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02.08.2014

Review : Clara Engel, une artiste sans concessions

Radicale, de l'ordre du tout ou rien.

Ces qualificatifs, je crois les avoir déjà employés pour caractériser comment l’œuvre de Cheval Blanc - même si leur style n'est pas comparable - peut être reçue.

Je pense que l'expérience est de la même nature à l'écoute des chansons de Clara Engel, jeune artiste indépendante mais déjà auteure d'une dizaine d'albums depuis 10 ans.

J'avais déjà grappillé ça et là dans ses productions, troublé non seulement par son chant mais aussi par l'une de ses pochettes (celle d'Ashes & Tangerine).

ClaraEngel a&t.jpg

En fait, ce portrait me semble représentatif de ce qui émane du travail de Clara Engel : une beauté qui refuse les effets faciles de la séduction, une œuvre qui refuse les concessions, une fragilité sombre douée d'une force née au plus profond.

Ici, il n'y a pas de place pour les artifices de la facilité.

Non, Clara Engel trace sa route singulière, une voie où la sensibilité règne, une voie où un rock profond et lyrique rôde, une voie où la tension nous prend littéralement au corps au détour d'une phrase musicale.

Et parce que le monde n'est pas que ce que nous percevons,

et parce que nous ne sommes jamais ce que nous montrons,

la dissonance qu'instille Clara Engel dans nombre de ses compositions est, me semble-t-il, une pièce maîtresse de son travail artistique.

Nous ne sommes jamais loin de la perte de l'équilibre, de la brisure, de la rupture.

C'est sans doute l'une des grandes réussites de Clara Engel que de nous emmener au point de bascule : là où les apparences deviennent des incertitudes, là où l'horizon devient soudainement trouble.

Exercice délicat parce qu'à nous placer au bord du gouffre, l'inconfort nous guette.

Mais la force de son chant, la profondeur et la puissance qui en émanent, la poésie incandescente de certains de ses textes, l'énergie viscérale de ses compositions sont là pour nous aider à poursuivre ce chemin unique en sa compagnie :

« I lift a latch
and I step into a glittering sky
I found a trapdoor in this wretched night
an amethyst eye
in the void »

Seules trois chansons de son dernier album « Looking​-​Glass Fire » réalisé en juin 2014 sont actuellement en écoute sur sa page bandcamp dont la superbe « My Beloved's Pulse » dont j'ai cité un extrait :

Profitez-en pour découvrir ses précédents albums. Voici une trop courte sélection de quelques-uns de mes titres préférés qui vous permettront, je l'espère, de découvrir l'étendue du talent de Clara Engel.

Tout d'abord, deux chansons magnifiques extraites de très bel album "The Bethlehem Tapes" paru en 2010 :

 

"Song to the Sea Witch (Disembody My Voice)", titre flamboyant extrait de l'album The Lovebird's Throat réalisé en 2012 :

"Tangerines" de l'excellent opus "Ashes &Tangerines" paru en 2014 :

 "Blind me" qui figurait dans "Secret Beasts" réalisé en 2009 :

"Whip Dance" de son album éponyme paru en 2006 :

 "Cousin Mary" et ses choeurs, présente sur l'EP du même nom en 2006 :

24.07.2014

Song of the Week & Review : "Un secret" by Forêt

Je crois que je ne vous ai pas encore parlé ici de ce duo de Montréal. Alors, il est temps de vous le faire découvrir avec leur toute dernière chanson "Un secret" qui annonce leur futur opus qui sera le second.

Forêt qui réunit Émilie Laforest et Joseph Marchand, a sorti un premier album éponyme en 2013 avec de très beaux textes écrits par Kim Doré et des compositions délicates du duo. C'est un album qu'il faut prendre le temps de découvrir. Écouter un peu puis y revenir doucement, se laisser porter par les paroles et les harmonies.

Parmi mes préférées, la magnifique "L'amour de marbre", la somptueuse "Le sucre de mes larmes", la tendre "Repose-toi bien (pour Thomas)"

07.07.2014

Free Download : "At The Gates Of Central Bank" by Prince Of Assyria

Un téléchargement gratuit à ne pas rater, offert par le label finlandais pour son 3e anniversaire. Une compilation de 8 titres est disponible.

Profitez-en pour découvrir, si ce n'est déjà fait, les excellents albums de cet artiste.

Le dernier paru en 2014 "Changing Places" :

Et le premier "Missing Note" remarquable par ses ambiances :

 

 

 

 

15.06.2014

Jim Putnam & Mickaël Mottet, Album éponyme, 2014.

Dans la profusion des sorties de 2014, il y a cet album fruit d'une collaboration fructueuse entre Jim Putnam et Mickaël Mottet. Dix titres dont la moitié composée par chaque artiste et interprétée par l'autre.

Des instants superbes tels "Down in the Ranks", "Let Be", "Concert of Everything", "Better Weather", "A List".

De belles chansons portées par des voix différentes mais qui conviennent parfaitement à leur style.

En écoute intégrale sur spotify :

14.06.2014

Music review : Duo "Blanche as a name"

Retenez bien le nom de ce duo formé par Bénédicte Monat et Sébastien Pasquet (TRISTEN, C++ et autres projets). Je l'ai découvert avec leur premier EP "Ravens" paru en 2012. Auteurs d'une reprise savoureuse et originale (ça change des imitations) de "Fais-moi mal, Johnny!", ils se révèlent encore plus avec leurs propres titres qui sont de petits bijoux parfaitement ciselés. Jeux de guitares, chants et chœurs parfaits, ambiances toutes en nuance et délicatement écrites telles le magnifique titre "Dove".

On sent bien que ces deux-là dont les voix s'accordent merveilleusement, ont peaufiné tels des artisans leurs chansons à l'atmosphère parfois progressivement inquiétantes. Aucun titre à négliger de "Frost" et ses notes de guitare électrique à "Hear This" au son folk et aux magnifiques arrangements vocaux.

En 2014, le duo a signé un deux titres chez Bleeding Gold Records. Les deux chansons "Ophelie" et "Judgment Day" confirment ce que je pensais d'eux. Je pense même qu'ils deviennent encore plus efficaces vocalement et musicalement.

Il serait logique que la qualité atteinte aboutisse à la sortie d'un LP. Alors, faites connaître, partagez !

Il est impensable qu'un groupe tel que celui-ci demeure confidentiel !

L'ep "Ravens" (5 titres et 1 reprise) est en vente sur leur page bandcamp à un prix modeste alors, franchement, achetez-le parce que, quand ils seront connus et re-connus, vous aurez au moins le plaisir de vous dire tout doucement et discrètement que vous y aurez modestement contribué !

Le double single est disponible chez Bleeding Gold Records.

10.06.2014

My Favourite Albums : "Et après, on verra" by Lou, 2010.

J'ai découvert Lou tardivement, un peu par hasard. Je ne connaissais rien de ses précédents albums. C'est sa prestation dans une émission de France 3 où elle était accompagnée de musiciens en parfaite osmose qui m'a littéralement aimanté. Cette alchimie parfaite entre musique, chant et texte.

Je me suis alors empressé d'écouter et d'acheter cet album. Huit titres et des joyaux, des chansons si parfaites que l'on rêverait d'avoir le talent de les écrire et de les composer. Pour moi, Lou symbolise la grâce, l'élégance et la légèreté dans le paysage français musical, y compris lorsque les thèmes sont des plus graves, des plus mélancoliques, des plus sombres.

L'album s'ouvre par la splendide « La prunelle des yeux » à l' écriture concise, limpide mais d'une rare force évocatrice :

« J’ai eu du soleil

Des démons et des merveilles

Plein, la prunelle de mes yeux »

« J’ai eu comme toutes les filles

Des mains sur mes chevilles

Qui font monter les larmes aux yeux »

Et des chansons ciselées où chaque mot, chaque note est comme une évidence posée, comme inévitable, il y en a d'autres qui, parfois, vous plonge dans une mélancolie insondable. La somptueuse « Oceanic sentiment » :

« Se rouler dans la terre humide

Dans l’odeur de l’herbe coupée

Se souvenir de l’amour vide

Etre le seul à aimer »

 

La magnifique «  Je n'ai rien fait » où la voix de Lou est encore plus fragile et troublante. « Tous les jours », « D'avril à juillet » et « La côte sauvage » s'enchaînent et, déjà, le dernier titre. Vingt-quatre secondes minimalistes de guitare électrique scandées de batterie légère et puis :

« D’accord pour la vie

D’ailleurs pour la mort aussi

C’est plié, abandonné

Sur la plage aux crustacés »

Et « Plus rien », la chanson qui clôture l'album se poursuit, parfaite, magnifique, épurée, dans ses boucles lentes électriques pour s'achever par ces mots qui s'étirent :

« Plus rien

Plus de corps, plus d'écran

Plus rien

Dehors, dedans

Plus rien »

 

 

Mais l'écoute de Lou ne se résume ni au texte ni au chant. C'est aussi une expérience corporelle où le rythme de ses mots et de sa musique, son souffle, vient s'inscrire. Ses chansons me donnent une envie de bouger lentement, presque lascivement. Il y a une forme de sensualité presque paradoxale avec la teneur de son propos. Je ne sais rien du parcours artistique de cette artiste mais je trouve qu'il y a quelque chose de l'ordre du mouvement, de la danse dans la maîtrise de la durée, de l'ondulation, de l'oscillation lente.

Loin d'une apparente simplicité, le miracle des compositions de cet album est de provoquer une sensation de coulé, d'ondoiement, de mouvement épuré, de fragile retenue. Peu d'albums provoquent de telles sensations.

Simple amateur de musiques, je ne maîtrise ni le vocabulaire ni les codes de la critique et encore moins les subtilités des références musicales. Mais il me semble que Lou trace une voie originale dans la chanson pop française. Un quatrième album serait en préparation. Je l'attends avec impatience.

Les trois albums de Lou sont en écoute et disponibles sur sa page bandcamp. Ne vous en privez surtout pas.

08.06.2014

Music Albums Review : duo RØST, Ditte Rønn & Søren Bebe

Il y déjà presque deux ans, j'ai écrit un texte qui connut de multiples versions. Un texte inspiré par l'écoute du duo danois RØST composé de Ditte Rønn et Søren Bebe. Chacun de ces artistes a aussi tracé sa voie musicale que je présenterai dans cette chronique.

Voici l'une des versions de ce texte qui n'a pas disparu du monde numérique en guise d'introduction, accompagnée de l'une des chansons qui l'inspira.

Voce

Posée sur le silence

une note de clavier

délicate éphémère

dissipe la brume qui couvre la plaine assoupie

Au loin

à peine visible

un océan de souvenirs amers

que trouble l'écume grisâtre des vagues

Dans l'immensité

plus douce que la peau des paupières

une voix de femme s'élève

Lentement

la mélancolie s'insinue

le chant emplit l'espace

cristallin

et l'air vibre d'arpèges lumineux

Quelque part

lancinant

le son d'un portail abandonné

qui grince sous le vent

Les vocalises se déploient résonnent s'éteignent

Murmures

La note retentit encore

suspendue

puis meurt

Ne demeure précieux

qu'un instant fragile de bonheur.

La collaboration des deux artistes danois a donné naissance à trois albums. « Improvisationer » en 2009 composé de 12 titres piano-voix où le jeu de Soren et la voix chaude de Ditte font merveille comme dans le très beau « Seks » :

Le magnifique « Drømte mig en drøm » paraît en 2011. Le duo revisite magistralement des titres traditionnels, appartenant au folklore danois. Le disque est ouvert par le somptueux « Jeg gik mig ud en sommerdag » et offre avec ses huit titres des ambiances splendides :

En 2013, paraît la musique composée par le duo pour « Dokumentaristen » un spectacle écrit et mis en scène par la compagnie théâtrale danoise « Team Teatre ».

Mais, chaque artiste développe aussi ses projets personnels.

L'année 2012 voit le premier album solo de Ditte Rønn paraître : « Echoes of Madeleine » avec la collaboration de Sune Skuldbøl Vraa Nielsen. 

Douze titres le composent dont les très beaux « Here I Am », « Emotianal »,« Recovering », « I Go As Deep As I Can Go », « The Sea », « Be Kind » ou « I Won't Tell ».

Variant les ambiances, le disque montre les talents de chanteuse, d'interprète et de compositrice de Ditte Rønn.

 

Quant à Søren Bebe, il poursuit sa carrière de pianiste mais aussi de compositeur. Il connaît un succès de plus en plus important avec son trio, notamment avec l'album "A Song for You" paru en 2012 qui comporte de lumineuses compositions :

 

 

03.06.2014

Albums & Book Review : « The Art of the Demo » by Cheval Blanc. « Collège » by Jérôme-David Suzat-Plessy, éditions Bruit Blanc, 2012.

Il est des rencontres fortuites qui vous plongent dans un état particulier. Sans que vous sachiez vraiment l'expliquer, vous avez l'impression qu'elle était inévitable, indispensable, comme un "déjà-là" et qu'elle ne pourra plus vous quitter.

Une compagnie précieuse qui fait irruption dans votre vie, rare, inestimable, tellement précieuse et familière, tellement fragile et indissociable de votre intimité que vous hésitez à la partager.

L’œuvre de Cheval Blanc (projet solo de Jérôme-David Suzat) est de l'ordre de ces rencontres qui, instantanément, entrent en résonance avec ce qui vous constitue au plus profond et que vous ignorez. Un autre vous-même.

Je ne connais rien de la vie d'homme de cet artiste. Cela n'a aucune importance. Cela n'est d'aucun intérêt.

Par contre, ce que je sais de son œuvre, c'est qu'elle constitue l'une des plus belles découvertes de ces dernières années dans les sentes musicales que je parcours.

Rencontre irrémédiable, définitive, radicale, de l'ordre du tout ou rien. Écouter Cheval Blanc est une épreuve parce qu'il ne peut y avoir de demi-mesure. Adhérer, être conquis ou rejeter, ne pas vouloir entendre ce qui dérange.

L’œuvre de Cheval Blanc est une alchimie quasi miraculeuse.

Entre cette voix fragile et pourtant si puissante dans sa capacité expressive, à la limite de la fêlure et de la brisure, à la lisière des forêts sombres qui nous hantent.

Entre ces textes où rythme et sonorité sont tout aussi importants que sens et lyrisme, où vous croyez entendre le souffle de l'auteur jaillir, fulgurant.

Entre des compositions – omniprésence du piano - qui démontrent que le dépouillé génère beaucoup plus d'émotions que la profusion d'arrangements et la sophistication technologique.

Et puis il y a le son de « The Art of the Demo ». Ce son artisanal qui justement apporte la couleur nécessaire, indispensable pour créer cet ensemble unique, cette ode viscérale. J'ose même affirmer que, sans ce son, l’œuvre de Cheval Blanc n'aurait pas la même portée, la même puissance évocatrice. A se fondre dans les productions actuelles, elle aurait tout y à perdre.

Je crois avoir lu, dans l'une des rares interviews disponibles de Cheval Blanc, qu'il avait envisagé d'interpréter des chansons avec un quatuor à cordes. Pourquoi pas, mais alors je l'imagine avec l'intensité d'un jeu de cordes comparable à celui de Casals dans les Suites de Bach.

Intensité justement de la première chanson qui ouvre le troisième opus au titre "Rouge" chargé de symbolique.

« Il faut écrire lentement le nom des gens que l'on aime », c'est ainsi que débute « Le poème lent », titre peut-être le plus intense grâce à la maîtrise de la durée, à la lenteur instaurée entre notes du piano et chant.

Tel un danseur qui, par les variations du mouvement, crée des ruptures dans l'espace-temps, Cheval Blanc nous transporte, dès les premières notes et mots chantés, dans son univers où l'amour, la nostalgie, la souffrance, la passion, la mélancolie mais aussi l'élégance occupent cette place particulière qui suspend le temps.

Temps de l'amour, temps de la perte déjà-là, irrémédiable.

Et si Cheval Blanc nous capture, nous saisit, nous happe, ce n'est pas seulement grâce à ses textes. C'est aussi parce que sa voix, sa diction, son phrasé se marient parfaitement aux musiques qui portent ses paroles, épousent la chair de ses mots. Quoi qu'il pense de sa voix et de sa justesse, aucun doute permis. Cette voix qui incarne l'essence de ses textes ne peut qu'être.

Il y a une musicalité étonnante dans le travail de Cheval Blanc, musicalité de la langue - cet homme aime les mots - qui en fait, sans aucun doute, l'un des auteurs-compositeurs interprètes incontournables de ces dernières années. Méconnu du grand public tel un Marcel Kanche mais indispensable.

Et puis, il y a aussi ce sens de la mélopée, cette linéarité comme dans « I love you so much » ou bien encore dans "du Chaoos". Magistral.

Musicalité des textes, souffle rythmique, notables aussi dans son recueil « Collège » publié chez le même éditeur Bruit Blanc dont il convient de souligner la qualité du travail éditorial.

Ces qualités, ces fulgurances, nous les avions déjà découvertes dans des chansons magnifiques de ses deux précédents EP : « Ma ville », « A la mort du monde », « Les amants morts », « La révolution est un jeu d'enfant » et bien d'autres.

Si Cheval Blanc est un habile artisan de la mélodie – il n ' y a qu'à écouter « Alcool », il est aussi fort habile pour insérer de petites touches à ses chansons qui donnent cette coloration particulière : les voix sur « Garce ! » ou « L’assassin » par exemple.

Il y a aussi, comment trouver les mots, comme une délicate fraîcheur, une douce brise d'adolescence, un romantisme dont on avait oublié les envolées, une incandescence dans ses chansons et poèmes.

Cheval Blanc nous conduit vers des contrées inestimables. Enfermés dans nos vies de cellophane aseptisées, nous avions presque oublié que nos existences étaient habitées par l'amour et la passion. Un cortège d'espoir, de plaisirs et de désir. Un cortège de peurs, de souffrances et de désespoir aussi.

Et cela fait un bien infini.

C'est certain, Cheval Blanc est condamné. Condamné à nous offrir une nouvelle suite à « The Art Of The Demo #3».

L'album et les deux EP sont en en écoute et en vente ici :

EP Révélations

EP Révolutions

Album Rouge

Le recueil de poèmes « Collège » est disponible ici :

Collège

29.05.2014

Album of the Month : "Brightly Painted One" by Tiny Ruins, 2014.

A Marvellous Album !
Quand j'ai entendu pour la première fois Hollie Fullbrook, j'ai pensé à Sibylle Baier. Non que la voix soit la même. Non. Mais il y a ce folk intemporel, cette simplicité apparente, cette lumineuse pureté, cette sérénité apparente qui irrigue ses compositions. Cette jeune artiste, sans céder à la facilité et à la mode, poursuit avec sincérité sa route depuis son premier lp qui était déjà une réussite. Si il y a cette sérénité dans les compositions comme dans des titres de Sybille Baier tels que "Tonight" ou "I Lost Something in the Hills", il y a cette voix et ces inflexions qui parfois laissent la fêlure percer. Hollie Fullbrook a le don dans l'infime variation de faire chavirer votre cœur pour peu que l'on soit disposé à accepter de prendre le temps de goûter cette apparente simplicité et cette délicatesse. Les chansons de Tiny Ruins sont de véritables bijoux, certaines atteignent la perfection : "Carriages, "Me At The Museum, You At The Wintergardens", "Whire Sheet Lightning". Un album folk incontournable de cette année 2014. L'album est en écoute sur spotify.

Vous pouvez découvrir et vous procurer ses précédentes compositions sur sa page bandcamp.


New Album : "Silkidrangar" by Samaris.

Trio islandais formé depuis 2011, Samaris continue de tracer sa route sereinement. Leur style musical que certains ont pu oser qualifier d'électro glaciale (déjà électro, j'ai du mal à ranger ! alors en plus glaciale !) me plonge dans des étendues nues et désertiques illuminées par cette voix à l'accent si particulier qui apporte une couleur caractéristique aux compositions du trio. Dix titres à déguster tranquillement.

En écoute sur spotify.


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First Album Review : "May" by Broken Twin, 2014

Ouvert par le magistral « The Aching », disons-le tout de suite, le premier album de Broken Twin est éblouissant. Éblouissant pour ceux qui aiment les atmosphères mélancoliques, les atmosphères poétiques et crépusculaires, celles où, installé dans la pénombre, on regarde les ombres rôder par la fenêtre sans savoir ce qu'elles annoncent.

La sobriété n'est jamais aisée et c'est ce que réussit magnifiquement Majke Voss Romme. Lorsque sa voix s'élève, douce et fragile, posée sur les notes de piano que viennent hanter les cordes, il y a de magnifiques instants de beauté qui s'installent. Le superbe « Roam » en est l'un des exemples les plus marquants.

Évidemment, l'album, par ses choix affirmés et tenus du début à la fin, pourrait lasser ceux qui ne prennent pas le temps de se poser, ceux qui sont adeptes du zapping musical, se contentant d'écouter un ou deux titres voire quelques secondes d'une chanson. Tant pis pour eux mais force est de constater que cet album se clôt par un titre tout aussi magnifique que le premier, tout en délicatesse : « No Darkness ».

Décidément, les artistes danoises nous offrent de bien beaux albums.

En écoute sur spotify : Broken Twin – May

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Discovery from Australia : Duo "anchor & the butterfly"

Des notes de guitare égrenées délicatement, un peu de batterie et une voix magnifique : limpidité, presque un sentiment d'éternité sur certains titres, en tout cas une émotion sereinement installée en toute simplicité.
Je ne suis peut-être que l'un des rares à avoir écouté ce disque en France et à le chroniquer. Je voulais vous faire partager ce folk qui démontre que la multiplicité des effets, des arrangements, des bidouillages de studio, des trucs électro et autres sons qu'il faut absolument triturer et placer dans n'importe quel titre sont bien souvent incapables de procurer des instants tels que ceux offerts par ce duo composé de Bridget Robertson - une voix à vous faire frissonner - et un guitariste Lance Hillier qui sait jouer juste ce qu'il faut.

Partagez, faites connaître le duo "Anchor & The Butterfly" !
L'album est en écoute et en vente sur leur page bandcamp et profitez-en pour écouter des chansons aussi limpides et belles que "White and Grey" ou "A Lone Star" :