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Album Review - Page 7

  • Après avoir écouté « Le seul moment » de Lou

    Après avoir écouté « Le seul moment » de Lou

    pour Lou

     

    Un soir de décembre,

    dans ma boîte aux lettres,

    déposée par le facteur,

    j'ai découvert une enveloppe.

    Mes doigts ont deviné votre album.

    J'aime à savoir qu'il a parcouru

    cette distance entre vous et moi

    grâce à des femmes et des hommes,

    des porteurs de messages,

    d'un temps bientôt révolu

    où les mots d'amour

    parvenaient avec lenteur

    à ceux qui les espéraient.

    Je l'ai laissé posé sur la table

    seul, en instance.

    Je suis parti, appelé par l'ordinaire du quotidien.

    Il était là, abandonné sur la nappe de fêtes, rouge.

    J'ai juste eu le temps de transférer

    sa version numérique sur ma machine à MP3.

    Le matin suivant, à six heures,

    le vent soufflait et les vagues étaient mauvaises

    quand j'ai emprunté la route qui longe la mer.

    J'ai rejoint la gare où un TGV

    devait m'emporter vers la capitale,

    vers les obligations de ce monde.

    Et son bruit.

    J'étais assis, seul.

    J'ai sorti ma machine à fichiers compressés,

    posé le casque sur ma tête,

    fermé les yeux, appuyé sur la touche lecture.

    J'ai passé une partie de mon voyage

    en votre compagnie, dans une maison en ruines,

    en imaginant votre corps onduler lentement

    au son de votre chant – je ne vous ai jamais vue

    et écoutée sur scène. Je vous voyais danser,

    de ces danses où le corps s'abandonne

    au seul moment.

    Je vous ai toujours imaginée danseuse

    avant même que d'être chanteuse.

    Il y a dans vos chansons, leur musicalité,

    un ondoiement, une lente pulsation

    qui transporte peu à peu dans un état second.

    Comme quand, dans l'eau, sur le dos,

    au rythme lent de la houle,

    le ciel d'été tangue.

    Quand j'ai ouvert les yeux,

    par la vitre balayée de pluie,

    j'ai aperçu des arbres qui pliaient sous les rafales.

    J'ai cru y voir de vieux fantômes.

    Il y a toujours cette forme de paradoxe

    déjà si présent dans votre précédent album.

    Elle est votre signature, gravée sur le tronc

    d'un arbre au fond de la forêt.

    La gravité du propos alliée à cette légèreté

    ondoyante. L'épure aussi.

    Aller à l'essentiel.

    On ne sort pas indemne de l'écoute

    de vos chansons.

    Qu'elles nous disent quelque chose de vous

    n'a finalement que peu d'importance. Non.

    L'essentiel est qu'elles nous parlent de nous.

    Un chant universel

    qui se déploie dans une grâce ondulante et paisible.

    J'ai repris le train, parcouru le chemin

    en sens inverse.

    J'ai fui le bruit du monde,

    j'ai retrouvé la femme qui m'a emmené

    loin du pays des ombres.

    Vers d'autres contrées.

    Des contrées oubliées.

    Que je croyais inaccessibles.

    Là où le bonheur a le droit d'exister.

    Là où le plaisir naît du désir dans les regards.

    Là où l'amour n'est pas chimère mais juste

    de l'ordre du possible.

     

  • What I listen to this year 2017 : Album "Haze" by Irena Zilic

    Second album d'Irena Zilic, "Haze" est une belle découverte. La discographie de cette auteure-compositrice-interprète vivant à Zagreb est disponible sur sa page bandcamp.

  • What I listen to this year 2017 : Album "Music For People In Trouble" by Susanne Sundfør

    Aller à l'essentiel, épurer, surprendre, ouvrir des perspectives, ne pas se contenter de répéter, tracer sa voie.

    Susanne Sundfør est de ces artistes que j'écoute depuis ses débuts.

    Encore et toujours elle me surprend, me séduit, m'emporte, me transporte.

    Toujours cette voix, ce chant et pourtant encore et toujours comme à chaque fois une redécouverte.

    Tout de cet album "Music For People In Trouble" est à déguster. Dès l'ouverture de cet opus par "Mantra", une évidence, un compagnon de cette année, un de ceux que l'on écoute et réécoute, un de ceux où à chaque fois on découvre un détail, une note, un passage, un mot, un silence qui vous le rend essentiel, incontournable.

    Impossible de choisir un titre. Tout est à écouter. Alors une sélection arbitraire pour donner envie d'aller s'y plonger.

     

     

  • Discovery : "The Wishing Well" by Susanna Rose

    Un jour de printemps, tu cliques sur un lien comme cela, au hasard, et tu entends ce titre qui débute par quelques notes jouées à la guitare, une voix fragile s'élève dans la quiétude du matin. Tu fumes lentement une cigarette, boit à petites gorgées un café et tu te laisses porter. Le nouvel opus de Susanna Rose est disponible sur bandcamp. A découvrir.

     

  • Synne Sanden : une artiste à découvrir absolument ! an artist to be discovered !

    Il est assez surprenant de remarquer le peu d'écho rencontré en France par la sortie des albums de Synne Sanden, jeune artiste norvégienne. J'avais déjà signalé deux titres il y a quelque temps. La mise en ligne très récente de plusieurs morceaux enregistrés en live dont une nouvelle chanson "Gloom" me donne l'occasion de vous inviter à découvrir les trois albums solo de la demoiselle. En 2011, Synne Sanden réalise son premier album “When Nobody´s Around”, un début remarquable, un des premiers albums les plus enchanteurs de cette année-là :

    Puis vient en 2013, "Climbing In The Window", second opus qui démontre immédiatement sa capacité à créer de nouveaux univers musicaux en utilisant tous les registres de sa voix :

    Enfin, cette année, un troisième album "In Between Sparks" confirme l'étendue de sa palette. On pourra d'ailleurs écouter les versions de l'album et celles piano-voix mises en ligne de "Wounds" et "Black Pearls" pour mesurer combien Synne Sanden est époustouflante dans son chant et son interprétation. Il serait injuste que cette artiste ne rencontre pas un plus large public à l'instar d'autres artistes scandinaves de ces dernières années telle Susanne Sundfør.

  • Album of the Month : "Promise" by Emily Wells

    Voici un album paru en ce début d'année 2016 qui est passé presque complétement inaperçu en France. Je suis toujours étonné par l'empressement d'une grande partie de la presse et des blogs spécialisés pour écrire sur les mêmes albums, en reprenant d'ailleurs bien souvent les mêmes éléments tirés des biographies et des présentations de promo. Pourtant, Emily Wells a donné plusieurs concerts en France cette année, on aurait pu penser que son album allait bénéficier d'un peu plus de visibilité.

    Violoniste de formation, multi-instrumentiste, productrice, compositrice, interprète, cette artiste américaine peut déconcerter. Difficile en effet de l'assigner à un seul genre tant elle a l'art de combiner de multiples influences et d'employer aussi bien violon que machines, sans oublier sa voix qui est un instrument à part entière dans ses chansons (écouter "Fallin in on It", "Antidote" ou "Light is Drainin") suffira à vous en convaincre.

     

    Certes, son album n'est peut-être pas d'un abord des plus immédiats - quoique - mais, plus on l'écoute, plus on découvre la richesse de ses compositions. Auteure déjà de plusieurs albums et de titres magnifiques ("Passenger" par exemple en 2012), Emily Wells délivre un opus qui vous transperce dès le premier titre de 7'30 "Los Angeles". Composé de 11 chansons, cet album est d'une étrange beauté, envoûtante et addictive. Se plonger dans "Antidote", "Falling in on It", "Pack of Nobodies", "Light is Draining", "You Dream of China" et bien d'autres, c'est avoir l'assurance de glisser dans un univers ensorcelant. Rares sont les albums d'une telle cohérence, chaque morceau est non seulement à apprécier pour lui-même mais aussi à replacer en tant qu'unité d'un ensemble plus vaste. Selon moi, c'est son album le plus abouti, celui où elle s'affranchit d'une présence parfois trop prégnante de certaines influences musicales pour créer un opus doté d'une couleur unique.

    Un de mes albums incontournables de cette année 2016.

    Disponible partout y compris en vinyle sur commande, en écoute intégrale sur spotify.