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18.07.2015

Album of the Month (1) : "Tied to the Moon" by Rachel Sermani

Il ne faut que quelques secondes pour tomber sous le charme de "Don't Fade" chanté magnifiquement par Rachel Sermani sur son second album "Tied to the Moon".

Mais cet album recèle d'autres instants aussi somptueux telle "Ferryman". Rachel Sermani nous délivre ses histoires de sa voix chaude sur des arrangements délicats. Elle s'offre un agréable duo sur "Banks Are Broken". Les titres où les guitares se font plus saturées montrent que ce choix se marie fort bien avec sa voix comme le prouve l'excellent "I've Got A Girl". Il faut prendre le temps d'écouter cet opus  qui est une des plus belles surprises de ce mois de juillet. Un album de confirmation pour cette artiste qui nous vient d’Écosse. 

10.06.2015

Album of the Month : "Leaving Room" by Laure Brisa

Il est parfois difficile de mettre en mots ce que l'on peut ressentir à l'écoute d'albums que je qualifie de radicaux, de l'ordre du tout ou rien.

"Leaving Room" est l'un de ceux-ci.

Ouvert magistralement par un texte de Yeats sur une musique composée par Laure Brisa, l'opus met immédiatement l'auditeur en demeure.

S'immerger, se plonger dans ces abîmes envoûtants.

Ici, nulle flatterie, nul effet racoleur, pas de superflu.

Le lieu ne souffre pas la complaisance.

Ici, chaque note, chaque arrangement, chaque inflexion de la voix, chaque mot, chaque instrument, chaque son de machine s'inscrit dans un tout, une intention, un regard sur le monde.

Tous délicatement, subtilement assemblés dans leur singularité, entrelacés pour composer ce tout.

Un tissage d'artisan.

Une faiseuse d'atmosphères, une conteuse, une sculpteure de sonorités.

Laure Brisa est une sorcière qui nous emporte dans son univers. Une sorcière entourée d'autres sorciers dont Guillaume de la Villéon à la réalisation.

Une recherche, me semble-t-il, même si leur style n'est pas comparable, que l'on retrouve chez d'autres artistes déjà présentés en cet espace  - Bastien Lallemant, Gisèle Pape, Cheval Blanc, Orso Jesenska et tant d'autres...- d'une couleur, de la justesse.

On pourrait être tenté, au vu du parcours de formation musicale de Laure Brisa, par une écoute analytique de son album. Je ne suis pas persuadé que cela apporterait quelque chose. Il suffit de prendre le risque d'accepter d'écouter et de se laisser porter. Comment résister à "La louve", "Ophélia" ou à ce titre dont les paroles sont d'Helena Canosa !

 

02.06.2015

Album of the Month : "compilation "Walden #1"

Une fois n'est pas coutume, c'est une compilation qui figure déjà dans mes albums du mois de juin. C'est la première de WALDEN qui se définit comme un label poétique, aquatique et bucolique.

 

Douze chansons figurent sur l'album disponible en version digitale et difficile de choisir l'une plus que l'autre tellement les artistes réunis nous proposent ici de bien belles choses. La plupart d'entre eux ont déjà été signalés à un moment ou un autre dans MB&P.

Réunis dans cette belle compilation, on aura donc le plaisir d'écouter de nouveau Fantôme, Nesles, Fredda, Pagan Poetry, Orso Jesenska, Maud Octallinn, Oh ! Oui..., My Concubine, Delmar, Midget !, Facteurs Chevaux et Pauline Drand avec une chanson inédite "Aéroport".

La compilation est en name your price sur bandcamp.

Vivement la seconde !

16.05.2015

Album of the Month : "Moonlight Serenades Op​.​4" by The Wooden Wolf

Parfois en quelques secondes, une chanson s'impose comme une évidence, un instant parfait, une alchimie merveilleuse entre paroles, interprétation, arrangements musicaux. Une chanson qui pourrait traverser les ans en gardant intacte la première émotion qu'elle vous a procuré. C'est le cas avec "Slow moving dreams", titre somptueux qui figure sur le quatrième opus de The Wooden Wolf.

Mais cette chanson bénéficiant d'une très belle mise en images n'est pas la seule à vous donner des frissons. Ainsi "Gone with the rain", "Where are you now", "Morning sun" sont autant de véritables bijoux. L'apport du violoncelle sur plusieurs chansons contribue à créer cette couleur où le chant d'Alex Keiling vient servir ses textes. Chaque titre vaut une écoute attentive à l'instar de "Thieves in the trees" qui clôt magnifiquement cet album (continuer l'écoute jusqu'à 9'11 !)

"Moonlight Serenades" démontre - y--t-il nécessité de le démontrer depuis la parution du premier album ? qu'Alex Keiling propose une folk somptueuse. Nul n'est besoin de profusions d'arrangements et de technologies pour créer des chansons qui captivent l'auditeur par leur intensité.

Vous pouvez vous procurer cet album que je vous recommande sur la page bandcamp de l'artiste.

12.04.2015

EP of the Month : Double EP "édition limitée" by Pauline Drand

musiqueChère Mademoiselle,

J'espère que vous ne vous offusquerez pas du terme Mademoiselle. Voyez-y plus une marque de respect qu'une marque de condescendance. Et puis le terme vous sied plus que celui de Madame à mes yeux. Il me semble correspondre à cette grâce lumineuse, fragile et délicate dont vos chansons sont porteuses.

Hier matin, j'ai découvert dans ma boîte aux lettres une enveloppe. Il y avait à son dos en lettres noires écrites à la main votre prénom, votre nom et une adresse. J'ai alors compris qu'il s'agissait de votre disque que je n'attendais pas si tôt. Je ne sais si c'est vous qui avez tracé toutes ces lettres. J'ai plaisir à le croire, à vous imaginer rédiger pour chacun de ceux qui vous ont soutenu ces quelques mots sur une carte. J'ai plaisir à vous imaginer, appliquée, concentrée, préparant l'expédition un peu partout en France de ce qui se veut être la préfiguration d'un album à venir. Un huit titres qui réunira des personnes qui ne se connaissent pas et qui ne se rencontreront probablement jamais pour la plupart d'entre elles. Un huit titres accompagné de ce livret à tirage limité qui annonce une belle suite.

musiqueJ'avais déjà écouté certaines de ces chansons. J'avais été sensible à leur écriture et à votre voix, votre diction. Il y a - y compris dans celles qui sont les plus graves - une légèreté que j'apprécie et puis votre chant dégage une forme de sérénité qui m'apaise. Vous m'aviez déjà conquis avec "Pont Neuf" et "Émilie Sait". Et que dire de celle qui clôture cet opus : "Aux Jours De Juillet". Je vous jalouse Mademoiselle, oui, j'aurais aimé écrire des chansons comme celles-ci et bien d'autres aussi. Vous m'aviez déjà conquis et vous récidivez Mademoiselle. Alors que vous souhaiter après ce premier opus ? Restez comme vous êtes Mademoiselle, gardez cette sincérité et ne vous laissez pas emporter par le vent méchant d'une production qui viendrait faner les fleurs délicates de cerisier que vous chantez si bien.

Au plaisir d'écouter bientôt vos nouvelles chansons.

Play B.

Ce Double EP sera disponible en version digitale fin avril.

 

02.04.2015

LP of the Month : "Effacer la mer" Orso Jesenska

OJ.jpgLa pluie colle à tes pas, tu ouvres ta boîte à lettres et tu découvres un emballage de carton qui te laisse penser qu'il est enfin arrivé ce vinyle que tu attendais.

Tu remontes l'allée comme un peu plus léger, un peu comme quand enfant tu étais impatient d'ouvrir un cadeau. Installé maintenant à l'abri, tu tranches l'adhésif et tu le regardes longtemps avant de retirer le film qui le protège. Tu le retournes, tu l'observes, tu l'effleures, tu l'apprivoises, tu le détailles, tu parcours les textes, tu prends le temps avant de le poser pour écouter.

Depuis des semaines tout aurait été déjà dit ?

Depuis des semaines tout aurait été déjà écrit ?

Sûrement, par des chroniqueurs bien plus habiles et experts que toi. Et puis son auteur n'a-t-il pas déjà répondu à de nombreuses questions dans plusieurs entretiens.

Qu'ajouter à tout cela ? Rien ou si peu.

Pour quelle(s) raison(s) avoir soutenu bien modestement la sortie de cet album sur microcultures ?

Sans doute, pour des sonorités écoutées dans un des titres, pour quelques notes de guitare posées ça et là, pour des paroles et des sens générés qui ne sont pas nécessairement ceux que l'auteur a pu penser - le sens de leurs textes n'échappent-ils pas à leurs auteurs ?

Sans doute parce que, confusément, sans rationalité aucune, sans analyse quelconque, il t'a semblé que ce disque pourrait être comme d'autres - ceux de Cheval Blanc, Bastien Lallemant ou Pain Noir pour ne citer que les plus récents - un compagnon.

Voilà, c'est peut-être cela qui est à écrire, c'est peut-être cela qui est le plus important. Un compagnon comme certains romans, certains poèmes, certains films, certaines pièces chorégraphiques et toute autre chose qui t'accompagne dans ta vie en ce monde. Un compagnon qui te dit quelque chose de ce monde où tu vis, où nous vivons. Un compagnon que tu peux abandonner durant des mois, des années mais que tu retrouveras avec plaisir, qui te surprendra encore.

C'est peut-être cela qui est à écrire plus que de vouloir tenter d'analyser chaque titre, chaque texte, chaque arrangement. Un compagnon certes mais parce que des femmes et des hommes - qu'ils écrivent, chantent, composent, interprètent, jouent - ont réussi à créer cette alchimie, ce moment rare, cet instant tremblant, ce mariage délicat, cet équilibre gracieux qui te transporte. Ces femmes et hommes, vous pourrez lire leur nom écrit sur ce qui fait office de livret.

Qu'écrire alors si tout avait été déjà écrit ?

Simplement dire à Orso Jesenska et à tous ceux qui ont contribué à faire en sorte que nous recevions cet album que nous voulons aussi qu'ils reçoivent ce que nous pouvons leur donner : qu'ils sachent combien nous sommes heureux qu'ils nous offrent ces instants.

Donner et recevoir. Recevoir et donner.

Effacer la mer :

Face A : Un parfum - Paroles - Et nous encore vivants - Effacer la mer - Vivre, en Somme - Le Vent

Face B : Exilés - Tempête - Apaisement - Les vrilles de la vigne - A pas lents - Palabras para Julia - L'ombre descend

 

05.03.2015

Album of the Month : "La Maison Haute" Bastien Lallemant

Les jours allongent peu à peu, le printemps approche, le paysage se fait moins sombre. J'aime les variations de lumière de ces instants, un entre-deux, un entre-jeu, pas de soleil qui vous écrase, pas de ciel définitivement voilé de gris qui vous déprime. De temps en temps, une douce averse, et puis, soudain, la chaleur du soleil sur la peau, la lumière dorée sur les murs de calcaire. Et mes pas dans l'ombre allongée du clocher qui domine la ville.

D'ombres, il est aussi question dans les chansons du nouvel album de Bastien Lallemant. Et d'amour aussi.

D'amour qui s'achève, d'amour disparu, d'amour qui se déchire, d'amour que l'on attend longuement.

De perte, d'absence et de longue nuit.

Mais cet album au livret paré de noir et de blanc est aussi inondé de lumineuse beauté, de mots habilement mariés, de compositions subtiles et élégantes.

Elégance, oui c'est l'un des qualificatifs qui s'est imposé rapidement à l'écoute de ce disque. Il y a une alchimie parfaite, quasi miraculeuse entre les paroles, les arrangements musicaux et l'interprétation proposée par Bastien Lallemant. Des chansons envoutantes, des  moments magiques, des clairs-obscurs obsédants : "Un million d'années", "Les ombres", "Longue nuit",  "L'attente".

Cet album est celui d'un artisan des mots, des mélodies, des atmosphères. Un artisan entouré de compagnons qu'ils soient aux instruments ou à la réalisation, avec des invités comme dans les repas de mon enfance où il faisait bon de partager.

Comme pour les albums de Jérôme Suzat (Cheval Blanc) ou d'Orso Jesenska, il m'est impossible d'imaginer les chansons de Bastien Lallemant chantées par un autre que lui, de penser pouvoir les écouter dans une version qui ne serait pas respectueuse de ces subtils arrangements, de ces suspensions dans le texte chanté. C'est parce qu'on a là ce que j'appelle - peut-être maladroitement - de "grandes chansons", des chansons dont le son, la couleur, les ambiances qu'elles créent ne peuvent que très difficilement être reproduits par d'autres. De grandes et belles chansons comme celles déjà citées et d'autres encore : "Un fils de Dieu", "Au loin la côte". 

Un régal, un grand album, un compagnon de route, un compagnon de soirée quand le soleil se couche, quand dans le ciel les étoiles vont scintiller.

 

 

 

18.02.2015

"Ten Love Songs" by Susanne Sundfør : un album pop des plus brillants

Au risque de surprendre certains des lecteurs de ce blog, depuis ses débuts enchanteurs en 2007 avec son premier album éponyme qu'elle reprendra dans une version piano-voix, j'attends chaque disque de Susanne Sundfør, auteure-compositrice-interprète, avec impatience.

Cette artiste norvégienne me surprend toujours en variant le style de chacun de ses albums, ne s'arrêtant jamais à une forme qu'elle pourrait reproduire. Cette fois-ci, elle a décidé de consacrer son nouvel opus au thème de l'amour et propose dix chansons comme l'indique le titre.

Deux singles « Fade Away » et « Delirious » semblaient annoncer un tournant radicalement pop parfois teinté de disco. Mais l'album ne peut être réduit à ces deux titres, il comporte des compositions bien plus variées qu'on pouvait le croire. L'artiste dont l'instrument de prédilection est devenu le Fender Rhodes, démontre une capacité décapante de recherche de sons et une maîtrise des arrangements en faisant preuve d'une grande liberté. Difficile de l'enfermer dans un style particulier tant elle combine de multiples influences passant d'orchestrations symphoniques à la recherche de sons conçus spécialement sur synthétiseurs.

Susanne Sundfør ne craint pas de dérouter, toujours en tension entre pureté mélodique, pureté du chant et une créativité qui s'affranchit de toute règle, une créativité qui ose les ruptures, les assemblages complexes et les influences au sein d'un même morceau. Bien qu'elle ait travaillé en collaboration sur trois des titres de l'album, c'est elle qui marque de son empreinte la production.

Chaque titre mérite une attention particulière. Même si je n'ai pas pour habitude d'analyser en détail les morceaux d'un album privilégiant plutôt l'instantané, l'émotionnel voire le corporel qu'il procure, j'avoue que chaque écoute m'a permis de découvrir ici et là des sons, des subtilités, des arrangements qui rendent cet album passionnant. Quelques mots rapides pour passer en revue ces dix chansons.

« Darlings » ouvre l'album comme un cantique sur des notes d'harmonium  avant que s'élève le chant porté par cette voix si pure. A peine 2'39 d'une intensité remarquable achevée par quelques notes cristallines. Suit « Accelerate », titre brillant, l'un de mes préférés, par sa rythmique implacable rompu par un solo d'harmonium afin de reprendre dans une montée endiablée et s'enchaîner avec « Fade Away » qui évoque les grands jours de la pop scandinave et les influences disco d'ABBA. Puis « Silencer » s'ouvre sur des notes de guitare légères, un chant éthéré et somptueux s'élève, magnifique chanson. Le titre suivant « Kamikaze » plus résolument pop avec de multiples sons électroniques est clôturé par un passage de clavecin. Des chœurs aériens ouvrent alors « Memorial » morceau de plus de 10 minutes avec des passages d'orchestre de chambre et de piano, morceau que l'artiste dit aussi influencé par l'écoute de Mercury et de Caballé. Le second single « Delirious »  entêtant et débutant magnifiquement démontre suivi par « Slowly » combien cette artiste maîtrise la composition d'un morceau pop en jouant de multiples possibilités tant au niveau vocal (une sacrée chanteuse tout de même) que des arrangements et de la structure. L'avant-dernière chanson « Trust Me » est sans doute l'un des moments les plus intenses de l'album avant qu'il ne s'achève par le troublant et fascinant « Insects ».

Susanne Sundfør est, me semble-t-il, parvenue à traduire ses intentions en réalisant un album pop d'une rare intensité, un album nourri par de multiples références sans s'y enfermer, une pop brillante et inventive.

L'album est en écoute sur spotify.

 

10.02.2015

Discovery & Album of the Month : Kathryn Joseph

"bones you have thrown me and blood i've spilled" est le premier album de Kathrin Joseph, artiste de Glasgow à la voix si particulière que j'avais présentée en 2014 à l'occasion de la découverte de l'un de ses titres. Difficile de disposer d'informations mais après tout ce sont les chansons qui comptent plus que tout autre considération.

L'album pourra agacer, sembler maniéré, la voix pourra énerver, le piano et les bruits de pédale pourront lasser mais on ne pourra pas reprocher à cette artiste de ne pas oser prendre des risques en proposant dix titres dans une formation minimaliste (piano,voix, basse et quelques légères percussions).

L'album ne joue pas dans la séduction facile même si le premier titre "The Bird" a pour effet immédiat d'intriguer et d'attirer l'auditeur.

Ce ne sont pas seulement ces notes de piano et cette mélodie qui vous entraînent irrémédiablement, c'est aussi ce chant si particulier, presque androgyne, et son traitement à l'enregistrement qui vous transporte dans des contrées lointaines, dans un monde magnétique. L'album recèle d'autres moments rares d'intensité telle la magnifique "the why what, baby ?". Mais les autres chansons, "the bone", "the crow", "the mouth", la superbe "the good" sont aussi à ne pas négliger. "The weary" clôture ce premier opus en montrant que les compositions de la dame sous une apparente simplicité cache bien des surprises. En dix titres Kathrin Joseph parvient à nous capturer et à à nous emporter dans des atmosphères qui peuvent provoquer parfois l'inconfort mais ne laissent jamais indifférent.

 

 

Un premier album exceptionnel qui nous change de ces productions formatées pour être vendues en supermarché et qui sont déjà oubliées à peine achetées.

L'album est en écoute et en vente sur la page bandcamp de l'artiste, je vous le recommande.

 

07.02.2015

Chronique à retardement : "La Cavale" de Robi - Longtemps j'ai résisté

Depuis ce matin, la voix de Robi me taraude, le son des machines et les notes de guitare emplissent ma boite crânienne, vrillent mon cerveau.

Longtemps j'ai résisté. Trop de chroniques élogieuses. Un succès annoncé avant même la sortie officielle de l'album.

Et puis je déteste souvent toutes ces chroniques écrites des jours voire des semaines avant la parution d'un album que vous ne pourrez écouter que bien plus tard. Elles me rendent de mauvaise humeur. La promotion, pratique désormais incontournable pour exister dans le marché culturel, fait qu'on en vient à douter de la sincérité de nombre de ces articles.

Autant dire que je ne me suis pas précipité pour écouter ce nouvel opus de la dame brune mise en scène dans de bien belles photos sur nombre de blogs. Longtemps j'ai résisté. Pourtant son précédent m'avait presque trop séduit. Ce rythme, ces paroles scandées, cette énergie presque brute, issue du plus profond. Séduit, oui. Comment pourrait-il en être autrement avec les chansons de Robi ?

J'ai risqué une première écoute profitant d'une mauvaise grippe. Rien, rien ne s'est passé. Une quasi-indifférence à l'écoute des morceaux. Je n'en croyais pas mes oreilles. C'était cela, le disque vanté partout sur tous les blogs et les revues musicales que j'épluche compulsivement ! Comme une déception amoureuse.

Alors j'ai laissé Robi et ses chansons dans un coin, en sommeil au cas où. Et puis ce matin, je récidive. Je lance la machine à fichiers, le casque collé aux oreilles, le volume monté pour exploser mes vieux tympans. Je débute par "Le chaos" et là comment dire. Je sens que ça prend, que ça monte. J'enchaîne les titres.

Robi, c'est de l'ordre du tout ou rien. Une forme de radicalité. Pas de faux semblants. C'est de l'ordre du corporel, ça te saisit les tripes, ça te noue les mâchoires, ça te vrille la tête, ça devient obsédant.

Cet album est encore plus abouti, selon moi, que le précédent. Le chant, la voix, les arrangements musicaux, les textes, la réalisation, l'ensemble composé de ces 11 titres qui atteignent des sommets, en font un disque entêtant et fascinant.

Impossible d'y résister.  

25.01.2015

Album of the Month : "Undervattens himmel" by Dyl & Petra

Le givre tarde à fondre malgré le soleil d'hiver, dans un ciel cristallin, la fumée s'échappe des cheminées et la terre craque sous les pas. Les chansons de Dyl & Petra m'accompagnent

Un duo suédois et français, Petra la suédoise sorcière au chant, Eric "Dyl"  le magicien toulousain aux guitares et à la production, accompagné de cinq musiciens nous délivre un premier album composé de neuf chansons. Et ce premier opus paru fin 2014 nous offre de forts beaux moments. Il y a des chansons qui s'imposent telles des évidences, des instants de grâce qui vous réchauffent le cœur, "Dream here" est de celles-ci :

Mais il y a bien d'autres occasions d'être charmé par ce premier album. L'album est en écoute intégrale sur spotify.

 

10.12.2014

Album of the Month : "The Fates" by Matthew Edwards and The Unfortunates

Disponible seulement depuis le début novembre en France sur une plate-forme de téléchargement bien connue, le premier album de Matthew Edwards and The Unfortunates intitulé "The Fates" était déjà paru aux USA sous forme de vinyle.

Le groupe livre un opus raffiné avec, parmi les onze chansons, de véritables petits bijoux. Matthew Edwards, entouré d'une équipe de musiciens excellents (piano, orgue, violoncelle, accordéon, guitare, batterie...), est capable de créer des atmosphères envoûtantes qui se révèlent de plus en plus au fur et à mesure des écoutes. Difficile de sélectionner des titres tellement cet album contient de belles chansons parfois émouvantes, nostalgiques. Je crois bien que chacune vaut le détour même si certaines accrocheront immédiatement l'oreille par leur instrumentation et leur ambiance.

Une très belle surprise de cette fin d'année 2014.

Album disponible aussi sur bandcamp.

 

 

03.11.2014

Album of the Month : "Cartographer / Explorer" by Ormonde

Ceux qui me suivent ici ou là depuis deux ans savent que je suis un quasi inconditionnel d'Anna-Lynne Williams (des Trespassers William à son projet solo Lotte Kestner). La dame est prolifique et multiplie les collaborations. Ormonde, duo formé avec Robert Gomez, signe là son second album. Alors évidemment, je sais déjà que certains s'étonneront de mon choix mais il y a dans ces chansons une élégance, une beauté qui me séduit. On ne peut pas dire que le duo fait dans l'aguicheur pourtant, des compositions parfois minimalistes toutes en variations subtiles qui exigent de l'auditeur d'écouter et non d'entendre. Mais c'est cela qui est la marque d'un album réussi et convaincant. Cet opus est un régal pour ceux qui accepteront de s'y plonger et non pas de zapper. Ici on ne pratique pas le zapping toutes les 20 premières secondes de chaque chanson parce qu'on ne pourrait rien saisir de ce qui fait l'essence du projet artistique du duo. Comment, en se contentant de sauts de puce, saisir cette subtilité, ces atmosphères, cette durée installée, ces rythmes qui invitent au voyage, au mouvement lent et dosé loin de cet affolement, des mouvements saccadés et des rythmes effrénés de ce monde. Avec Ormonde, on apprend la lenteur, la langueur hypnotique, à se laisser porter par les subtilités des arrangements, à se fabriquer des films, à écouter les chants emplir obsédants l'espace.

Les chansons d'Ormonde sont des moments de plaisir rare, des instants où l'on est parfois proche de la perfection. Comme dans "Beach", "Snake", "Explorer/Cartographer", "Paintings" et bien d'autres.

L'abum est en écoute sur spotify

04.10.2014

Album of the Month : "A Thin Line" by Olivia Pedroli

Au petit matin, lorsque la lumière dorée vient caresser le calcaire des murs de la ville, les notes de piano qui ouvrent "The other side" m'accompagnent. Je descends les marches de l'escalier qui surplombe les toits de la ville où je vis. Dans le calme de la cité encore endormie, je prends le temps d'écouter chaque note, chaque inflexion, chaque nuance des instruments et des voix. Accompagnée au chant par Helgi Hrafn Jonsson dans ce titre, Olivia Pedroli me transporte dans cette chanson magistrale. Elle m'avait enchanté avec son album « The Den » paru en 2010. Allait-elle me conquérir de nouveau ?

J'avais suivi sa précédente carrière sous le nom de Lole, de loin, sans vraiment être enthousiasmé. Et puis, ce fut lorsqu'elle reprit son nom que ses chansons me captivèrent.

Premier constat après plusieurs écoutes de ce nouvel opus : contrairement à beaucoup d'artistes telle Agnes Obel, Olivia Pedroli ne livre pas une musique qui se veut séductrice dès la première écoute. Non, "A Thin Line" exige une écoute attentive pour saisir toute la richesse de ses compositions et arrangements. C'est là déjà l'une des grandes qualités du travail de l'artiste (et de la production), ne pas verser dans la reproduction du même, au risque de dérouter, ne pas se contenter des recettes faciles qui garantissent le succès.

Bien évidemment, « This is where it starts », premier titre dévoilé avant la sortie de l'album et bénéficiant d'un clip, séduira peut-être plus par son caractère enlevé. Cependant, il y a des titres qui pourront conquérir dès le premier abord l’auditeur tel le magnifique « The other side » déjà cité. Mais il faut se laisser emporter par des chansons comme la superbe« Silence », la non moins réussie « Guide » ou bien « Birds » (quel début !).

Alors, oui, cet opus n'est pas dans la ligne pop ou folk à la mode, il n'est pas dans l'air du temps, il ne fait pas dans « l'aguicheur » parce que je pense qu'Olivia Pedroli, depuis le premier album paru sous son nom, essaie de tracer peu à peu une voie cohérente sans céder aux effets de mode. Il suffit pour s'en convaincre d'écouter ce qu'elle a réalisé entre temps (musique de film et "Préludes pour un loup"). Il faut prendre son temps pour déguster ce nouvel opus, pour s'abandonner, pour se laisser porter dans cet univers gracieux et délicat. Certains regretteront sa facture trop classique, pourtant cordes, vents, piano, guitare et autres instruments s'accordent parfaitement au travail réalisé sur le chant et les harmonies vocales. C'est un album d'une grande intensité, d'une sensibilité rare. Des chansons servies par des compositions et des arrangements somptueux. Un des nos indispensables 2014, disponible sur la page bandcamp de l'artiste.

Décidément, que je regrette de ne pas vivre en Suisse pour pouvoir l'écouter en concert plus souvent !

 

24.09.2014

New Album "Fossile" by JUR

Le dernier album "Fossile" du groupe JUR fait l'objet de nombreuses chroniques depuis quelques semaines. En tout cas, bien plus que leurs précédentes productions, semble-t-il. Ce nouvel opus, disponible depuis quelques jours en CD, fait sans aucun doute partie des disques auxquels il faut prêter une écoute en ce début d'automne. On pourra aussi en profiter pour découvrir un peu plus leur univers, si ce n'est déjà fait, en écoutant leurs précédents albums et EP réalisés depuis 2009 (Juste ici, Ladrona et A boca llena). Ils réservent de bien agréables moments eux aussi et sont disponibles sur leur page bandcamp.

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