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07.11.2015

Books : "Le printemps d'Oan" Eric Wantiez et Marie Deschamps

La dernière page refermée, tu demeures là, comme suspendu dans le temps.

Le livre entre les mains, tu voudrais que le voyage dure encore et encore.

Juste se laisser porter par les émotions, laisser courir son imagination, poursuivre l'histoire.

Tu as dû mal à mettre des mots sur ce que tu ressens.

Comment transcrire cet univers ?

Comment dire la sensibilité, la légèreté, l'intensité, la poésie et le tragique d'un roman ?

Il y aurait pourtant tant à dire de la ligne de Marie Deschamps, somptueuse, épurée, sensible. De son art du noir et blanc. De ses touches de couleur, ça et là.                     

Il y aurait tant à dire de cette construction, de ce graphisme, de la beauté de ces pages.

Il y aurait tant à dire de cette nouvelle collaboration avec Eric Wantiez, de cette capacité à traiter des sujets les plus graves avec délicatesse.

Des touches légères, quelques mots, un récit épuré.

Lumineux.

Vous pouvez offrir ce magnifique roman graphique en le commandant sur la boutique des éditions comme une orange.

N'hésitez pas.

 

 

14.04.2015

Books : à lire ou à relire n°9, "Le chat qui venait du ciel" de HIRAIDE Takashi

litérature, roman, livre, books

Comme un instant d'apaisement dans le tourbillon de nos vies quotidiennes, ce court et premier roman de HIRAIDE Takashi doit beaucoup à son écriture délicate, aux descriptions de ce jardin d'une ancienne demeure japonaise où un chat va faire irruption dans la vie d'un couple. 

L'auteur, considéré comme l'un des plus grands poètes contemporains de son pays, réussit à faire de cette histoire qui pourrait être somme toute banale un moment gracieux, un récit où la légèreté apparente ne peut masquer sa profondeur. 

Publié en français en 2004, le livre est disponible en poche chez Picquier.

Le chat qui venait du ciel, HIRAIDE Takashi, traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu, collection Picquier poche, 2006.

 

 

18.03.2015

"Le printemps d'Oan", un roman graphique à soutenir en pré-commandant

J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer les romans graphiques créés par Marie Deschamps et Eric Wantiez. Un nouveau roman graphique de ces deux auteurs va paraître aux éditions "comme une orange" en mai 2015. Pour soutenir la parution de cet ouvrage, il vous est possible de le pré-commander, ce qui permettra d'aider à financer la fabrication. Les souscripteurs recevront en plus du livre un ex-libris exclusif.

Je ne connais aucun de ces auteurs ni leur éditeur associatif. Je n'ai pas l'habitude de signaler des livres ou disques en contrepartie d'un envoi gratuit ou autre avantage.

Quand on a apprécié les précédentes créations d'auteurs,

quand on connaît un peu les difficultés que la majorité d'entre eux a pour vivre de ses créations,

quand on a envie que des ouvrages de qualité puissent continuer à exister,

alors un acte modeste est facile à effectuer.

Je n'ai pas hésité.

L'ouvrage est en pré-commande sur le site de l'éditeur au prix de 12€ (livraison comprise).

 

11.03.2015

Books : à lire ou à relire n°8, "Les années douces" de KAWAKAMI Hiromi

litérature,roman,livre,books,kawakami hiromi,les années douces"Les années douces" de KAWAKAMI Hiromi, traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu, collection Picquier poche, poche n° 244, 2005.

Où il est question de la rencontre de Tsukiko et de son ancien professeur de japonais, "le maître".

Où il est question de petits riens, de saké et de plats divers qui accompagnent sa consommation.

Où il est question de base-ball, de champignons, de solitude, de rendez-vous et d'amour.

Un roman construit comme une succession de courts récits.

Un roman d'une grande légèreté, d'une grande délicatesse, écrit dans un style qui pourrait paraître simple mais qui peu à peu vous envoûte et vous entraîne à suivre la narratrice jusqu'à la fin de ces années douces

Des dernières pages magnifiques.

03.03.2015

Books & Music : "Pour détruire le chagrin du monde" by Belle Arché Lou

littérature,livre,musique,belle arché lou,isti mirant stellaPrendre le temps de lire les messages que des inconnus vous adressent

Prendre le temps d'écouter ce que des inconnus vous envoient

C'est la moindre des choses

C'est comme signifier une marque de respect à ceux qui nous offrent leurs créations

Nulle obligation d'apprécier

Non

Juste prendre le temps de la découverte

C'est ce que j'ai fait avec la première publication des éditions ISTI MIRANT STELLA, une belle création, un livre composé par le groupe Belle Arché Lou à partir de leur morceau instrumental « Pour détruire le chagrin du monde ».littérature,livre,musique,belle arché lou,isti mirant stella

En fait, il s'agit d'une idée séduisante : un objet livre combiné avec un morceau présenté dans une version inédite que vous pouvez télécharger grâce au coupon cartonné inséré dans votre exemplaire commandé.

Je ne veux pas dévoiler le contenu du livret mais j'ai vraiment eu un coup de cœur pour la conception de ce bien bel objet. 

Cela fut aussi l'occasion de découvrir ce groupe qui annonce ses intentions ainsi sur sa page FB (sur laquelle on pourra apprendre les raisons du nom de groupe) :

Belle Arché Lou joue pour tenter de ne pas l'oublier, pour détruire le chagrin du monde et pour quelque fois trembler d'être émerveillé. Belle Arché Lou n'est rien de plus que çà, un projet musical au vibraphone et à la guitare classique mené par les frères Wesley et Alexis Paul, en hommage à ces libertés, qui, comme le disait Nerval, prouvent que "l'expérience de chacun est le trésor de tous".

Le livre est en vente sur la page bandcamp d'ISTI MIRANT STELLA, jeune maison d’édition dédiée à la publication d’œuvres musicales et poétiques. Espérons qu'elle nous proposera bientôt une nouvelle surprise.

Vous pouvez découvrir et vous offrir les albums de Belle Arché Lou sur bandcamp.


19.02.2015

Books : A lire ou à relire n°7

litérature,roman,livre,books,sara stridsberg,la faculté des rêves« La faculté des rêves » de Sara Stridsberg, traduit du suédois par Jean-Baptiste Coursaud. Stock 2009.

Il est des livres qui vous heurtent, ne vous ménagent pas, qui fouillent le sombre et même si vous avez envie de ne plus les lire, ils reviennent à l'assaut, implacables. La lecture enfin achevée, ils demeurent encore là, vous vous doutez qu'ils resteront sans doute à jamais gravés dans un pan caché de votre mémoire.
"Mars" de Fritz Zorn fut l'un des ces livres qui ne me laissa aucun répit. "La faculté des rêves" de la romancière suédoise Sara Stridsberg appartient aussi à cette catégorie : une construction tel un corps démembré, fragments tantôt poétiques, fantasques ou triviaux, texte hétérogène mais extrêmement maîtrisé, texte inventé et non biographique.
Le personnage central en est Valerie Solanas, féministe améri­caine, auteur d'un texte (SCUM Manifesto) appelant à créer une société sans hommes.Connue pour avoir tenté, en 1968, d'assassiner Andy Warhol, elle mourra seule d'une pneumonie dans une chambre d'hôtel vingt ans plus tard.
Texte noir, parfois lumineux, parfois insoutenable qui vous emmène aux côtés d'une femme pleine d'énergie, irrémédiablement blessée, intellectuelle, prostituée, à la limite de la folie, féministe, auto-destructrice et au destin tragique. Une fiction poignante.
Pour terminer, un entretien de Sara Stridsberg avec Sylvain
Bourmeau de Mediapart à l'occasion de la parution de son livre :


Sara Stridsberg, La Faculté des rêves (Mediapart) par Mediapart

16.02.2015

A lire ou à relire n°5

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« Je suis jeune et riche et cultivé ; et je suis malheureux, névrosé et seul .»

Ainsi s'ouvre « Mars » de Fritz Zorn, récit dont la lecture fut l'une des plus éprouvantes parmi toutes celles que j'ai eu l'occasion d'effectuer en plus de quarante ans.

Texte qui constitue une épreuve pour le lecteur, texte sans ménagement, texte fulgurant, qui, selon l'auteur, n'est pas son autobiographie mais « l'histoire d'une névrose ou, du moins, de certains de ses aspects ».

Mais ce récit ne peut se résumer à son seul contenu. C'est aussi une écriture en parfaite adéquation avec le propos, écriture que la traduction ne semble pas trahir, écriture de la sentence lapidaire, écriture où sous le sens de la formule perce le désespoir, écriture sans atours, acérée, chirurgicale, tranchante comme un scalpel. Écriture qui est l'instrument d'une « vivisection » pour reprendre le terme employé par l'auteur de la remarquable préface - que je recommande de lire après et non avant ce récit.

Il serait inadéquat de détailler le contenu du livre et l'histoire de cet auteur.

Seule la confrontation à l' « ironie tragique » de ce texte permet d'en saisir la portée.

Seule l'expérience radicale de la solitude avec ce texte vaut.

« Mars » de Fritz Zorn, traduit de l'allemand par Gilberte Lambrichs, préface d'Adolf Muschg, Gallimard, 1979. Réédité en collection Folio.

07.08.2014

A lire ou à relire n°6

En cet été qui invite à la flânerie livresque, je vous propose de partir à la (re)découverte d'ouvrages que l'on classe souvent et à tort, selon moi, dans la littérature pour la jeunesse.

Une parenthèse avant de les présenter : si je m'étais contenté de lire les ouvrages recommandés pour la jeunesse, je n'aurais jamais découvert « Les Fleurs du mal » à l'âge de 12 ans, ni dévoré « Le Mur » de Sartre et bien d'autres encore avant que l'on me parle de ces auteurs au collège et au lycée (et malheureusement que l'on m'en écœure parfois...). Tout cela pour recommander à ceux que l'on dénomme des adultes de lire aussi des livres pour la jeunesse.

Cette fois-ci donc, non pas un ouvrage mais plusieurs, dénommés des romans graphiques et dont les auteurs sont Eric Wantiez et Marie Deschamps. Leur collaboration a donné naissance à plusieurs ouvrages  Chacun est un pur régal, que ce soit au niveau de l'écriture du texte ou de l'écriture graphique :

« Un secret » où le texte et le dessin se combinent pour nous raconter avec sensibilité et poésie une magnifique histoire qui prend son origine avec un grand-père et son petit-fils : un livre tout en légèreté sur le partage.

"Nino" où l'on appréciera notamment le travail graphique de Marie Deschanps.

« Pierre et Lou » dont le thème classique est traité avec délicatesse.

Je trouve que ces deux auteurs se complètent admirablement l'un et l'autre. Par les mots ou le trait, ils font preuve d'une grande sensibilité pour traiter de thèmes universels.

Un nouveau roman « Le printemps d'Oan » est prévu en 2015.

Les ouvrages sont disponibles aux éditions "Comme une Orange", vous pouvez aussi les commander chez votre libraire. Alors n'hésitez pas, ceux qui peuvent parler du monde avec poésie aux plus petits et plus grands sont de plus en plus rares, il est nécessaire de soutenir leur travail indispensable.

Marie Deschamps a mis aussi en ligne 16 collodions réalisés à partir de son travail sur Le secret et des sérigraphies superbes. C'est par ici : http://mariedeschamps.blogspot.fr/

Elle est aussi l'auteur d'un blog où elle partage des réflexions et des dessins : http://whatmd.blogspot.fr/

Eric Wantiez est lui aussi auteur d'un blog consacré à ses réflexions sur le métier, le travail et la condition d'auteur : http://ericwantiez.blogspot.fr/

24.07.2014

Books : « Sauver Mozart » de Raphaël Jerusalmy

littérature,roman,books,livre,sauver mozart,raphaël jerusalmyPublié chez Actes Sud en 2012, ce court roman est un récit inoubliable porté par une écriture magnifique.

Rongé par la tuberculose, Otto J. Steiner. critique musical, commence à tenir un journal en juillet 1939 alors qu'il est dans un sanatorium de Salzbourg. Il adresse aussi des lettres à son fils dont il est sans nouvelles.

Impossible de dévoiler ce qui constituera selon ses mots son « seul acte de résistance » et qui lui donnera le sentiment d'avoir accompli son « devoir » dans ce monde qui bascule dans l'une des périodes les plus sombres de son histoire.

Sens de la formule, ironie, cruauté, acuité du regard, humour glaçant, gravité, auto-dérision, les qualificatifs multiples qui pourraient être employés indiquent combien ce roman est un grand texte. Par une écriture resserrée et d'une grande précision, en moins de 150 pages, tout est dit sur cet implacable joug qui s'exercera dans tous les domaines y compris dans celui de l'art, tout est dit sur cette idéologie qui planifiera l'Holocauste.

Le roman est suivi d'une page où figure un texte de quelques phrases dont celles-ci que je ne peux m'empêcher de citer, moi qui consacre aussi des chroniques à la musique :

« Aucun des musiciens et chefs d'orchestre mentionnés dans le journal d'Otto ne prit jamais la défense de la liberté d'expression ni ne prêta la moindre assistance à ses collègues persécutés. Après la guerre, tous jouirent de l'admiration sans réserve des mélomanes du monde entier ».

20.07.2014

Books : A lire ou à relire n°2

littérature,nouvelle,livre,books,haruki murakami,tony takitaniIl est devenu un romancier médiatisé. Chacun de ses nouveaux romans connaît un succès important. Pourtant, je ne suis pas certain que ses derniers ouvrages soient les plus réussis.

Je crois que je préfère le Haruki Murakami de « Tony Takitani ».

Je crois que je préfère cette légèreté profonde dans la concision. 

Cette nouvelle a été adaptée en 2006 au cinéma mais c'est avant tout ce court texte, fragile, épuré, limpide, mélancolique et gracieux qui mérite le détour. 

Ce récit dont je ne vous dévoilerai pas le ressort insiste entre autres sur l'isolement, la profondeur de la solitude.

La nouvelle s'achève ainsi : "Une fois que les cartons de disques eurent disparu de la pièce, il se retrouva seul, pour de bon cette fois."

Alors, pour savoir pourquoi Tony Takitani s'appelle ainsi, pourquoi il contempla longuement d'un œil vague les vêtements de sa femme, empressez-vous de lire cette nouvelle si vous parvenez à la trouver car elle fut distribuée gratuitement par Belfond lors de la sortie du film en 2006.

15.07.2014

Books : A lire ou à relire cet été n°1

L'été qui s'installe me rend paresseux.

Alors, j'ai décidé de partager cet été des livres qui ne sont plus d'actualité.

Des livres à relire ou à découvrir, installé confortablement dans une chaise longue sous l'ombre protectrice d'un mûrier.

Des livres qui furent des compagnons reposants ou bouleversants.

Évidemment, je suis bien conscient de ne pas participer à ce torrent continu et entretenu par blogs et pages diverses : le dernier paru, le dernier entendu, celui qu'on a lu ou entendu et qui va prochainement paraître.

Non, dans ce flot incessant auquel je contribue aussi, j'ai décidé d'inscrire une pause, d'introduire de la lenteur, d'étirer le temps, d'insérer l'attente.

Mon premier choix, traduit de l'italien, débute ainsi :

" Il n'est pas dit que Kublai Khan croit à tout ce que Marco Polo lui raconte [...]".

Ce texte est l'un des plus remarquables que je connaisse sur la ville.

Ce livre s'intitule "Les villes invisibles" et l'auteur en est Italo Calvino.

Un autre jour, peut-être, je vous reparlerai de ses romans et de ses essais tels ceux réunis dans "La Machine Littérature". Aujourd'hui, pas de vignettes, pas de photos, pas de liens. Ceux qui le voudront n'auront aucun mal à le trouver. Je l'espère en tout cas.

Les villes invisibles. Italo Calvino (traduction par Jean Thibaudeau), Edtions du Seuil, 1974. Disponible en poche (Folio, Gallimard).