Concision 21
Au creux de ma main
la rondeur de son genou
Elle dort sereine.
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Au creux de ma main
la rondeur de son genou
Elle dort sereine.
Ce n'est pas la première fois que je parle de Lupa J, jeune australienne d'à peine 17 ans désormais. Je suis toujours étonné par la qualité déjà atteinte par ses chansons dont cette dernière "Waiting For Her".
Cette chanson est extraite du superbe album "Modern Ruin" de Kyrie Kristmanson (avec le Quatuor Voce), paru en février 2015.
J'aurais pu tout aussi bien choisir "Alienor".
Duo originaire de Tabor, kalle est formé de Veronika Buriánková et de David Zeman. Leur premier album "Live from the room", composé de huit titres est paru en 2014, est disponible sur la page bandcamp de groupe. On pourra y découvrir de belles chansns telles "Our Name" ou "My lost Child".dans un style quasi-minimaliste mais diablement efficace. A suivre.
Cette semaine, impossible de ne pas écouter une chanson du superbe album de Bastien Lallement "La Maison Haute" dès que je me lève.
Photo by Play B., Beijing, 2013.
Un souffle glacial
dans ce quartier dit rénové
Je marche seul.
Les jours allongent peu à peu, le printemps approche, le paysage se fait moins sombre. J'aime les variations de lumière de ces instants, un entre-deux, un entre-jeu, pas de soleil qui vous écrase, pas de ciel définitivement voilé de gris qui vous déprime. De temps en temps, une douce averse, et puis, soudain, la chaleur du soleil sur la peau, la lumière dorée sur les murs de calcaire. Et mes pas dans l'ombre allongée du clocher qui domine la ville.
D'ombres, il est aussi question dans les chansons du nouvel album de Bastien Lallemant. Et d'amour aussi.
D'amour qui s'achève, d'amour disparu, d'amour qui se déchire, d'amour que l'on attend longuement.
De perte, d'absence et de longue nuit.
Mais cet album au livret paré de noir et de blanc est aussi inondé de lumineuse beauté, de mots habilement mariés, de compositions subtiles et élégantes.
Elégance, oui c'est l'un des qualificatifs qui s'est imposé rapidement à l'écoute de ce disque. Il y a une alchimie parfaite, quasi miraculeuse entre les paroles, les arrangements musicaux et l'interprétation proposée par Bastien Lallemant. Des chansons envoutantes, des moments magiques, des clairs-obscurs obsédants : "Un million d'années", "Les ombres", "Longue nuit", "L'attente".
Cet album est celui d'un artisan des mots, des mélodies, des atmosphères. Un artisan entouré de compagnons qu'ils soient aux instruments ou à la réalisation, avec des invités comme dans les repas de mon enfance où il faisait bon de partager.
Comme pour les albums de Jérôme Suzat (Cheval Blanc) ou d'Orso Jesenska, il m'est impossible d'imaginer les chansons de Bastien Lallemant chantées par un autre que lui, de penser pouvoir les écouter dans une version qui ne serait pas respectueuse de ces subtils arrangements, de ces suspensions dans le texte chanté. C'est parce qu'on a là ce que j'appelle - peut-être maladroitement - de "grandes chansons", des chansons dont le son, la couleur, les ambiances qu'elles créent ne peuvent que très difficilement être reproduits par d'autres. De grandes et belles chansons comme celles déjà citées et d'autres encore : "Un fils de Dieu", "Au loin la côte".
Un régal, un grand album, un compagnon de route, un compagnon de soirée quand le soleil se couche, quand dans le ciel les étoiles vont scintiller.