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16.10.2014

My Favourite Albums : "Fever Ray" by Fever Ray

Premier album solo de Karin Dreijer Andersson paru en 2009. 

Un album superbe.

Publié dans Music, My Favourite Albums | Tags : musique, music, song, fever ray |  Facebook | |

08.10.2014

My Favourite Albums : "Koblenz" by Man from the South

Je crois que je ne vous ai encore jamais présenté en ce lieu Paul van Hulten alias "Man from the South". J'ai découvert un peu par hasard il y a deux ans ce bonhomme qui nous vient des Pays-Bas (oui, oui) avec le titre présenté ci-après en vidéo. Après une petite recherche, je trouve cet album en name your price. Incroyable, ces chansons ont failli ne jamais être enregistrées !

L'artiste prépare la sortie d'un second album que j'attends avec impatience. Avouez que des titres tels que "Welcome To Camacua" ou "Something Made The Streets Melt" méritent le détour. Comme quoi l'abondance d'arrangements, de technologie et tout le reste n'arrivent bien souvent pas à la hauteur de ce genre de production ! Je commence à être désagréable alors autant écouter les chansons de "Man from the South". Son album est toujours disponible sur sa page bandcamp.

05.10.2014

My Favourite albums : "Passover" by The Black Angels, 2006

Il y a dans cet album une énergie brute qui me ravit toujours. Un ensemble quasi parfait, voix, guitares, batterie, drone machine... Leur meilleur album. Déjà un classique.

 

 

05.08.2014

My Favourite Albums : « Third » by Portishead, 2008.

Au risque de surprendre les lecteurs de ce blog, je considère que « Third » est l'un des albums incontournables de ces 25 dernières années.

Au risque de surprendre les lecteurs de ce blog, je considère que « Third » m'est incontournable parce qu'il bouscule ce à quoi je participe, parce qu'il crée une brèche dans ce flot continu du nouveau, du dernier entendu, du tout écouté.

Au risque encore de surprendre les lecteurs de ce blog, je considère que « Third » est par son écriture l'un des albums les plus classiques de ces 25 dernières années dans le paysage de la production industrielle de musique.

Des plus classiques parce que, contrairement à ce que certains ont pu penser lors de sa sortie, déstabilisés par l'apparente rupture de ligne de ce groupe (selon moi, une suite logique à moins de se contenter de la répétition du même), c'est une construction méticuleuse qui y règne, construction qui pourrait s'apparenter à celle d'une pièce symphonique exploitant certains des moyens sonores disponibles de son époque.

Et c'est bien parce qu'il est extrêmement et précisément écrit, suivant une grammaire rigoureuse de la structure qui vise à déconstruire la grammaire que les habitués de ses premiers opus auraient aimé y retrouver, que je considère cet album comme l'un des plus marquants de cette période.

Au-delà des émotions que procurent ses ambiances sombres et fantomatiques, au-delà du premier inconfort, chacun de ses onze titres donne au tout une cohérence implacable :

- les rives sur lesquelles vous nous attendiez ne sont que de sable mouvant ; dans ce lieu, les certitudes rassurantes ne sont pas de mise.

On aurait tort, selon moi, comme pour s'accrocher à la paroi par peur de la chute, de chercher à isoler de cet opus le chant de Beth Gibbons qui, il est vrai, y atteint une rare intensité. Cette voix est un simple instrument jouant de toutes ses variations au service de l'intention du trio, au même titre que l'est cet arrêt net de « Silence » qui ouvre l'opus ou bien encore ces notes de guitare acoustique qui semblent jouées maladroitement dans « The Rip ».

Cet album n'a rien de terrifiant. Non, au contraire, il est réjouissant parce qu'il nous offre la possibilité d'écoutes multiples et renouvelées. Il ne s'épuise pas à la première audition en raison de la profondeur du jeu qu'il proclame.

Parmi les produits multiples de l'industrie de la musique, il est l'un des rares à parvenir à durer dans ce monde où le cycle de vie est des plus réduits. Il parvient à durer parce que, contrairement à ces productions, déjà disparues avant que d'être nées, qui réutilisent sans cesse la même grammaire pour nous rassurer, mieux nous séduire et se vendre, il nous propose par son travail sur les conventions - qui n'a rien de novateur au demeurant dans l'histoire de la musique, une autre alternative que le simple coup de cœur, que le simple achat compulsif.

Parvenir à durer, c'est aussi en cela qu'il est un album des plus classiques de ces 25 dernières années.

 

P.S. : Si des lecteurs souhaitent réagir à cette chronique, qu'ils n'hésitent pas ! Le débat et la controverse ont mes préférences.

24.07.2014

Song of the Week & Review : "Un secret" by Forêt

Je crois que je ne vous ai pas encore parlé ici de ce duo de Montréal. Alors, il est temps de vous le faire découvrir avec leur toute dernière chanson "Un secret" qui annonce leur futur opus qui sera le second.

Forêt qui réunit Émilie Laforest et Joseph Marchand, a sorti un premier album éponyme en 2013 avec de très beaux textes écrits par Kim Doré et des compositions délicates du duo. C'est un album qu'il faut prendre le temps de découvrir. Écouter un peu puis y revenir doucement, se laisser porter par les paroles et les harmonies.

Parmi mes préférées, la magnifique "L'amour de marbre", la somptueuse "Le sucre de mes larmes", la tendre "Repose-toi bien (pour Thomas)"

22.07.2014

My Favourite Albums (covers) : "Stolen" & "Extra Covers Collection" by Lotte Kestner

Voilà un moment que je suis la carrière solo d'Anna-Lynne Williams sous le nom de Lotte Kestner. La dame est prolifique et a multiplié les projets musicaux et collaborations : auteure, chanteuse et guitariste des Trespassers William, duo Ormonde plus récemment avec Robert Gomez entre autres

J'ai un faible pour sa discographie solo, notamment ses deux albums de reprises "Stolen" et "Extra Covers Collection" auxquels on pourrait aussi associer son album de versions solo de chansons des Trespassers William.

La dame est une sorcière. Ecouter son chant retentir dans ces versions dépouillées, minimalistes, ralenties, vous fait frissonner. Magistral !

 

 On trouvera ces trois albums sur sa page bandcamp.

Et puis, pour ceux qui voudraient écouter encore quelques mélopées de la dame, voici "Cliff", titre figurant sur l'un de ses albums paru en 2013, "The Bluebird of Happiness".

05.07.2014

My Favourite Albums : "Felt Mountain" by Goldfrapp, 2000.

Premier album du duo anglais, album inégalé et magnifique !

Neuf titres dont, peut-être le plus connu "Lovely Head", tous superbes et à re-découvrir tels le somptueux "Horse Tears".

Ce n'est pas seulement le talent de chanteuse d'Alison Goldfrapp qui est à souligner dans cet opus mais aussi la qualité des compositions et des chansons qui y figurent. Qualité que les deux complices n'ont jamais réussi à égaler (peut-être parfois dans "Seventh Tree" et "Tales of Us").


Cet album reste associé pour moi à un instant précis : j'étais en vacances, je roulais sur une petite route tortueuse de montagne, il faisait nuit, soudain les premières notes de "Lovely Head" puis la voix d'Alison Goldfrapp ont retenti sur l'auto-radio !

Dès le lendemain, j'ai cherché le disque. Impossible de le dénicher chez les disquaires du coin (et oui, il en existait encore quelques uns). J'ai fini par le trouver plusieurs semaines après dans une grande ville à un prix prohibitif !

Depuis, cet album est resté gravé dans ma mémoire. Un son inoubliable, une voix inoubliable.

18.06.2014

My Favourite Songs : "Tiger's net" by Synne Sanden (remix)

Je consacrerai sans doute un jour une chronique à cette jeune artiste norvégienne lors de la sortie d'un nouvel album. Elle fut l'auteur d'un magnifique premier album "When Nobody's Around" en 2011.

14.06.2014

Music review : Duo "Blanche as a name"

Retenez bien le nom de ce duo formé par Bénédicte Monat et Sébastien Pasquet (TRISTEN, C++ et autres projets). Je l'ai découvert avec leur premier EP "Ravens" paru en 2012. Auteurs d'une reprise savoureuse et originale (ça change des imitations) de "Fais-moi mal, Johnny!", ils se révèlent encore plus avec leurs propres titres qui sont de petits bijoux parfaitement ciselés. Jeux de guitares, chants et chœurs parfaits, ambiances toutes en nuance et délicatement écrites telles le magnifique titre "Dove".

On sent bien que ces deux-là dont les voix s'accordent merveilleusement, ont peaufiné tels des artisans leurs chansons à l'atmosphère parfois progressivement inquiétantes. Aucun titre à négliger de "Frost" et ses notes de guitare électrique à "Hear This" au son folk et aux magnifiques arrangements vocaux.

En 2014, le duo a signé un deux titres chez Bleeding Gold Records. Les deux chansons "Ophelie" et "Judgment Day" confirment ce que je pensais d'eux. Je pense même qu'ils deviennent encore plus efficaces vocalement et musicalement.

Il serait logique que la qualité atteinte aboutisse à la sortie d'un LP. Alors, faites connaître, partagez !

Il est impensable qu'un groupe tel que celui-ci demeure confidentiel !

L'ep "Ravens" (5 titres et 1 reprise) est en vente sur leur page bandcamp à un prix modeste alors, franchement, achetez-le parce que, quand ils seront connus et re-connus, vous aurez au moins le plaisir de vous dire tout doucement et discrètement que vous y aurez modestement contribué !

Le double single est disponible chez Bleeding Gold Records.

10.06.2014

My Favourite Albums : "Et après, on verra" by Lou, 2010.

J'ai découvert Lou tardivement, un peu par hasard. Je ne connaissais rien de ses précédents albums. C'est sa prestation dans une émission de France 3 où elle était accompagnée de musiciens en parfaite osmose qui m'a littéralement aimanté. Cette alchimie parfaite entre musique, chant et texte.

Je me suis alors empressé d'écouter et d'acheter cet album. Huit titres et des joyaux, des chansons si parfaites que l'on rêverait d'avoir le talent de les écrire et de les composer. Pour moi, Lou symbolise la grâce, l'élégance et la légèreté dans le paysage français musical, y compris lorsque les thèmes sont des plus graves, des plus mélancoliques, des plus sombres.

L'album s'ouvre par la splendide « La prunelle des yeux » à l' écriture concise, limpide mais d'une rare force évocatrice :

« J’ai eu du soleil

Des démons et des merveilles

Plein, la prunelle de mes yeux »

« J’ai eu comme toutes les filles

Des mains sur mes chevilles

Qui font monter les larmes aux yeux »

Et des chansons ciselées où chaque mot, chaque note est comme une évidence posée, comme inévitable, il y en a d'autres qui, parfois, vous plonge dans une mélancolie insondable. La somptueuse « Oceanic sentiment » :

« Se rouler dans la terre humide

Dans l’odeur de l’herbe coupée

Se souvenir de l’amour vide

Etre le seul à aimer »

 

La magnifique «  Je n'ai rien fait » où la voix de Lou est encore plus fragile et troublante. « Tous les jours », « D'avril à juillet » et « La côte sauvage » s'enchaînent et, déjà, le dernier titre. Vingt-quatre secondes minimalistes de guitare électrique scandées de batterie légère et puis :

« D’accord pour la vie

D’ailleurs pour la mort aussi

C’est plié, abandonné

Sur la plage aux crustacés »

Et « Plus rien », la chanson qui clôture l'album se poursuit, parfaite, magnifique, épurée, dans ses boucles lentes électriques pour s'achever par ces mots qui s'étirent :

« Plus rien

Plus de corps, plus d'écran

Plus rien

Dehors, dedans

Plus rien »

 

 

Mais l'écoute de Lou ne se résume ni au texte ni au chant. C'est aussi une expérience corporelle où le rythme de ses mots et de sa musique, son souffle, vient s'inscrire. Ses chansons me donnent une envie de bouger lentement, presque lascivement. Il y a une forme de sensualité presque paradoxale avec la teneur de son propos. Je ne sais rien du parcours artistique de cette artiste mais je trouve qu'il y a quelque chose de l'ordre du mouvement, de la danse dans la maîtrise de la durée, de l'ondulation, de l'oscillation lente.

Loin d'une apparente simplicité, le miracle des compositions de cet album est de provoquer une sensation de coulé, d'ondoiement, de mouvement épuré, de fragile retenue. Peu d'albums provoquent de telles sensations.

Simple amateur de musiques, je ne maîtrise ni le vocabulaire ni les codes de la critique et encore moins les subtilités des références musicales. Mais il me semble que Lou trace une voie originale dans la chanson pop française. Un quatrième album serait en préparation. Je l'attends avec impatience.

Les trois albums de Lou sont en écoute et disponibles sur sa page bandcamp. Ne vous en privez surtout pas.

09.06.2014

Music : "Citizen Helene", une étoile dans la nuit.

En cette journée pluvieuse et orageuse qui s'étire, je réécoute cette voix chaude et sensuelle. Le vent pousse des nuages noirs, l'orage menace, les chansons de « Citizen Helene » s'élèvent douces et limpides.

Parfois, dès les premières notes chantées, vous sentez un instant magique vous saisir, vous happer. Vous savez que vous n'aurez qu'une seule envie : le retrouver même si, à peine né, il est à jamais disparu. Vous restez là, étonné, incapable d'analyser l'émotion ressentie, littéralement pris par la voix et les harmonies. Ces instants lumineux et soyeux sont offerts par de rares artistes. Helene Bradley, auteur-compositeur, guitariste, interprète, est de ceux-là : voix suave, nuances du chant, compositions délicates, atmosphères mélancoliques, poétiques aux accents jazzy et folk.

Bientôt les éclairs vont zébrer le ciel sombre, et puis la nuit tombera, les notes de « Sunday Morning Light » résonneront encore. Une voix en or hantera l'obscurité.

Ep éponyme disponible sur sa page bandcamp en espérant un jour un album. Il est impossible qu'une voix telle que celle-ci reste méconnue.

08.06.2014

"Hot Dreams" by Timber Timbre.

Nul n'est besoin de présenter ce dernier album qui a fait l'objet de multiples chroniques dans revues et blogs. J'ai suivi Timber Timbre depuis l'époque où le succès n'était pas encore aussi large que maintenant.

Décontenancé par le premier titre "Hot Dreams" dévoilé avant la sortie de l'album puis un peu agacé du concert de louanges dans la presse et les blogs musicaux, bien souvent prompts à encenser les groupes ou artistes dès lors que le succès commercial est au rendez-vous, j'ai bien failli ne pas l'écouter !

Heureusement, j'ai cédé et je ne le regrette pas.

Il y a cette voix unique et cette musique cinématographique.

Des titres superbes tels "The Three Sisters", "Beat the Drum Slowly" ou bien encore "Curtains?!"

 

 

Music Albums Review : duo RØST, Ditte Rønn & Søren Bebe

Il y déjà presque deux ans, j'ai écrit un texte qui connut de multiples versions. Un texte inspiré par l'écoute du duo danois RØST composé de Ditte Rønn et Søren Bebe. Chacun de ces artistes a aussi tracé sa voie musicale que je présenterai dans cette chronique.

Voici l'une des versions de ce texte qui n'a pas disparu du monde numérique en guise d'introduction, accompagnée de l'une des chansons qui l'inspira.

Voce

Posée sur le silence

une note de clavier

délicate éphémère

dissipe la brume qui couvre la plaine assoupie

Au loin

à peine visible

un océan de souvenirs amers

que trouble l'écume grisâtre des vagues

Dans l'immensité

plus douce que la peau des paupières

une voix de femme s'élève

Lentement

la mélancolie s'insinue

le chant emplit l'espace

cristallin

et l'air vibre d'arpèges lumineux

Quelque part

lancinant

le son d'un portail abandonné

qui grince sous le vent

Les vocalises se déploient résonnent s'éteignent

Murmures

La note retentit encore

suspendue

puis meurt

Ne demeure précieux

qu'un instant fragile de bonheur.

La collaboration des deux artistes danois a donné naissance à trois albums. « Improvisationer » en 2009 composé de 12 titres piano-voix où le jeu de Soren et la voix chaude de Ditte font merveille comme dans le très beau « Seks » :

Le magnifique « Drømte mig en drøm » paraît en 2011. Le duo revisite magistralement des titres traditionnels, appartenant au folklore danois. Le disque est ouvert par le somptueux « Jeg gik mig ud en sommerdag » et offre avec ses huit titres des ambiances splendides :

En 2013, paraît la musique composée par le duo pour « Dokumentaristen » un spectacle écrit et mis en scène par la compagnie théâtrale danoise « Team Teatre ».

Mais, chaque artiste développe aussi ses projets personnels.

L'année 2012 voit le premier album solo de Ditte Rønn paraître : « Echoes of Madeleine » avec la collaboration de Sune Skuldbøl Vraa Nielsen. 

Douze titres le composent dont les très beaux « Here I Am », « Emotianal »,« Recovering », « I Go As Deep As I Can Go », « The Sea », « Be Kind » ou « I Won't Tell ».

Variant les ambiances, le disque montre les talents de chanteuse, d'interprète et de compositrice de Ditte Rønn.

 

Quant à Søren Bebe, il poursuit sa carrière de pianiste mais aussi de compositeur. Il connaît un succès de plus en plus important avec son trio, notamment avec l'album "A Song for You" paru en 2012 qui comporte de lumineuses compositions :

 

 

03.06.2014

Albums & Book Review : « The Art of the Demo » by Cheval Blanc. « Collège » by Jérôme-David Suzat-Plessy, éditions Bruit Blanc, 2012.

Il est des rencontres fortuites qui vous plongent dans un état particulier. Sans que vous sachiez vraiment l'expliquer, vous avez l'impression qu'elle était inévitable, indispensable, comme un "déjà-là" et qu'elle ne pourra plus vous quitter.

Une compagnie précieuse qui fait irruption dans votre vie, rare, inestimable, tellement précieuse et familière, tellement fragile et indissociable de votre intimité que vous hésitez à la partager.

L’œuvre de Cheval Blanc (projet solo de Jérôme-David Suzat) est de l'ordre de ces rencontres qui, instantanément, entrent en résonance avec ce qui vous constitue au plus profond et que vous ignorez. Un autre vous-même.

Je ne connais rien de la vie d'homme de cet artiste. Cela n'a aucune importance. Cela n'est d'aucun intérêt.

Par contre, ce que je sais de son œuvre, c'est qu'elle constitue l'une des plus belles découvertes de ces dernières années dans les sentes musicales que je parcours.

Rencontre irrémédiable, définitive, radicale, de l'ordre du tout ou rien. Écouter Cheval Blanc est une épreuve parce qu'il ne peut y avoir de demi-mesure. Adhérer, être conquis ou rejeter, ne pas vouloir entendre ce qui dérange.

L’œuvre de Cheval Blanc est une alchimie quasi miraculeuse.

Entre cette voix fragile et pourtant si puissante dans sa capacité expressive, à la limite de la fêlure et de la brisure, à la lisière des forêts sombres qui nous hantent.

Entre ces textes où rythme et sonorité sont tout aussi importants que sens et lyrisme, où vous croyez entendre le souffle de l'auteur jaillir, fulgurant.

Entre des compositions – omniprésence du piano - qui démontrent que le dépouillé génère beaucoup plus d'émotions que la profusion d'arrangements et la sophistication technologique.

Et puis il y a le son de « The Art of the Demo ». Ce son artisanal qui justement apporte la couleur nécessaire, indispensable pour créer cet ensemble unique, cette ode viscérale. J'ose même affirmer que, sans ce son, l’œuvre de Cheval Blanc n'aurait pas la même portée, la même puissance évocatrice. A se fondre dans les productions actuelles, elle aurait tout y à perdre.

Je crois avoir lu, dans l'une des rares interviews disponibles de Cheval Blanc, qu'il avait envisagé d'interpréter des chansons avec un quatuor à cordes. Pourquoi pas, mais alors je l'imagine avec l'intensité d'un jeu de cordes comparable à celui de Casals dans les Suites de Bach.

Intensité justement de la première chanson qui ouvre le troisième opus au titre "Rouge" chargé de symbolique.

« Il faut écrire lentement le nom des gens que l'on aime », c'est ainsi que débute « Le poème lent », titre peut-être le plus intense grâce à la maîtrise de la durée, à la lenteur instaurée entre notes du piano et chant.

Tel un danseur qui, par les variations du mouvement, crée des ruptures dans l'espace-temps, Cheval Blanc nous transporte, dès les premières notes et mots chantés, dans son univers où l'amour, la nostalgie, la souffrance, la passion, la mélancolie mais aussi l'élégance occupent cette place particulière qui suspend le temps.

Temps de l'amour, temps de la perte déjà-là, irrémédiable.

Et si Cheval Blanc nous capture, nous saisit, nous happe, ce n'est pas seulement grâce à ses textes. C'est aussi parce que sa voix, sa diction, son phrasé se marient parfaitement aux musiques qui portent ses paroles, épousent la chair de ses mots. Quoi qu'il pense de sa voix et de sa justesse, aucun doute permis. Cette voix qui incarne l'essence de ses textes ne peut qu'être.

Il y a une musicalité étonnante dans le travail de Cheval Blanc, musicalité de la langue - cet homme aime les mots - qui en fait, sans aucun doute, l'un des auteurs-compositeurs interprètes incontournables de ces dernières années. Méconnu du grand public tel un Marcel Kanche mais indispensable.

Et puis, il y a aussi ce sens de la mélopée, cette linéarité comme dans « I love you so much » ou bien encore dans "du Chaoos". Magistral.

Musicalité des textes, souffle rythmique, notables aussi dans son recueil « Collège » publié chez le même éditeur Bruit Blanc dont il convient de souligner la qualité du travail éditorial.

Ces qualités, ces fulgurances, nous les avions déjà découvertes dans des chansons magnifiques de ses deux précédents EP : « Ma ville », « A la mort du monde », « Les amants morts », « La révolution est un jeu d'enfant » et bien d'autres.

Si Cheval Blanc est un habile artisan de la mélodie – il n ' y a qu'à écouter « Alcool », il est aussi fort habile pour insérer de petites touches à ses chansons qui donnent cette coloration particulière : les voix sur « Garce ! » ou « L’assassin » par exemple.

Il y a aussi, comment trouver les mots, comme une délicate fraîcheur, une douce brise d'adolescence, un romantisme dont on avait oublié les envolées, une incandescence dans ses chansons et poèmes.

Cheval Blanc nous conduit vers des contrées inestimables. Enfermés dans nos vies de cellophane aseptisées, nous avions presque oublié que nos existences étaient habitées par l'amour et la passion. Un cortège d'espoir, de plaisirs et de désir. Un cortège de peurs, de souffrances et de désespoir aussi.

Et cela fait un bien infini.

C'est certain, Cheval Blanc est condamné. Condamné à nous offrir une nouvelle suite à « The Art Of The Demo #3».

L'album et les deux EP sont en en écoute et en vente ici :

EP Révélations

EP Révolutions

Album Rouge

Le recueil de poèmes « Collège » est disponible ici :

Collège