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30.12.2015

Discovery & Album of the Month : "Enduring Love" by Satan's Fingers

Qui aurait pu croire que la Finlande allait nous offrir l'un des albums rock les plus frais de cette année ? Un premier album prometteur de ce jeune duo composé de Noora Porolan (chant et percussions) et de Ville Vahan (guitare et chant). Le disque est paru en 2014 en Finlande mais n'est disponible que depuis 2015 sur spotify. Le duo délivre des titres d'une redoutable efficacité et addictifs tel "A Great Mistake" mais ils sont aussi à l'aise dans des titres au tempo plus lent telles les très réussies "Hot Air Balloon" ou "Marmelade". J'avoue que je préfère les titres où Nora chante seule ou en duo avec Ville (leurs deux voix se complétant agréablement) : son timbre de voix, son énergie, son phrasé et son interprétation me semblent plus en adéquation avec leur style musical. Ville se montre d'une belle efficacité à la guitare. Un premier album qui a le mérite de proposer un son très proche de celui d'un concert, pas de fioritures, de chichis et autres arrangements bourrés de prétention. Un duo à suivre. Album en écoute sur spotify.

23.12.2015

My French EP of the Year : « Oiseau » by Gisèle Pape

Un gestechanson,musique,gisèle pape
Comme un mouvement de danse
épuré
Une trace dans l'espace
singulière
unique
un arc tendu
Comme un trait
de lumière bleutée
à l'aube naissante
Une texture
Une intention
Voici « Oiseau »
premier EP
de Gisèle Pape.

 

Je ne sais rien de celle-ci. Cela n'a guère d'importance. Ce qui vaut, c'est cette démarche, cette intention. Ces contes et ritournelles qui vous emmènent au pays des songes. Ces ambiances, cette matière sonore ciselée où chaque note, chaque syllabe, chaque parole est là, posée à sa juste place. Un tissage. Les chansons, « ça se tricote ». Les chansons de Gisèle Pape ne s'offrent pas d'emblée. Nulle volonté ostentatoire, nul recours aux moyens d'une séduction facile. Les six chansons s'apprivoisent lentement, se dégustent tranquillement pour mieux vous emporter, générant images et sensations. Une oscillation permanente : fragilité et intensité, minimalisme, dépouillement apparent et travail précis - quasiment chirurgical - des multiples éléments sonores de chaque titre. Maille après maille, une impression de forte cohérence dans le propos.
Je ne sais si c'est rendre hommage à ce premier opus que de catégoriser son auteure entre Laurie Anderson et Françoiz Breut. Je ne suis pas tellement adepte des comparaisons. Je crois que cela risquerait d'assigner le tricotage de Gisèle Pape à un déjà-là alors qu'elle me semble tracer une sente sonore singulière et rare dans le paysage français. Il me semble qu'elle est à l'orée du bois, qu'elle empruntera de multiples cheminements pour mieux nous surprendre à chaque fois. Ce qui me semble aussi se dégager de son premier disque, c'est cette volonté dans l'intention, cette recherche de l'unisson entre chansons et objet disque - une superbe édition limitée. Une exigence commune pour chaque composante. Rigueur et concentration dans le travail. Gisèle Pape écrit qu'elle est à la recherche de ce qu'elle croit être bien. C'est cette recherche qui transparaît aussi dans cet album. C'est ce qui lui donne cette sincérité. C'est ce que j'apprécie.
On avait déjà eu le plaisir de découvrir « Dolls » et « Encore », « Oiseau » permettra d'écouter quatre autres titres où Gisèle Pape démontre non seulement des qualités indéniables de composition mais aussi d'écriture. Chaque nouvelle écoute de « Moissonner », de « Sirène » ou de « Nuit » emportera l'auditeur vers de de nouvelles contrées, de nouveaux détails, de nouvelles images mentales. L'album s'achève par « Solitary Star» et ses deux strophes magnifiques empruntées à Lord Byron.
Un de mes EP incontournables de cette année.

En vente sur bandcamp.

12.12.2015

Album of the Month : "Horse Dance" by Josefin Öhrn + The Liberation

Voici un album addictif qui nous vient de Suède. Je ne sais si il s'agit de rock psychédélique mais il y a des titres d'une diabolique efficacité. Dès l'ouverture par "Dunes", morceau de près de 7 minutes, le ton est donné : une rythmique implacable, des vagues successives de guitares, de synthés, des solos déchirants et cette voix entêtante. Grisant.

S'enchaîne aussitôt un titre enivrant : "Sunny Afternoon". Un bijou de près de 4 minutes. Et, puis débutant par un son presque ridicule de boîte à rythmes, voici "Sanity" obsédante qui précède "You Have Arrived", obsédante. "Take Me Beyond" nous entraîne dans des vagues plus douces portées par la voix aérienne de Josefin Öhrn.

Mais attention, voici "Horse Dance", titre qui donne son nom à l'album, suivi du splendide, entêtant "Green Blue Fields" avec son côté "tribal". "Talk"clôture plus en douceur cet opus.

 

07.12.2015

Album of the Week : "Nos rendez-vous manqués" by Camille Bénâtre

On connaissait Camille Bénâtre au travers du groupe Alone With Everybody qu'il avait fondé il y a quelques années avec sa sœur Louisa. On savait son goût pour les chansons douces et mélancoliques.

Cette fois-ci, c'est un premier album solo "Nos rendez-vous manqués" que La Souterraine nous permet de découvrir. Un album doux-amer où vous pourrez même écouter une reprise d'une chanson de Brassens. Mais ce sont - entre autres - trois titres qui ont retenu mon attention. Trois titres qui illustrent la sensibilité de Camille Bénâtre.

"Ma douceur égorgée" au texte adapté d'un poème d'Anne-Marie Kegels :

"Je me suis" où il a mis en musique un texte de François Carrière :

"Le vent d'ouest" dont il signe paroles et musique :

Un premier album où Camille Bénâtre démontre que chanter en français peut aussi rimer avec musicalité.

05.12.2015

Album of the Week : "Comme une guerre froide" by Tuscaloosa

Je ne connaissais pas Tuscaloosa, un groupe né dans les années 90, qui vient de sortir ce qui est son premier album.

7 titres dont l'addictif "Comme une guerre froide" qui donne son nom à cet opus.

 

Publié dans Album Review, Music | Tags : musique, tuscaloosa |  Facebook | |

29.11.2015

EP of the Month : "Cardamom Times" by Weyes Blood

Quatre chansons qui vous entraînent dans l'univers de Nathalie Mering alias Weyes Bood.

Quatre chansons envoûtantes portées par cette voix fascinante.

Quatre chansons qui dégagent une sensation de pureté intemporelle.

La somptueuse "In The Beginning" ou la magnifique "Cardamone" ne doivent pas masquer l'étonnante "Take You There" ou "Maybe Love" et ses arrangements.

28.11.2015

Album of the Week : "For The Young" by Anna Ternheim

Revenir en terre familière.

Dès les premières notes, les premières syllabes chantées.

Cette douceur, cette chaleur de la voix.

Toujours ce même plaisir, cette forme de sérénité, de marche tranquille dans des contrées nostalgiques

Même quand les histoires sont des plus tristes.

"Hours", titre au clip superbe (avec la danseuse-chorégraphe Helena Franzén), ouvre avec éclat le dernier album d'Anna Terheim.

Un album à déguster tranquillement, confortablement installé, par une soirée d'hiver, froide et claire.

Album en écoute sur spotify.

Publié dans Album Review, Music | Tags : chanson, musique, anna ternheim |  Facebook | |

21.11.2015

Album of the Month : "Epaisseur du vide" Marcel Kanche

Il y a cette voix, grave, rocailleuse, qui délivre des textes incandescents de beauté.

Il y a cet univers créé par des compositions interprétées magistralement par Bruno Tocanne (batterie), Julien Lefévre (violoncelle), Nicolas Méheust (orgue & mellotron).

Il y a ce chant, ces choeurs d'Isabelle Lemaitre, sa compagne, à vous laisser pantelant.

Il y a treize chansons qui s'incrustent, vous irradient, vous taraudent, fascinantes, hypnotiques.

Ouverture par "Des vers et de l'orge". Clôture par "Vanité".

Un album incontournable :

"Epaisseur du vide",

le nouvel album de Marcel Kanche.

07.11.2015

EP of the Month (1) : "The Anticipation" by Laetitia Shériff

Le temps me manque.

Le temps me manque pour écouter les parutions de ces dernières semaines.

Et puis ce matin, le temps se dilate avec "The Anticipation", le dernier EP de Laetitia Shériff.

Un sacré disque.

Cinq titres d'une efficacité redoutable.

Addictif.

Batterie, guitares, basse et la voix de Laetitia.

Un chant qui te transperce.

D'une beauté étincelante.

De "The Anticipation" à "Grow", chaque morceau te capture irrémédiablement.

Somptueux.

Un des albums incontournables de ces dernières semaines.

 

 

30.10.2015

Ep of the Month : "Ainsi la nuit" by Claire Redor

Avec l'automne arrivent de superbes disques dont celui de Claire Redor intitulé "Ainsi la nuit". J'avais déjà signalé le premier opus de cette artiste.  J'attendais celui-ci avec impatience.

Cinq titres composent cet EP. Ce qui est frappant avec Claire Redor, c'est cette alchimie entre qualité des textes, du chant et de l'interprétation. Tout cela sans employer une multiplicité d'instruments et de sons électroniques, non juste un piano, une voix et un violoncelle (Erwan Martinerie). Formule classique, me direz-vous, oui, peut-être, mais cette épure est justement un signe qui ne trompe pas, un signe que ces cinq chansons n'ont pas besoin de se dissimuler sous un habillage prétendument sophistiqué pour démontrer leur qualité. Une pureté de la ligne, un tracé lumineux. Une alchimie rare qui font de chacune de ces chansons un instant délicat, fragile, suspendu, gracieux et unique. 

Bien sûr, j'ai mes préférées mais je vous laisse le soin de découvrir l'album qui est en vente sur la page bandcamp de l'artiste.

 

 

21.10.2015

EP of the Week : "La lueur" by Lola Baï

C'est comme ça.

Je ne peux pas faire autrement.

C'est la voix.

C'est la voix de Lola Baï qui me séduit, m'enveloppe, m'emporte ailleurs.

Ce timbre de voix. Chaud, sensuel.

Et puis, Lola Baï, c'est aussi une autre histoire.

Celle des "instinctives", un jeu de création dont je vous ai déjà parlé.

De beaux instants.

Alors, je pars à la dérive en écoutant les chansons de Lola.

Son dernier EP "La lueur" est paru cette semaine.

Sept titres dont "La lueur", "Run away", "Allons, laissons" et "La douleur".

Lola, c'est une sirène.

Mais je sais que son chant est sans aucun danger.

Juste magique pour notre plus grand bien.

 

EP en vente sur bandcamp.

Un de mes titres préférés, délicatesse et grâce du chant et du texte :

Un autre avec un clip très réussi :

Et puis, une dernière chanson mise en images cette semaine, une réalisation de Lola Baï :

10.10.2015

LP of the Month : "Atalaye" by Watine

J'ai longtemps hésité.

Qu'ajouter aux nombreux articles écrits sur le dernier album de Catherine Watine ?

Qu'ajouter aux chroniques du cercle des critiques spécialisés dans le domaine musical ?

Cercle auquel je n'appartiens pas.

Cercle qui brille par l'éloquence de son propos, la profondeur de ses analyses et souvent par l'habileté à parvenir à se mettre plus en avant que les œuvres dont il traite.

« Je n'ai vu que la faiblesse des gens qui se mettent en avant » chante Watine dans l'une des chansons les plus marquantes de cet opus. Alors ne tombons pas dans ce travers.

Pour quelles raisons cette chanson est-elle l'une de mes préférées ?

Je crois que c'est parce que son titre aux accents enfantins, sa mise en musique et sa légèreté d'écriture parviennent presque à nous faire oublier la gravité du propos.

Légèreté et gravité.

Si Watine m'intrigue, me captive, me touche, c'est parce qu'elle me dit quelque chose du monde et pas d'elle comme certains ont pu l'écrire.

Ce n'est pas sa vie personnelle, sa vie de femme qui pourrait transparaître dans ses chansons qui m'intéresse. C'est ce qu'elle me dit de nous dans le monde. Ce qui nous anime – l'amour, l'utopie, l'idéal, l'espoir, les luttes, les sentiments. Ce qui nous révolte, nous traverse, nous blesse, nous désespère, nous déchire. L'âge qui avance, la mort qui nous attend, la haine et la guerre que l'on abhorre. Et nos déchirures. J'aime ce mot « déchirure » que Watine emploie dans l'un de ses morceaux.

Et puis, il y a, indissociable des textes, la musique et la voix qui donnent à cet album une couleur du début à la fin. Une couleur, c'est ce qui distingue les albums qui vous marquent de ceux que vous oubliez à peine entendus.

« Atalaye » est de ces albums qui demeurent en vous longtemps après l'avoir écouté. Comme ces livres que l'on conserve parce que la musique de leur écriture résonne encore des années après. Comme ces livres dont on relit avec gourmandise des passages des années après.

Mais cet opus est aussi le fruit de collaborations qui lui donnent cette couleur unique et rare dans le paysage de la chanson. Trop souvent, musiciens et arrangeurs ne sont pas cités dans les articles, comme si leur contribution n'était que mineure. Un peu comme les traducteurs.

Aux côtés de Catherine Watine, il y a des des musiciens : Martyn Barker (batterie, percussions), Ian Burdge (violoncelle), Gaëlle Deblonde (violon), Arnaud Delannoy (guitare, harpe, contrebasse et bien d'autres), Marc Denis (guitare et basse) et Paul Levis (programmation électronique, Toy instruments entre autres) que l'on retrouve aussi aux arrangements avec Arnaud Delannoy. Il y aussi Ian Caple qui a réalisé l'enregistrement du chant et des parties instrumentales. Un album, c'est aussi un objet sous forme de CD ou de vinyle. Karolina Lysiak en a réalisé le graphisme et l'artwork.

J'ai longtemps hésité mais, si vous lisez ces lignes, Madame Watine, j'espère que vous y décèlerez de la sincérité.

Au fait, je voulais vous dire, votre vinyle est bien arrivé. Je l'ai trouvé l'autre matin dans ma boîte aux lettres. Il se porte bien.

25.09.2015

Discovery : EP "Tuck Your Bones In" by Anna Gordon

Anna Gordon distille des histoires qui pourraient apparaître douces comme son chant pourrait le laisser croire. Mais il faut se méfier de cette voix si agréable et de cet accompagnement musical, tout n'est pas aussi rose et sucré que ces chansons folk pourraient le laisser supposer à la première écoute. Allez à la découverte de "rotten cherries" ou bien "bury me high".

19.09.2015

Album of the Month : "Largue la peau" by Sages Comme Des Sauvages

Voici l'un des premiers albums les plus réjouissants de l'année : "Largue la peau" du groupe Sages Comme Des Sauvages. Groupe ou plutôt duo composé de deux artistes : Ava Carrère et Ismaël Colombani. Retenez bien le nom de ces deux-là qui ne sont pas des inconnus pour ceux qui suivent les sentes un peu moins fréquentées. Parce que ce duo nous offre un disque enthousiasmant, alliant fraîcheur, légèreté, poésie, fantaisie tout en traitant bien souvent de sujets beaucoup plus graves qu'une écoute rapide pourrait le laisser supposer. Les disques qui ont une couleur, un univers sont assez rares pour ne pas passer à côté de celui-ci.

Se nourrissant de multiples influences, Sages Comme Des Sauvages parvient à créer un opus qu'il serait vain de vouloir classer dans un genre, c'est aussi leur grande réussite. D'ailleurs, il est fort probable que le duo refuserait d'être classé dans une catégorie préférant les métissages, l'indépendance.

"Largue la peau", c'est donc un mariage rare de compositions musicales qui vous donneraient envie de danser alors même que les textes peuvent aborder des thèmes qui ne s'y prêteraient guère. Et puis il  y a aussi cette alchimie rare entre deux chanteurs, deux voix qui s'accordent, une complicité qui vous donnent parfois des frissons. Rares aussi sont les albums qui parviennent à offrir autant de chansons qui vous donnent envie de les écouter encore et encore. Outre ses propres compositions, le duo propose son interprétation de deux chansons d'Alain Péters, poète et compositeur qui a influencé et continue d'influencer de nombreux artistes et musiciens de l'île de La Réunion et d'ailleurs. Signalons aussi que le duo s'est entouré de musiciens qui contribuent à la qualité de ce premier opus.

Difficile de retenir un titre plus qu'un autre, difficile de ne pas être séduit par "Les jeunes des villes", "Paris défend", "Le ruisseau que tu cours", "La montagne", "Lailakomo", "Brindiy a mon zenfan", "La réserve", "Mon commandant" sans compter les reprises ou bien encore une chanson en anglais - mais oui - "It ain't your song". L'album est disponible en CD et en vinyle (superbes) chez le label "A Brûle Pourpoint" mais aussi en version digitale sur les principales plates-formes.

Vous pouvez aussi lire ou relire l'entretien qu'ils avaient eu la gentillesse de m'accorder en décembre 2014. Et bien sûr, vous pouvez visiter leur site où plusieurs vidéos sont disponibles.

Je ne peux donc que vous inviter à découvrir ce premier album, vous ne le regretterez pas. Les instants de bonheur deviennent tellement rares dans ce monde !


12.09.2015

Album of the Week : "Bleed" by Xenia Kriisin

Une artiste suédoise, Xenia Kriisin, délivre un album qui ravira tous ceux qui sont amateurs de pop scandinave. Quatorze chansons composent ce second album, plusieurs dépassent les cinq minutes voire atteignent les sept minutes et ont donc peu de chance d'être diffusées. La majorité des titres dégagent une puissance due à la fois au chant et aux arrangements rythmiques. L'opus est ouvert par "Golden" d'une redoutable efficacité et s'achève par "Haller" d'une durée de 7'25.

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