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Album Review - Page 16

  • Album Review : Pain-Noir by Pain-Noir

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    Samedi, un message avec un lien signé François-Régis.

    C'est ce qu'ont reçu ceux qui ont soutenu le nouveau projet de François-Régis Croisier : Pain Noir. Un nouveau départ avec des textes écrits en français.

    Un nouveau départ :

    "J'ai rêvé ces deux mots Pain Noir tatoués sur tes deux mains".

    Un nouveau départ, neuf titres pour écrire une nouvelle page, des cailloux blancs pour tracer un chemin singulier, de belles pierres polies avec amour pour construire une voie lente et sûre.

    Ce qui marque dès la première écoute, c'est cette musicalité des textes portés par cette voix au timbre particulier. Une douce rivière, un flot puissant mais rassurant, au débit lent et élégant. Un sentiment d'achevé et d'apaisement. Une douce mélodie pour errer dans des contrées secrètes et délicates.

    Écouter "Le jour point", "Après une nuit d'effroi, à longer des ravines". Écouter et se laisser porter. Sentiment de ne jamais épuiser le sens. A chaque fois, renaissance.

    Les chansons de François-Régis Croisier sont des pierres bien plus précieuses que tous les rubis et les diamants du monde. Bien plus précieuses parce qu'elles illuminent nuits et jours, obsédantes, bouleversantes, aériennes. Bien plus précieuses parce que, polies par un amoureux des mots et des mélodies, elles sont comme galets sur la rive, toujours à nous émerveiller.

     

     

  • Album of the Month : "Cartographer / Explorer" by Ormonde

    Ceux qui me suivent ici ou là depuis deux ans savent que je suis un quasi inconditionnel d'Anna-Lynne Williams (des Trespassers William à son projet solo Lotte Kestner). La dame est prolifique et multiplie les collaborations. Ormonde, duo formé avec Robert Gomez, signe là son second album. Alors évidemment, je sais déjà que certains s'étonneront de mon choix mais il y a dans ces chansons une élégance, une beauté qui me séduit. On ne peut pas dire que le duo fait dans l'aguicheur pourtant, des compositions parfois minimalistes toutes en variations subtiles qui exigent de l'auditeur d'écouter et non d'entendre. Mais c'est cela qui est la marque d'un album réussi et convaincant. Cet opus est un régal pour ceux qui accepteront de s'y plonger et non pas de zapper. Ici on ne pratique pas le zapping toutes les 20 premières secondes de chaque chanson parce qu'on ne pourrait rien saisir de ce qui fait l'essence du projet artistique du duo. Comment, en se contentant de sauts de puce, saisir cette subtilité, ces atmosphères, cette durée installée, ces rythmes qui invitent au voyage, au mouvement lent et dosé loin de cet affolement, des mouvements saccadés et des rythmes effrénés de ce monde. Avec Ormonde, on apprend la lenteur, la langueur hypnotique, à se laisser porter par les subtilités des arrangements, à se fabriquer des films, à écouter les chants emplir obsédants l'espace.

    Les chansons d'Ormonde sont des moments de plaisir rare, des instants où l'on est parfois proche de la perfection. Comme dans "Beach", "Snake", "Explorer/Cartographer", "Paintings" et bien d'autres.

    L'abum est en écoute sur spotify

  • Album Review : "Adieu l'enfance" par La Féline

    J'ai hésité avant d'écrire ces lignes.

    Qu'ajouter de plus aux chroniques déjà parues avant même la sortie officielle de l'album « Adieu l'enfance » de La Féline ?

    Un album en écoute en avant-première sur le site des Inrocks. Des textes élogieux dans plusieurs blogs spécialisés. Un premier succès critique en attendant que cet opus rencontre peut-être une écoute plus large que les premiers EP. Qu'ajouter ?

    J'ai pré-commandé l'album en version digitale, acheté, oui. Donner et recevoir.

    J'ai attendu ce matin, un matin frais de cette fin d'octobre. Le ciel était d'un bleu presque trop pur, j'ai calé les écouteurs de mon casque, cliqué sur la touche play de ma machine où j'avais stocké les fichiers à la première heure. J'ai parcouru lentement la venelle qui conduit à l'esplanade où la ville s'offre au regard.

    Je ne sais si c'est en raison de ce matin d'automne presque trop beau mais j'ai ressenti comme un instant de plénitude sereine. Il y avait quelque chose de l'ordre du cristallin qui parcourait mes synapses.s'emparait de mes neurones.

    Les mots de La Féline, les sonorités de La Féline.

    Je ne sais rien d'Agnès Gayraud si ce n'est ce que livrent quelques blogs et cela n'a guère d'importance. Je n'ai que les chansons qu'elle nous délivre avec ses complices et c'est bien comme ça.

    Certains, plus experts, plus savants, parleront d'influences, de coldwave, de dream pop. Je crois simplement qu'elle a trouvé son alchimie entre sonorités et textes, une ligne claire et épurée où chaque mot, chaque son a sa place d'existence. Un geste, une intention, un mouvement. Beauté du geste.

    Ce qui est  peut-être le plus convaincant dans cet album, c'est cet assemblage de délicatesse et de fragilité, cet arc tendu du texte, cette légèreté dans la profondeur, ces compositions qui donnent une sensation de pureté presque froide et ce chant qui laisse la sensibilité percer. Ces chansons sont des cristaux qui fondent peu à peu à l'écoute pour délivrer des émotions avec retenue comme pour masquer une sensibilité exacerbée.Une ligne, claire, épurée. Beauté du trait.

    Et puis il ne faut pas oublier les complices dont Xavier Thiry qui a réalisé les arrangements remarquables.Sensation de simplicité. Subtilité des assemblages.

    Alors, évidemment, certaines des chansons de cet opus ont ma préférence mais je vous laisse le soin de la découverte. Je vous laisse avec La Féline et son univers, là où les larmes sur les joues creusent des rivières, là où les rois devant leur armée tombent à genoux, la où les silences sont égyptiens.

    Donner, recevoir et rendre à son tour.

    L'album est en écoute sur spotify.

    Les précédents EP sont disponibles sur bandcamp.

  • First Album : "Beyond the North Wind" by Kat May

    Contrairement à ce que l'on pourrait croire Kay May n'est ni danoise ni norvégienne, pourtant une écoute distraire pourrait le laisser croire tant elle semble s'inscrire dans cette veine qui nous vient de Scandinavie. Nous l'avions découverte en 2012 avec la sortie de son très bel EP "The Trees of Regents Park". Son premier album "Beyond the North Wind" comprend d'ailleurs trois des quatre titres qui y figuraient : "The Lake", "Stars and Sorrow" et "The Trees of Regents Park". Les deux derniers étant probablement les titres phares de cet album pour ceux qui apprécient la mélancolie nordique. On retrouve la capacité de Katia Mayen à écrire des ballades émouvantes et gracieuses comme la très belle "Day 10" ou "Wednesday Song". D'autres titres comme "Moon", "L'Eveil" ou "Thelma Et Louise" démontrent que la dame est aussi capable de proposer une pop plaisante et de qualité.

    Un premier album à découvrir.

     

  • EP Feu! Chatterton : un bien agréable début

    Leur premier EP éponyme est paru en septembre mais cela fait déjà un moment qu'ils s'étaient fait remarquer notamment avec le titre "La mort dans la pinède". Puis, le titre "La Malinche" qui annonçait l'EP confirmait que ce groupe composé de 5 membres avait construit un univers prometteur.  Compositions efficaces, textes en français portés par une voix au timbre particulier mais qui leur sied de fort belle façon, tout cela est bien agréable à écouter. L'EP confirme avec un autre titre superbement réussi : "A l'aube". Et en plus, le groupe offre une fort belle reprise de "Je t'ai toujours aimée" en Mouv'Session.

     

  • Album of the Month : "A Thin Line" by Olivia Pedroli

    Au petit matin, lorsque la lumière dorée vient caresser le calcaire des murs de la ville, les notes de piano qui ouvrent "The other side" m'accompagnent. Je descends les marches de l'escalier qui surplombe les toits de la ville où je vis. Dans le calme de la cité encore endormie, je prends le temps d'écouter chaque note, chaque inflexion, chaque nuance des instruments et des voix. Accompagnée au chant par Helgi Hrafn Jonsson dans ce titre, Olivia Pedroli me transporte dans cette chanson magistrale. Elle m'avait enchanté avec son album « The Den » paru en 2010. Allait-elle me conquérir de nouveau ?

    J'avais suivi sa précédente carrière sous le nom de Lole, de loin, sans vraiment être enthousiasmé. Et puis, ce fut lorsqu'elle reprit son nom que ses chansons me captivèrent.

    Premier constat après plusieurs écoutes de ce nouvel opus : contrairement à beaucoup d'artistes telle Agnes Obel, Olivia Pedroli ne livre pas une musique qui se veut séductrice dès la première écoute. Non, "A Thin Line" exige une écoute attentive pour saisir toute la richesse de ses compositions et arrangements. C'est là déjà l'une des grandes qualités du travail de l'artiste (et de la production), ne pas verser dans la reproduction du même, au risque de dérouter, ne pas se contenter des recettes faciles qui garantissent le succès.

    Bien évidemment, « This is where it starts », premier titre dévoilé avant la sortie de l'album et bénéficiant d'un clip, séduira peut-être plus par son caractère enlevé. Cependant, il y a des titres qui pourront conquérir dès le premier abord l’auditeur tel le magnifique « The other side » déjà cité. Mais il faut se laisser emporter par des chansons comme la superbe« Silence », la non moins réussie « Guide » ou bien « Birds » (quel début !).

    Alors, oui, cet opus n'est pas dans la ligne pop ou folk à la mode, il n'est pas dans l'air du temps, il ne fait pas dans « l'aguicheur » parce que je pense qu'Olivia Pedroli, depuis le premier album paru sous son nom, essaie de tracer peu à peu une voie cohérente sans céder aux effets de mode. Il suffit pour s'en convaincre d'écouter ce qu'elle a réalisé entre temps (musique de film et "Préludes pour un loup"). Il faut prendre son temps pour déguster ce nouvel opus, pour s'abandonner, pour se laisser porter dans cet univers gracieux et délicat. Certains regretteront sa facture trop classique, pourtant cordes, vents, piano, guitare et autres instruments s'accordent parfaitement au travail réalisé sur le chant et les harmonies vocales. C'est un album d'une grande intensité, d'une sensibilité rare. Des chansons servies par des compositions et des arrangements somptueux. Un des nos indispensables 2014, disponible sur la page bandcamp de l'artiste.

    Décidément, que je regrette de ne pas vivre en Suisse pour pouvoir l'écouter en concert plus souvent !

     

  • New Album from "Where Did Nora Go" : "Shimmer"

    J'avais eu l'occasion sur une autre page de signaler la sortie de l'EP puis du premier album éponyme d'Astrid Nora, artiste danoise. Auteure-interprète-compositrice, Astrid Nora a une formation de violoncelliste et, bien évidemment, cela s'entend dans nombre de ses compositions. Mais elle recourt à de nombreux instruments cette fois-ci dont un marxophone. Oui, oui, cela existe, à vous de chercher !  Plusieurs musiciens ont collaboré à ce nouvel opus dont la harpiste Lillian Törnqvist qui a participé entre autres à l'enregistrement des derniers albums d'Oh Land et de Antony and the Johnsons.

    Ce nouvel album "Shimmer" est composé de 13 titres dont on retiendra notamment "Shelter", "Hear, Emily Sings", "After All" ou bien encore "Through Fire".

  • EP "Letter to New York" by Johanna Glaza

    En deux EP parus en moins d'un an, Johanna Glaza trace une voie singulière dans la pop. Cette jeune artiste lituanienne propose des titres ensorcelants et captivants avec un travail vocal remarquable (qui me fait penser parfois à Kate Bush) comme dans le titre "Distance" :

    Si son second EP est une réussite, n'hésitez pas à vous procurer aussi le premier "Silence Is Kind" paru en 2013 qui est tout aussi remarquable.