Song of the Day : "Statues" by Lupa
Un clip tout récent pour ce titre écrit, interprété, enregistré et produit par notre jeune découverte australienne du mois Imogen Jones qui présente ses chansons sous le nom de Lupa.
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Un clip tout récent pour ce titre écrit, interprété, enregistré et produit par notre jeune découverte australienne du mois Imogen Jones qui présente ses chansons sous le nom de Lupa.
Je te regardais danser
sur « Train in the Night »
de Chinese Army
Des bracelets de rêves oubliés
brillaient à tes poignets
Dans la lumière bleutée
je voyais ta bouche poisseuse
de gloss trembler
et le désir s'évanouissait
aux accords vénéneux des claviers
et le désir s'évanouissait
Je te regardais danser
dans les éclairs glacés des stroboscopes
A tes paupières fardées
perlaient des larmes
que j'aurais voulu lécher
et tes lèvres m'adressaient
un dernier baiser
et tes lèvres m'adressaient
un dernier baiser
Je te regardais danser
sur « Train in the Night »
de Chinese Army
et mon cœur était glacé
Je te regardais danser
sur « Train in the Night »
et mon cœur était glacé
et mon cœur était glacé.
Évidemment, ce titre est tellement connu que j'ai hésité mais voilà, il est si lié à mes souvenirs musicaux que je n'ai pu résister. Et puis il y a Anna Karina, sa grâce et sa voix unique. Parmi mes Madeleines !
L'autre jour, à la radio un journaliste chronique le concert des Stones et je réalise qu'ils sont là depuis plus de 50 ans ! Bon, je n'ai jamais été un inconditionnel même si ma génération fut marquée par certains titres et albums dont le désormais célèbre et encensé "Sticky Fingers" qui ne fut pas si bien accueilli que cela par la critique à sa sortie (comme quoi) !
Alors, je me mets à réécouter quelques chansons, à picorer ça et là surtout dans cette période 60-70. Et puis je me souviens de cette reprise par The Dø de 2012. Je ne suis pas toujours convaincu par ce groupe mais là, je trouve que c'est vraiment une réussite, surtout si on écoute d'autres reprises qui sont en grand nombre et parfois d'une grande médiocrité (celle de Miley Cyrus en est l'un des exemples les plus remarquables). La voix, la qualité instrumentale, l'émotion, tout y est. Une belle version.
Ces deux voix se marient parfaitement. Une très belle version que je considère nettement au-dessus de la version originale.
Et puis, il y a Anna Ternheim que j'apprécie depuis ses débuts.
Majke Voss Romme, auteur-compositeur-interprète danoise, se risque à reprendre un titre interprété par Johnny Thunders sur l'album "So Alone" de 1978.
J'ai découvert Lou tardivement, un peu par hasard. Je ne connaissais rien de ses précédents albums. C'est sa prestation dans une émission de France 3 où elle était accompagnée de musiciens en parfaite osmose qui m'a littéralement aimanté. Cette alchimie parfaite entre musique, chant et texte.
Je me suis alors empressé d'écouter et d'acheter cet album. Huit titres et des joyaux, des chansons si parfaites que l'on rêverait d'avoir le talent de les écrire et de les composer. Pour moi, Lou symbolise la grâce, l'élégance et la légèreté dans le paysage français musical, y compris lorsque les thèmes sont des plus graves, des plus mélancoliques, des plus sombres.
L'album s'ouvre par la splendide « La prunelle des yeux » à l' écriture concise, limpide mais d'une rare force évocatrice :
« J’ai eu du soleil
Des démons et des merveilles
Plein, la prunelle de mes yeux »
« J’ai eu comme toutes les filles
Des mains sur mes chevilles
Qui font monter les larmes aux yeux »
Et des chansons ciselées où chaque mot, chaque note est comme une évidence posée, comme inévitable, il y en a d'autres qui, parfois, vous plonge dans une mélancolie insondable. La somptueuse « Oceanic sentiment » :
« Se rouler dans la terre humide
Dans l’odeur de l’herbe coupée
Se souvenir de l’amour vide
Etre le seul à aimer »
La magnifique « Je n'ai rien fait » où la voix de Lou est encore plus fragile et troublante. « Tous les jours », « D'avril à juillet » et « La côte sauvage » s'enchaînent et, déjà, le dernier titre. Vingt-quatre secondes minimalistes de guitare électrique scandées de batterie légère et puis :
« D’accord pour la vie
D’ailleurs pour la mort aussi
C’est plié, abandonné
Sur la plage aux crustacés »
Et « Plus rien », la chanson qui clôture l'album se poursuit, parfaite, magnifique, épurée, dans ses boucles lentes électriques pour s'achever par ces mots qui s'étirent :
« Plus rien
Plus de corps, plus d'écran
Plus rien
Dehors, dedans
Plus rien »
Mais l'écoute de Lou ne se résume ni au texte ni au chant. C'est aussi une expérience corporelle où le rythme de ses mots et de sa musique, son souffle, vient s'inscrire. Ses chansons me donnent une envie de bouger lentement, presque lascivement. Il y a une forme de sensualité presque paradoxale avec la teneur de son propos. Je ne sais rien du parcours artistique de cette artiste mais je trouve qu'il y a quelque chose de l'ordre du mouvement, de la danse dans la maîtrise de la durée, de l'ondulation, de l'oscillation lente.
Loin d'une apparente simplicité, le miracle des compositions de cet album est de provoquer une sensation de coulé, d'ondoiement, de mouvement épuré, de fragile retenue. Peu d'albums provoquent de telles sensations.
Simple amateur de musiques, je ne maîtrise ni le vocabulaire ni les codes de la critique et encore moins les subtilités des références musicales. Mais il me semble que Lou trace une voie originale dans la chanson pop française. Un quatrième album serait en préparation. Je l'attends avec impatience.
Les trois albums de Lou sont en écoute et disponibles sur sa page bandcamp. Ne vous en privez surtout pas.
Enfin, l'un de nos duos préférés (Pierre Laplace et Léonie Gabriel) annonce un prochain album pour cet automne. Ils nous offrent en avant-première ce titre où l'on retrouve avec plaisir la voix de Léonie. Une composition délicate de Pierre avec la présence d'un violoncelle.
Profitez-en pour découvrir leurs deux premiers albums sur leur page bandcamp