerons

à rêver parce que sans rêves il n'y aurait pas d'espoir

à lire parce que libres nous voulons interpréter

à joeur de la musique parce que depuis que nous avons des rituels

elle est nécessité

à danser parce que nous dansons depuis que nous attendons

la pluie

depuis longtemps

depuis la nuit des temps

nous savons la fureur aveugle le bruit des armes et le goût

des larmes

depuis longtemps

depuis la nuit des temps

comme le roseau nous continuons vivants

depuis longtemps

depuis la nuit des temps

nous continuons

debout

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22.11.2015

Concision 41

Ciel gris d'automne
Feuilles du mûrier jaunies
Mes cheveux blanchissent.

07.11.2015

Books : "Le printemps d'Oan" Eric Wantiez et Marie Deschamps

La dernière page refermée, tu demeures là, comme suspendu dans le temps.

Le livre entre les mains, tu voudrais que le voyage dure encore et encore.

Juste se laisser porter par les émotions, laisser courir son imagination, poursuivre l'histoire.

Tu as dû mal à mettre des mots sur ce que tu ressens.

Comment transcrire cet univers ?

Comment dire la sensibilité, la légèreté, l'intensité, la poésie et le tragique d'un roman ?

Il y aurait pourtant tant à dire de la ligne de Marie Deschamps, somptueuse, épurée, sensible. De son art du noir et blanc. De ses touches de couleur, ça et là.                     

Il y aurait tant à dire de cette construction, de ce graphisme, de la beauté de ces pages.

Il y aurait tant à dire de cette nouvelle collaboration avec Eric Wantiez, de cette capacité à traiter des sujets les plus graves avec délicatesse.

Des touches légères, quelques mots, un récit épuré.

Lumineux.

Vous pouvez offrir ce magnifique roman graphique en le commandant sur la boutique des éditions comme une orange.

N'hésitez pas.

 

 

05.11.2015

Concision 40

Rivière grise
A la dérive des corps
Évanouis les chants.

30.10.2015

Indicible

De l’arbre arracher la mousse le lierre et l’écorce

Fouiller le sombre ronger le cœur écouter la voix

des ombres

Vouloir dissoudre la mémoire

Griffer le derme oublier les visages les mains et les seins

Étouffer les cris le bruit des bottes et celui des trains

Vouloir ne plus savoir ne plus pouvoir voir

Arracher la mousse le lierre et l’écorce

Vouloir dissoudre la mémoire

Les corps ne plus dénombrer jusqu'au vertige

Fuir les regards et les miroirs

Étouffer les cris les plaintes et les pleurs

Éteindre les braises la chaux et les flammes

Dissoudre la mémoire

Ne plus avoir de mots pour dire l'effroi

Arracher la mousse le lierre et l’écorce

Fouiller le sombre ronger le cœur écouter la voix

des ombres

Vouloir dissoudre la mémoire

Et savoir que cela demeurera

Fouiller le sombre ronger le cœur écouter la voix

des ombres

Dissoudre la mémoire

Savoir avoir toujours su

Et que cela demeurera

Et que cela demeurera

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27.10.2015

Books : [Kokoro] Delphine Roux

littérature,roman,

La dernière page de ce roman achevée, je suis resté longtemps comme suspendu dans un ailleurs. Une sensation douce de plaisir, un instant hors du temps.Et puis vient l'envie de relire, de goûter de nouveau des phrases magnifiques, de déguster ce texte épuré, concis et pourtant d'une grande capacité d'évocation, sensible, subtil, d'une grande légèreté.

[Kokoro], court roman de Delphine Roux est de ces livres précieux qui vous font entendre une voix, un souffle. Si le thème n'a rien de nouveau dans la littérature nippone et même si on devine peu à peu l'épilogue, la progression du livre, son écriture, la manière dont on découvre les personnages,et ce qu'ils ressentent, la présence de la nature en font un très beau roman. La construction de ce roman est habile et le rend captivant : chaque court texte a pour titre un mot écrit en japonais et en français. Je ne dévoilerai rien de cette histoire dont Koichi (le narrateur) et sa soeur Seki sont les personnages principaux. Je ne dévoilerai pas la raison du titre. Juste une phrase située dans la première partie du livre - j'aurais pu en citer des dizaines - pour vous donner envie : "Aujourd'hui, je regarde le monde en proximité. Je regarde les autres faire ce que je ne fais pas, ce que je ne fais plus. Voilà."

[Kokoro] de Delphine Roux - Editions Philippe Picquier - collection Japon - 2015.

18.10.2015

Concision 39

Murs immaculés

Odeur de bitume chaud

Maquillée la misère.

10.10.2015

est-ce cela le monde où nous devons vivre

J'ai suivi le chemin des douaniers

celui qu'autrefois tu aimais emprunter

j'ai descendu les marches taillées dans la roche noire

regardé la mer grise à peine ridée

ça et là dérivaient des lambeaux d'algues brunes

au large

on devinait de sombres langues de terre

les îles sous la pluie

j'ai foulé l'or éteint de la crique qui glaçait mes pieds nus

est-ce cela le monde où nous devons vivre

une plage pour seul tombeau

j'ai laissé la mer lécher mes chevilles

elle ne me réchauffait plus comme avant

quand tu suivais le chemin côtier

j'ai laissé l'écume se déposer sur ma peau

et j'ai attendu que l'obscurité tombe

le vent mordait mon visage

au large on devinait quelques lumières tremblantes

est-ce cela le monde où nous devons vivre

la mer pour unique linceul

j'ai laissé la nuit dissoudre mes derniers espoirs

longé la grève pris le sentier côtier

celui qu'autrefois tu aimais emprunter en me tenant la main

et des gouttes d'eau mouillaient mon visage

et des gouttes d'eau mouillaient mon visage

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26.09.2015

Concision 38

Sphère jaunâtre

dans la brume suspendue

Sous son regard mes rides.

12.09.2015

Concision 37

Plus cruel qu'endurer

chaque jour qui vient

Un horizon de désespoir.

31.08.2015

Concision 36

Odeur de varech

Les yeux clos reposant seul

A l'envers du monde.

21.08.2015

Postcard 4 : Books & Poems "L'anniversaire de la salade" TAWARA Machi

poème,poésie,tanka,littérature,machi tawaraEn 1987, le recueil de tankas "L'anniversaire de la Salade" est publié au Japon et rencontre un succès inattendu pour un premier ouvrage de poésie. Machi TAWARA a, depuis ce premier ouvrage, publié d'autres recueils de tankas. Cet ouvrage est disponible à un prix modique dans la collection poche des Éditions Philippe Picquier, incontournable éditeur pour qui s'intéresse à la littérature japonaise. La traduction de l'ouvrage a été réalisée par Yves-Marie Allioux.

03.08.2015

La fabrique de textes 8 : un été en bord de mer

Il y a ce bleu Ce bleu si bleu Ce bleu du ciel Ce bleu de la mer Il y a ce bleu Ce bleu si bleu Et l'or du sable Étincelant Aveuglant Et l'odeur des pins qui monte dans la chaleur Cette odeur de résine Entêtante Enivrante Il y a ce bleu qui sature les rétines qui envahit l'espace Ce bleu si bleu Incongru dans ce monde de souffrances Ce bleu de la mer et du ciel confondus Ce bleu si bleu Conquérant Désarmant Insolent Ce bleu D'une beauté cruelle Ce bleu si bleu Obscène.