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MB&P : Music Books And Poems

  • Manset 2026 - "Je ne veux pas"

    Cela devait être en 1973 ou 1974, je découvrais Manset grâce à un photographe professionnel lors d'un stage "Kodak".

    Je m'en souviens encore : "La mort d'Orion", une gifle, un truc énorme, un OVNI. Et les autres avec "Animal, on est mal".

    Depuis, je n'ai jamais cessé de musarder dans les albums de Manset. Sans être un inconditionnel, sans parfois m'agacer quelque peu. Et puis j'y reviens un jour ou l'autre parce que le bonhomme est unique, il a tenu sa ligne et n'empêche, qui pourrait oser dire qu'il ne sait pas écrire et composer des chansons ?

    Alors, bien sûr, certains diront que les arrangements, les enregistrements avec leurs effets et leur parti-pris (comme dans "Il suffit parfois") datent un peu trop mais peu importe, quand je pose une galette, j'ai toujours un pincement sur un titre ou un autre. C'est comme ça, je n'y peux rien. Manset c'est ma Madeleine.

    Dernier opus avec un titre fleuve "Je ne veux pas"  de plus de 11 minutes, un autre émouvant presque poignant "Ô ma jeunesse" interprété par ce jeune homme de plus de 80 ans et "Mais qui croyez-vous que nous sommes ?" (titre testament ?) dont le texte est dit volontairement par cette voix qui ne cache pas son âge.

    A écouter le dernier titre "Amour a dit", je me dis que, s'il l'avait voulu, il aurait pu sortir une flopée de titres qui auraient épousé la facilité des époques et flirté avec le succès radiophonique. Mais Manset a choisi sa route, en dehors des modes et des compromis.

    Album disponible sur bandcamp (mais oui !).

     

     

     

  • Album of the Month : "The devil's door" by And Also The Trees

    Je sors de ma torpeur, je longe les abers, je dérive vers des iles lumineuses d'une sombre beauté. Mon coeur bat la chamade.

    "The devil's door", dernier opus d'And Also The Trees. 

    Magnifique.

     

  • Album of the Week & Discovery : "On se retrouve à l'intérieur (et si on s'ennuie, on ira prendre l'air)" by Blondbelier

    Ces derniers temps, je sors rarement de mon antre granitique mais, aujourd'hui, je déroge à mon apathie automnale. Un premier album au titre qui a réussi à m'intriguer, est parvenu à réveiller ma carcasse.

    "On se retrouve à l'intérieur (et si on s'ennuie, on ira prendre l'air)" est donc le premier opus de Blondbélier. Pourtant, j'ai failli renoncer. De la lassitude, de moins en moins d'émotions en écoutant de multiples nouveautés. Souvent un goût de réchauffé, une impression de redite, une absence d'être.

    Et puis voilà, je me laisse tenter. Une belle pochette. Je lance la machine à musique.

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    Un premier titre "Aurore" qui m'accroche immédiatement. "C'est comme cela que je suis et je fais au mieux". Immédiatement, je sens qu'il y a vraiment de l'épaisseur, de la profondeur, à petites touches, sans en en donner trop l'air.

    Et les titres défilent à toute vitesse. "Dans le danger" me ferait presque danser. Malin ce "Blondbélier", astucieux même : "J'ai tout au fond du coeur une petite boîte à musique".  

    De la gravité à la légèreté, comme ça, un art de l'imperceptible bascule. "La vie passe" en est l'illustration parfaite, composition à l'image de nos paradoxes.

    Blondbélier, c'est l'art de mettre en scène, en texte et en musique, une histoire ordinaire qui pourrait arriver à tant d'entre nous comme dans "Les roses trémières"

    Blondbélier, c'est Martin Lardé au chant et à l'écriture avec une équipe de musiciens (Polo Leblan, Romain Aweduti et Benjamin Chapelier). Les quatre lascars tissent mots et notes pour faire de chaque chanson un univers singulier.

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    Alors, merci Blondbélier, pour ces notes et ces textes, ces ambiances et ces univers, ces émotions et ces pas de danse. Le ciel vient de virer au gris mais tout au fond, je crois encore voir une touche de bleu.

  • Song of the Week : "Toutes les vies" by Rebeka Warrior

    Le vent et la pluie ont pris possession de mes journées. Mon ciel est gris.

    "Toutes les vies", magnifique chanson de Rebeka Warrior parue il y a quelques semaines, accompagne les bourrasques de vent qui font craquer la charpente de mon antre.

     

  • Album of the Month : "N'être qu'humaine" by Watine

    Depuis des mois, je me terrais. Depuis des mois, j'étais presqu'à terre. J'étais devenu gardien de phare, veilleur d'éclairs. Un peu de lumière pour les nuits d'inquiétude. Plus ou peu de musique, quelques chansons anciennes parfois, de rares lectures. Quasiment disparue l'envie de découvrir d'autres contrées. La musique des vagues me suffisait et celle du vent aussi. Juste cette énergie profonde, cette puissance vitale. Et la nuit, le son du bois des poutres de la maison quand le froid s'installe. La solitude et le silence me convenaient.

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  • A long absence (1) : some forgotten songs & albums (Aure, "A Few Notes)

    Parfois, la vie est ainsi.

    Les envies de musique ou de lecture s'évanouissent.

    Parce qu'elles ne parviennent pas à calmer les peurs, à faire oublier les incertitudes de l'avenir.

    Parce qu'elles ne parviennent plus à mobiliser votre énergie, votre capacité d'attention. 

    Parfois, la vie est ainsi parce que la vie est d'une extrême violence, d'une profonde injustice. Nous n'avons pas demandé à vivre mais nous devons vivre tout ce qui nous arrive.

    Mais la vie est ainsi faite que des envies reprennent leur place.

     

     

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