Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

poems - Page 3

  • Clandestin

    Je suis né

    passager clandestin de la vie

    s’étire blessure infinie du temps où

    les visages s’estompent des cinq facettes

    du miroir clandestin passager

    d’un monde obscur de souvenirs

    je n’ai

    qu’une déchirure

    sur le quai d’une gare

    quelque part dans ma chair

    le mal se terre

    à ronger

    le bois de ma mémoire.

  • le temps d’aimer

    au coin d’une rue j’ai croisé

    un homme qui marchait

    qui marchait à grands pas pressés

    il tenait trois roses rouges à la main

    trois roses rouges sang

    de temps en temps

    d’un geste élégant

    il relevait une mèche rebelle

    j’ai suivi l’homme qui marchait

    à grands pas pressés

    je l’ai suivi

    au coin d’une rue

    sur le trottoir d’en face

    une femme l’attendait

    elle était belle et souriait

    au coin d’une rue

    j’ai laissé l’homme marcher

    à grands pas pressés vers son destin

    trois roses rouges sang à la main

     

    quand il a traversé

    une voiture l’a renversé.

  • Partout les bêtes fourmillent

    A ton regard qui se perd

    l'incertain

    ce bras cette main cette peau

    si claire

    cette chair palpée molle sous

    les doigts

    à qui est ce corps épars

    tu ne sais

    Ton ventre – est-ce ton ventre ?

    te brûle de mille maux

    te tiraille de mille désirs

    à tes lèvres se bousculent les mots

    irruption incandescente

    Partout les bêtes fourmillent dans la terre

    que tu fouilles

    à tes mains sous tes ongles

    la matière agglutinée

    brune répulsion

    où tes pensées s'égarent

    et ces voix qui résonnent

    dans l'immensité de ta solitude

    qui sont-elles ?

    résurgences d'un passé oublié

    ombres menaçantes sirènes mortifères ?

    Dévastée

    dans ce monde terrifiant

    ton regard se perd

    tu t'échappes

    murée en de lointaines contrées

    où nul ne peut t'effrayer

    les lèvres closes

    les yeux fermés

    comme gisant de pierre blanche

    Dans mes dérives nocturnes

    à tes foulées les blés se courbent

    et ton sourire embrase le ciel

    tu ris tu cours

    ton prénom est celui d'une déesse

    mais déjà

    ton regard se perd

    mais déjà

    ton regard se perd.

  • Poems : « Cheveux emmêlés », YOSANO Akiko.

    22510100460450L.jpgCeux qui lisent de temps en temps ce blog savent que la littérature japonaise est l'une de celles qui m'intéresse particulièrement. Au fil de mes errances, j'ai découvert « Cheveux emmêlés » de Yosano Akiko, attiré par le titre de cet ouvrage et le nom de l'auteure. Le premier texte parcouru rapidement m'a tout de suite donné envie de poursuivre la lecture :

    « Rideau de la nuit

    Où s'épuisent les murmures

    Dans les étoiles

    Tandis qu'ici-bas les hommes

    Ont les cheveux en broussaille. »

    Passion, sensibilité, amour, sensualité traversent les textes qui, par leur genre poétique (tanka, en 5 vers et 31 syllabes), sont d'une pureté à vous laisser rêveur, le livre ouvert, les yeux perdus, dans un doux ravissement :

     « Court est le printemps,

    Qu'y a-t-il dans la vie

    Qui soit immortel ?

    Et j'autorisai sa main

    Sur la rondeur de mes seins. »

    Publié en 1901, ce recueil de 399 textes est considéré comme une œuvre capitale du romantisme japonais.

    « Cheveux emmêlés », YOSANA Akiko, Les Belles Lettres, 2010.