Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Album Review - Page 13

  • Albums of the Week : Patrick Watson & Other Lives

    Les nouveaux albums de Patrick Watson et d'Other Lives étaient aussi attendus l'un que l'autre. Ils bénéficient ou vont bénéficier d'une large couverture des critiques spécialisées. Certaines seront élogieuses, d'autres plus réservées. 

    J'avoue avoir quelque peu douté à la première écoute de ces deux albums, la difficulté étant probablement pour chacun d'entre eux d'égaler voire de faire oublier leurs albums qui ont été les plus marquants.

    Est-ce le soleil qui jouait avec la mer ce matin mais j'ai éprouvée un plaisir certain à écouter ces deux albums et à retrouver la voix de chacun des chanteurs. Peut-être le plaisir enfantin de la répétition, le plaisir de retrouver ces deux chants, une sensation d'apaisement, une douce quiétude ?

    Je ne suis pas en terrain mouvant mais sur des sols rassurants. L'incertitude ne me guette pas au hasard d'une piste. Ne boudons pas notre plaisir, il fut bien agréable de se laisser porter tranquillement en ce matin lumineux.

    De "Love Songs for Robots", quelques titres m'ont fait émerger de cette nonchalance matinale : "Love Songs for Robots", Good Morning Mr. Wolf", "Bolliwood" ou "Places You Will Go".

    De "Rituals" d'Other Lives, il m'est plus difficile d'extraire une chanson de ces quatorze morceaux tant l'ensemble de l'album contribue à cette sensation d'ouverture, d'espace large. Cet album correspond musicalement à ce que je peux éprouver en tentant d'embrasser du regard le golfe et ses îles multiples qui se dessinent à l'horizon. Une musique cinématographique, une musique qui se déploie, sûre d'elle, posément invitant presque à la méditation. Peut-être "No Trouble", "Need A Line" ou bien encore "Easy Way Out", "English Summer"...

  • Album of the Week : "LadyBoy" Olivier Hazemann

    A peine arrivé, tu extrais le CD, tu le glisses dans le tiroir coulissant et tu tournes le potentiomètre de l'ampli.

    "Tempozan" ouvre cet opus intitulé Ladyboy.

    Ce qui te frappe dès ce premier titre, c'est de te sentir comme projeté dans un film.

    Les images se bousculent. Et puis il y a ces compositions avec ce jeu de guitare, avec ces arrangements de cordes, une scie musicale et d'autres encore. Une réussite de cet album, avec deux "Sébastien" Martel et Souchois qui contribuent à donner ces couleurs.

    Et puis, il y a aussi Marcel Kanche, auteur de plusieurs textes, et tant d'autres, musiciens, auteurs, réalisateurs, illustrateurs, techniciens qui font de ce conte, de cette histoire d'un jeune homme qui veut devenir celle qu'il aime, un bien bel album. Il ne faudrait pas oublier Lippie qui te fait frissonner dans la dernière chanson "Insulaire" qui vient clôturer cet opus.

    Le pari d'Olivier Hazemann était osé, il est tenu. Les microcultivateurs n'ont pas à regretter d'avoir suivi ses pas au 31 rue Tempozan : le colis est somptueux.


     

  • Song of the Day & Album of the Week : "Misunderstanding" by This Is The Kit

    Il n'y qu'à écouter le premier titre de ce nouvel album de This Is The Kit pour être convaincu qu'il s'agit là d'un des albums "folk" les plus agréables à écouter de cette année.

    Si ce titre me séduit autant, c'est aussi par le chant et le timbre de la voix de Kate Stables : des frissons. Comme dans "Bashed Out" chanson que j'avais déjà présentée.

    Un album à déguster, un bien bel album.

  • EP of the Month : Double EP "édition limitée" by Pauline Drand

    musiqueChère Mademoiselle,

    J'espère que vous ne vous offusquerez pas du terme Mademoiselle. Voyez-y plus une marque de respect qu'une marque de condescendance. Et puis le terme vous sied plus que celui de Madame à mes yeux. Il me semble correspondre à cette grâce lumineuse, fragile et délicate dont vos chansons sont porteuses.

    Hier matin, j'ai découvert dans ma boîte aux lettres une enveloppe. Il y avait à son dos en lettres noires écrites à la main votre prénom, votre nom et une adresse. J'ai alors compris qu'il s'agissait de votre disque que je n'attendais pas si tôt. Je ne sais si c'est vous qui avez tracé toutes ces lettres. J'ai plaisir à le croire, à vous imaginer rédiger pour chacun de ceux qui vous ont soutenu ces quelques mots sur une carte. J'ai plaisir à vous imaginer, appliquée, concentrée, préparant l'expédition un peu partout en France de ce qui se veut être la préfiguration d'un album à venir. Un huit titres qui réunira des personnes qui ne se connaissent pas et qui ne se rencontreront probablement jamais pour la plupart d'entre elles. Un huit titres accompagné de ce livret à tirage limité qui annonce une belle suite.

    musiqueJ'avais déjà écouté certaines de ces chansons. J'avais été sensible à leur écriture et à votre voix, votre diction. Il y a - y compris dans celles qui sont les plus graves - une légèreté que j'apprécie et puis votre chant dégage une forme de sérénité qui m'apaise. Vous m'aviez déjà conquis avec "Pont Neuf" et "Émilie Sait". Et que dire de celle qui clôture cet opus : "Aux Jours De Juillet". Je vous jalouse Mademoiselle, oui, j'aurais aimé écrire des chansons comme celles-ci et bien d'autres aussi. Vous m'aviez déjà conquis et vous récidivez Mademoiselle. Alors que vous souhaiter après ce premier opus ? Restez comme vous êtes Mademoiselle, gardez cette sincérité et ne vous laissez pas emporter par le vent méchant d'une production qui viendrait faner les fleurs délicates de cerisier que vous chantez si bien.

    Au plaisir d'écouter bientôt vos nouvelles chansons.

    Play B.

    Ce Double EP sera disponible en version digitale fin avril.

     

  • Album "WOTH" by Liesa Van Der Aa : un triple album à découvrir absolument

    J'avais déjà évoqué en octobre 2014 le travail artistique de Liesa Van Der Aa et son nouvel album "WOTH". Celui-ci est désormais paru en France et je ne peux que vous recommander son écoute. Violoniste, compositrice, interprète, Liesa Van Der Aa multiplie aussi les collaborations artistiques comme celles réalisées avec les créateurs des dix vidéos créées pour son premier opus "Troops". Cette fois-ci ce sont plus de 80 artistes qui ont participé à cette aventure assez rare dans le paysage musical actuel.

    Ce nouvel opus est un triple album concept inspiré d'un ancien mythe égyptien. Chaque album commence et se termine avec un morceau de choeurs (représentant les 42 juges du mythe). Entre ces deux titres, les morceaux traitent des mêmes thèmes mais sont repris de différents points de vue, selon des angles musicaux différents.

    Une fois de plus, Liesa Van Der Aa trace une voie singulière et en dehors des sentiers battus. Bien sûr, vu l'ambition de ce disque, il est nécessaire de prendre le temps de l'écoute et de la réécoute même si le chapitre 3 peut sembler plus accessible en raison de son approche teintée de pop. Il faut aussi noter le magnifique travail des voix ("On Health II" est par exemple un régal) et le foisonnement d'idées musicales présentes.

    L'album est en écoute intégrale sur la page bandcamp de l'artiste.

  • Album of the Week : "Fast Food" by Nadine Shah

    Ce qui me captive dès le premier instant, c'est la voix de Nadine Shah, cette voix qui, dès son premier album "Love Your Drum and Mad", déployait son pouvoir de séduction.

    Dans ce second opus "Fast Food", portée souvent par des boucles de guitares électriques, une batterie efficace, des lignes de basse, Nadine Shah démontre toutes les facettes de son talent.

    De "Fool" à "The Gin One", un album à découvrir, en écoute sur spotify.

     

     

  • LP of the Month : "Effacer la mer" Orso Jesenska

    OJ.jpgLa pluie colle à tes pas, tu ouvres ta boîte à lettres et tu découvres un emballage de carton qui te laisse penser qu'il est enfin arrivé ce vinyle que tu attendais.

    Tu remontes l'allée comme un peu plus léger, un peu comme quand enfant tu étais impatient d'ouvrir un cadeau. Installé maintenant à l'abri, tu tranches l'adhésif et tu le regardes longtemps avant de retirer le film qui le protège. Tu le retournes, tu l'observes, tu l'effleures, tu l'apprivoises, tu le détailles, tu parcours les textes, tu prends le temps avant de le poser pour écouter.

    Depuis des semaines tout aurait été déjà dit ?

    Depuis des semaines tout aurait été déjà écrit ?

    Sûrement, par des chroniqueurs bien plus habiles et experts que toi. Et puis son auteur n'a-t-il pas déjà répondu à de nombreuses questions dans plusieurs entretiens.

    Qu'ajouter à tout cela ? Rien ou si peu.

    Pour quelle(s) raison(s) avoir soutenu bien modestement la sortie de cet album sur microcultures ?

    Sans doute, pour des sonorités écoutées dans un des titres, pour quelques notes de guitare posées ça et là, pour des paroles et des sens générés qui ne sont pas nécessairement ceux que l'auteur a pu penser - le sens de leurs textes n'échappent-ils pas à leurs auteurs ?

    Sans doute parce que, confusément, sans rationalité aucune, sans analyse quelconque, il t'a semblé que ce disque pourrait être comme d'autres - ceux de Cheval Blanc, Bastien Lallemant ou Pain Noir pour ne citer que les plus récents - un compagnon.

    Voilà, c'est peut-être cela qui est à écrire, c'est peut-être cela qui est le plus important. Un compagnon comme certains romans, certains poèmes, certains films, certaines pièces chorégraphiques et toute autre chose qui t'accompagne dans ta vie en ce monde. Un compagnon qui te dit quelque chose de ce monde où tu vis, où nous vivons. Un compagnon que tu peux abandonner durant des mois, des années mais que tu retrouveras avec plaisir, qui te surprendra encore.

    C'est peut-être cela qui est à écrire plus que de vouloir tenter d'analyser chaque titre, chaque texte, chaque arrangement. Un compagnon certes mais parce que des femmes et des hommes - qu'ils écrivent, chantent, composent, interprètent, jouent - ont réussi à créer cette alchimie, ce moment rare, cet instant tremblant, ce mariage délicat, cet équilibre gracieux qui te transporte. Ces femmes et hommes, vous pourrez lire leur nom écrit sur ce qui fait office de livret.

    Qu'écrire alors si tout avait été déjà écrit ?

    Simplement dire à Orso Jesenska et à tous ceux qui ont contribué à faire en sorte que nous recevions cet album que nous voulons aussi qu'ils reçoivent ce que nous pouvons leur donner : qu'ils sachent combien nous sommes heureux qu'ils nous offrent ces instants.

    Donner et recevoir. Recevoir et donner.

    Effacer la mer :

    Face A : Un parfum - Paroles - Et nous encore vivants - Effacer la mer - Vivre, en Somme - Le Vent

    Face B : Exilés - Tempête - Apaisement - Les vrilles de la vigne - A pas lents - Palabras para Julia - L'ombre descend

     

  • Album "Short Movie" by Laura Marling

    Je ne savais pas quoi penser du dernier album "Short Movie" de Laura Marling après une première écoute rapide (un peu trop sans doute). Et puis quand même je m'y suis replongé. Il faut dire que le temps s'y prêtait plutôt.

    On a du mal à imaginer combien cette artiste anglaise est encore si jeune - à peine 25 ans - tellement elle s'est imposée en quelques opus dans le paysage musical. Beaucoup ne parviendront jamais en 50 ans de carrière à tracer une voie aussi riche que celle qu'elle a tracée en quelques années.

    Incomparable, elle délivre treize titres où l'on y découvrira souvent un son plus électrique, plus rock comme dans "False Hope". Mais on pourra aussi y écouter des chansons au style folk telle la superbe "Easy" avec des arrangements de cordes où Laura Marling excelle au chant de sa voix particulière. Ce ne sont pas obligatoirement les chansons qui ont fait l'objet d'une diffusion avant la sortie de l'opus qui sont les plus réussies de mon point de vue. La mi-chantée, mi-parlée "Strange" est une belle réussite reprenant un genre déjà bien connu. "Walk Alone" plus intime, "Howl" magnifique d'intensité, "Don’t Let Me Bring You Down" plus "rock" , "How Can I" font partie de mes préférées.

    L'album est écoute sur spotify et disponible partout.