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Album Review - Page 2

  • Album of the Month : "Un nid" by Marcel Kanche

    La pluie détrempe la terre. Le vent épouse l'ardoise, fait vaciller la charpente plus que centenaire. Je me terre. Je me terre dans mon antre de granit et de bois. Le ciel est de la couleur des cendres. Je rêve d'une plage dorée où s'étendre et rêver. La mer, à quelques encablures, dévoile ses crocs blancs. Novembre et ses ombres me taraudent. Novembre et ses décombres me font douter. Douter de l'humanité. Arracher la mousse, le lierre et l'écorce. Fouiller le sombre, ronger le cœur, écouter la voix des ombres. De douleur, la mémoire vouloir dissoudre et ne pas pouvoir.

    La pluie fait chanter le verre. Dans la pénombre, j'écoute le dernier opus de Marcel Kanche. Les mots et les notes sont sa matière. Le soc qui fouille la terre, le burin qui creuse la matrice. J'écoute son chant, sa voix, sa musique et ses textes qui m'emportent en des contrées précieuses, inestimables, indispensables. 

    La pluie continue de balayer la venelle. Je reste là, dans la pénombre, je reste là, vivant sur terre, avec ces dix titres.

    De "J'aurais pu" à "Sur terre", un voyage aux émotions indescriptibles. Outre les siens, des textes de Gildas Veneau (superbe "Broyant la lumière"), de Bertrand Belin ("Figure") et de Virginie Despentes ("Un passage"). Des textes comme une évidence dans l'univers de Marcel Kanche. Des compositions que je n'ai pas envie d'analyser tant je veux me laisser vagabonder. Remarquables aussi. L'écoute attentive de "Maison brulée" par exemple, démontre, si cela était nécessaire, que la musique et les mots forment un tout indissociable dans son oeuvre. 

    Je reste là, avec ce qui fait notre humanité, des cendres et de la glaise, les fantômes du passé et le vent d'été, le rire des enfants qui jouent et le vin partagé avec ceux qui sont des amis, les espoirs déçus et la main aimée, embrassée chaque soir avant que le sommeil l'emporte.  

    Je reste là, dans la pénombre. Un chant somptueux résonne encore dans l'espace. Je crois que la pluie vient de cesser. 

     

  • Album of the Month : "The Elephant in the Room" by Gintsugi

    Par la fenêtre de mon antre, je regarde les nuages dériver. Bientôt, le vent va se lever et la mer se creuser. C'est une atmosphère propice à voyager en des contrées où, sans même penser, sans vouloir analyser, des atmosphères sonores et des chants vous transportent en terre d'émotions.

    Le premier opus de Gintsugi est de ceux-là. Neuf titres dont une reprise de la célèbre "Lilac Wine". Ouvert par la magnifique "Mon coeur", il se clôture par la chanson qui donne son nom à l'album : "The elephant in the room". Expression idiomatique qui serait le propos de l'album.

    Mais le travail vocal de Gintsugi - remarquable - la collaboration d'Eymeric Anselem et la production musicale suffisent, sans même vouloir saisir le sens des textes, à être emporté dans le monde de cette artiste.

    Bientôt, la mer va se creuser, le vent va se lever, je pars en voyage dans les contrées mystérieuses et envoûtantes de Gintsugi.

     

  • Discovery & Album of the Month : "how long is now" by Anna Hauss

    Une accalmie, un bout de ciel bleu enfin. Avant les rafales annoncées et le retour de la grisaille, je furète, j'explore. Anna Hauss, premier album solo. Originaire de Berlin, guitariste, chanteuse. Formidable interprète vocale tout en subtilité. Des ambiances sonores où sa formation musicale (étude du jazz au conservatoire de Leipzig) se ressent. Délicatesse, sensibilité, groove du premier au dernier titre.

    Un premier opus à déguster tranquillement en attendant la pluie.

    A découvrir absolument.

  • LP of the Month : "Hold" by Flora Hibberd

    Le jour se lève. "Hold" s'empare de la maison encore endormie. La grâce aussi. Celle de Flora Hibberd, de sa voix chaude et grave, de ses chansons où il est souvent question d'amour, de ses mélodies délicates, élégantes.

    Le jour se lève et je dérive à l'écoute de cet album d'une beauté cristalline.

    Paru en 2021, ce premier opus a fait l'objet en 2023 d'un vinyle 10" disponible chez Microcultures. A découvrir absolument.

  • Album of the Month : "Nom de domaine" by Signal Faible

    Ces derniers jours, j'ai emprunté le sentier côtier, longé la mer et vous étiez à mes côtés. Ces derniers jours, j'ai emprunté la venelle du village, celle qui conduit à la dernière demeure. Entre les murs de granit, un pan de ciel bleu m'inondait de sa lumière et vous étiez toujours à mes côtés, mes tendres fantômes du passé. Vous étiez là, avec vos rires et vos visages, avec vos colères et vos défauts. A chaque pas, vous étiez là, morts parmi les vivants. Votre absence devenue présence tenace. Ces derniers jours, j'ai marché à vos côtés et je ne pouvais m'empêcher de fredonner les paroles d'une chanson, de celles qui vous transpercent dès leur première écoute :

    "Imagine moi au ciel si tu veux

    Mais l’endroit que je préfère

    C’est le coin de ta mémoire

    Où je dormirai tout à l’heure."

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  • Album : The Question (Deluxe Editions) by Anna Tivel

    Ce matin, la voix si particulière d'Anna Tivel m'accompagne.

    Paru en 2019, l'album "The Question" a fait l'objet, cette année, d'une nouvelle édition vinyle comprenant une version intégrale de l'opus en version acoustique en solo.

    Un album à redécouvrir.

     

  • "IV / III" de Bruit Noir

    Les nuages rôdent au-dessus des toits d'ardoise. La lumière grise me ferait presque déprimer tant j'ai l'impression de vivre dans une semi-obscurité depuis quelques jours. Sans parler du fil d'actualités que je préfère ne plus écouter. Ce n'est pas le nouvel album de Bruit Noir qui va me sortir de mon humeur maussade. Même si, de temps à autre, il m'arrache un sourire, enfin une esquisse... Et même celui qui pourrait quelque peu me faire rire - "Béatrice"- s'avère aussi sombre que les autres. Normal me direz-vous, avec un nom pareil -"Bruit Noir"-, qu'attendre d'autre ?

    S'il y a une éclaircie dans cet opus, ce sont les compositions de Jean-Michel Pires. Captivantes, pleine de trouvailles pour offrir un écrin à la voix de Pascal Bouaziz. Ce dernier est en verve mais, plus encore que le contenu des textes - j'imagine les critiques qui vont passer leur temps à souligner le propos - c'est sa façon d'aligner les mots, leur dynamique, leur sonorité, ses intonations qui s'avèrent des plus intéressantes. Un grand moment de spoken word.

    La pluie s'est invitée. L'album s'achève. Dans la pénombre qui déjà s'annonce, je vais continuer à vivre, désenchanté.

     

     

     

  • Discovery : "Voce Lillà" by Radio Hito

    Sept titres.

    6 en italien, 1 en français ("Pour ne pas dormir" d'Anne Sylvestre").

    Des adaptations d'Octavio Paz et d'Alejandra Pizarnik.

    Des mélodies et un chant qui vous captivent.

    Sensibilité, délicatesse, singularité.

    A découvrir absolument.