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10.02.2018

Après avoir écouté « Le seul moment » de Lou

Après avoir écouté « Le seul moment » de Lou

pour Lou

 

Un soir de décembre,

dans ma boîte aux lettres,

déposée par le facteur,

j'ai découvert une enveloppe.

Mes doigts ont deviné votre album.

J'aime à savoir qu'il a parcouru

cette distance entre vous et moi

grâce à des femmes et des hommes,

des porteurs de messages,

d'un temps bientôt révolu

où les mots d'amour

parvenaient avec lenteur

à ceux qui les espéraient.

Je l'ai laissé posé sur la table

seul, en instance.

Je suis parti, appelé par l'ordinaire du quotidien.

Il était là, abandonné sur la nappe de fêtes, rouge.

J'ai juste eu le temps de transférer

sa version numérique sur ma machine à MP3.

Le matin suivant, à six heures,

le vent soufflait et les vagues étaient mauvaises

quand j'ai emprunté la route qui longe la mer.

J'ai rejoint la gare où un TGV

devait m'emporter vers la capitale,

vers les obligations de ce monde.

Et son bruit.

J'étais assis, seul.

J'ai sorti ma machine à fichiers compressés,

posé le casque sur ma tête,

fermé les yeux, appuyé sur la touche lecture.

J'ai passé une partie de mon voyage

en votre compagnie, dans une maison en ruines,

en imaginant votre corps onduler lentement

au son de votre chant – je ne vous ai jamais vue

et écoutée sur scène. Je vous voyais danser,

de ces danses où le corps s'abandonne

au seul moment.

Je vous ai toujours imaginée danseuse

avant même que d'être chanteuse.

Il y a dans vos chansons, leur musicalité,

un ondoiement, une lente pulsation

qui transporte peu à peu dans un état second.

Comme quand, dans l'eau, sur le dos,

au rythme lent de la houle,

le ciel d'été tangue.

Quand j'ai ouvert les yeux,

par la vitre balayée de pluie,

j'ai aperçu des arbres qui pliaient sous les rafales.

J'ai cru y voir de vieux fantômes.

Il y a toujours cette forme de paradoxe

déjà si présent dans votre précédent album.

Elle est votre signature, gravée sur le tronc

d'un arbre au fond de la forêt.

La gravité du propos alliée à cette légèreté

ondoyante. L'épure aussi.

Aller à l'essentiel.

On sort pas indemne de l'écoute

de vos chansons.

Qu'elles nous disent quelque chose de vous

n'a finalement que peu d'importance. Non.

L'essentiel est qu'elles nous parlent de nous.

Un chant universel

qui se déploie dans une grâce ondulante et paisible.

J'ai repris le train, parcouru le chemin

en sens inverse.

J'ai fui le bruit du monde,

j'ai retrouvé la femme qui m'a emmené

loin du pays des ombres.

Vers d'autres contrées.

Des contrées oubliées.

Que je croyais inaccessibles.

Là où le bonheur a le droit d'exister.

Là où le plaisir naît du désir dans les regards.

Là où l'amour n'est pas chimère mais juste

de l'ordre du possible.

 

12.11.2017

Song of the Week : "En ruines" by LOU

Aller à l'essentiel.

D'un seul geste, épuré.

Lentement.

Poser les mots dans un ondoiement.

Le corps envahi par une tendre amère chaleur.

LOU, la grâce, l'élégance.

Tout simplement.

 

Chanson extraite du nouvel album "le seul moment" de LOU.

Je reviendrai sur cet opus, plus tard, après l'avoir savouré, après avoir pris le temps.

 

 

 

Publié dans Music, Song of the Week | Tags : musique, chanson, lou |  Facebook |

11.02.2017

Song of the Week : "ça revient" by Lou

Du retour, de l'absence.

Entêtantes comme toujours, les chansons de Lou.

Avec leurs boucles lancinantes et cette lenteur du chant comme pour mieux s'insinuer dans notre corps.

Juste se laisser porter.

Un album à paraître. L'attente pour mieux savourer.

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29.07.2016

Some Favourite Songs : "Je n'ai rien fait" by Lou

"Je n’ai rien amené avec moi
Je n’ai rien à donner
Que mes larmes"

Chanson magnifique extraite de l'album "Et après, on verra.." paru en 2010. Un nouvel album (enfin) de LOU devrait paraître (date inconnue).

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22.05.2016

En attendant le prochain album de Lou : "Je n'ai rien fait" by LOU

Chanson extraite de l'album "Et après, on verra..", l'un des albums français incontournables de ces dernières années.

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30.01.2016

En attendant le prochain album de Lou : Des frissons. Encore. Encore.

Tu ne sais pas pourquoi, c'est juste comme ça, dès la première écoute, ses chansons t'ont captivé.

Cela ne se contrôle pas un coup de foudre.

Ou est-ce un sentiment de proximité ? Comme si ces paroles, ces ambiances sonores t'étaient familières.

Un autre toi-même.

Marcher pieds nus sur les plages de la côte sauvage. Ces boucles et ces chansons fascinantes. La voix de Lou qui ondoie, qui t'ensorcelle.

Est-ce un inconscient qui entre en résonance avec le tien ? Tu ne sais mais tu as la certitude que le prochain album de cette dame qui ondule, t'envoûtera de nouveau. Comme les précédents., comme le somptueux "Et après, on verra".

En attendant, trois albums à réécouter, trois albums disponibles sur bandcamp.

En attendant, des frissons. Encore. Encore.

 

 

 

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12.03.2015

My Favourite Songs : "Plus rien" by Lou (2010)

Vingt-quatre secondes minimalistes de guitare électrique scandées de batterie légère et puis :

« D’accord pour la vie

D’ailleurs pour la mort aussi

C’est plié, abandonné

Sur la plage aux crustacés »

Et « Plus rien », la chanson qui clôture le superbe album "Et après, on verra..." de LOU en 2010, se poursuit, parfaite, magnifique, épurée, dans ses boucles lentes électriques pour s'achever par ces mots qui s'étirent :

« Plus rien

Plus de corps, plus d'écran

Plus rien

Dehors, dedans

Plus rien »

10.06.2014

My Favourite Albums : "Et après, on verra" by Lou, 2010.

J'ai découvert Lou tardivement, un peu par hasard. Je ne connaissais rien de ses précédents albums. C'est sa prestation dans une émission de France 3 où elle était accompagnée de musiciens en parfaite osmose qui m'a littéralement aimanté. Cette alchimie parfaite entre musique, chant et texte.

Je me suis alors empressé d'écouter et d'acheter cet album. Huit titres et des joyaux, des chansons si parfaites que l'on rêverait d'avoir le talent de les écrire et de les composer. Pour moi, Lou symbolise la grâce, l'élégance et la légèreté dans le paysage français musical, y compris lorsque les thèmes sont des plus graves, des plus mélancoliques, des plus sombres.

L'album s'ouvre par la splendide « La prunelle des yeux » à l' écriture concise, limpide mais d'une rare force évocatrice :

« J’ai eu du soleil

Des démons et des merveilles

Plein, la prunelle de mes yeux »

« J’ai eu comme toutes les filles

Des mains sur mes chevilles

Qui font monter les larmes aux yeux »

Et des chansons ciselées où chaque mot, chaque note est comme une évidence posée, comme inévitable, il y en a d'autres qui, parfois, vous plonge dans une mélancolie insondable. La somptueuse « Oceanic sentiment » :

« Se rouler dans la terre humide

Dans l’odeur de l’herbe coupée

Se souvenir de l’amour vide

Etre le seul à aimer »

 

La magnifique «  Je n'ai rien fait » où la voix de Lou est encore plus fragile et troublante. « Tous les jours », « D'avril à juillet » et « La côte sauvage » s'enchaînent et, déjà, le dernier titre. Vingt-quatre secondes minimalistes de guitare électrique scandées de batterie légère et puis :

« D’accord pour la vie

D’ailleurs pour la mort aussi

C’est plié, abandonné

Sur la plage aux crustacés »

Et « Plus rien », la chanson qui clôture l'album se poursuit, parfaite, magnifique, épurée, dans ses boucles lentes électriques pour s'achever par ces mots qui s'étirent :

« Plus rien

Plus de corps, plus d'écran

Plus rien

Dehors, dedans

Plus rien »

 

 

Mais l'écoute de Lou ne se résume ni au texte ni au chant. C'est aussi une expérience corporelle où le rythme de ses mots et de sa musique, son souffle, vient s'inscrire. Ses chansons me donnent une envie de bouger lentement, presque lascivement. Il y a une forme de sensualité presque paradoxale avec la teneur de son propos. Je ne sais rien du parcours artistique de cette artiste mais je trouve qu'il y a quelque chose de l'ordre du mouvement, de la danse dans la maîtrise de la durée, de l'ondulation, de l'oscillation lente.

Loin d'une apparente simplicité, le miracle des compositions de cet album est de provoquer une sensation de coulé, d'ondoiement, de mouvement épuré, de fragile retenue. Peu d'albums provoquent de telles sensations.

Simple amateur de musiques, je ne maîtrise ni le vocabulaire ni les codes de la critique et encore moins les subtilités des références musicales. Mais il me semble que Lou trace une voie originale dans la chanson pop française. Un quatrième album serait en préparation. Je l'attends avec impatience.

Les trois albums de Lou sont en écoute et disponibles sur sa page bandcamp. Ne vous en privez surtout pas.