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25.03.2020

containment journey : March 25, 2020

Du balcon, je regarde un de mes voisins à côté de sa voiture. Personne d'autres que lui dehors. Il porte un masque et des gants. Il vérifie juste l'état de sa voiture. Il est à la retraite depuis une dizaine d'années. Avoir peur est humain. La peur nous mène à des conduites qui nous surprendraient en d'autres conditions. Etre rationnel exige un effort, une analyse, un raisonnement qui nous met à distance de notre expérience, de nos émotions.

J'ai sans doute plus de probabilités de mourir à cause du tabac. N'empêche ! J'appréhende chaque sortie. Je crains d'être atteint par ce virus, de contaminer ma princesse, de mourir seul dans un hôpital sans avoir embrassé une dernière fois ceux que j'aime. La peur guide mes précautions.

A midi, j'ai pesé la quantité de pâtes et de protéines du repas. Manger uniquement ce qui est nécessaire à nos besoins sans écouter notre appétit. J'essaie d'être rationnel.

Je suis Un et à la fois Plusieurs.

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Song of the Week (2) : "The Day After That" by Matt Elliott

Les précédents albums de Matt Eliott étaient magnifiques et le prochain "Farewell To All We Know" promet de l'être encore à l'écoute de ce titre.

24.03.2020

containment journey : March 24, 2020 (2)

Je viens de rentrer du ravitaillement mené sous un soleil éclatant mais qui m'a fait salement transpirer.

Contrairement à certains "écrivains" ou autres "réfugiés" sur l'Ile de Ré, la côte basque, en Bretagne, en Normandie... qui tiennent un journal en ces jours glaçants, je vis dans un appartement avec ma princesse. Pas dans une résidence secondaire. Qui a les moyens de s'offrir une maison à l'île de Ré ! Allez, levez le doigt ! Non, un appart banal au second étage, entre les bruits du 3e, ceux du 1er et ceux des talons qui claquent dans la cage d'escalier. Je ne vois pas la mer, ni la verte campagne mais, heureusement, le ciel bleu, des rues goudronnées et d'autres immeubles. Un appart acheté avec un emprunt de 25 ans par ma princesse vu son salaire. On va pas se plaindre non plus, on a de quoi se loger, manger et même du superflu : une connexion internet, les moyens d'acheter des livres et des disques, de sortir de temps en temps, un téléphone portable avec une version Androïd démodée et de s'offrir 15 jours de vacances par an ailleurs. Pour s'évader, et oublier aussi qu'on doit s'lever à 6h15 tous les matins pour attraper un train, boulot oblige. Et parce que dans la ville où on bosse, y a pas moyen d'y vivre vu la spéculation immobilière qui y règne. On les remercie, nous, tous ceux qui font monter les prix des locations et de l'immobilier. Loi de marché oblige, me direz-vous. Enfin, heureusement, nous avons un balcon. P..., vous pouvez pas vous imaginer le plaisir que c'est de manger sur ce balcon. En voilà, un p'tit plaisir du quotidien. Y en a qui n'ont même pas ce plaisir. Y en a qui n'ont que des bancs pour dormir.

Bon là, je dérive, je dérive.

Je viens de rentrer du ravitaillement. Je suis allé à la petite supérette de mon quartier où je me rends de temps en temps. Un couple travaille sans cesse, se montre toujours aussi accueillant et fait un brin de causette. Ça fait du bien d'échanger quelques mots. Et puis, j'ai vu la boulangère chez qui je me sers habituellement. Elle m'a même proposé de me livrer parce qu'elle sait que je dois éviter de sortir. Alors qu'ils sont débordés et essaient de s'occuper de toutes les personnes âgées du coin, leurs fidèles clients qui ont du mal à se déplacer. Voilà, c'est cela la vie quotidienne dans mon coin. Je lui ai dit que je viendrai le chercher, mon pain. Vous avez assez de travail comme cela. C'est peut-être maintenant que les gens vont découvrir combien les "petits commerçants" sont appréciables ! Euh je pense pas. Parce qu'après quand l'orage sera passé, nous allons tout oublier, trop heureux que nous serons d'avoir échapper à cet épisode sanitaire. Vous m'direz, je suis trop pessimiste. J'sais pas. Peut-être un pessimiste optimiste ou lucide. Oui, lucide, c'est peut-être le terme approprié. Lucide, ce mot me plaît. Et sa sonorité est bien agréable.

J'aimerais voir la mer, nager avec ma princesse dans l'océan, pouvoir m'allonger à l'ombre des pins. Mais, ma princesse, là, en ce moment, elle bosse encore à distance, parce que les échéances, faut les tenir. Non, mais ! 

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containment journey : March 24, 2020

Le ciel est terriblement bleu. Aucun enfant dans les rues. Seuls des oiseaux vaquent à leurs occupations.

Se souvenir des déclarations du ministre de l'Education, M. Blanquer. Il y a si peu, et pourtant comme déjà très lointaines, d'un autre temps.

Dans une interview encore disponible sur France Info (jusqu'à quand ?), il déclarait "nous n'avons jamais envisagé la fermeture totale des écoles parce qu'elle nous semble contre-productive"

J'ose espérer que notre ministre réfléchit à quelques sujets possibles du baccalauréat :

- peut-on fonder une décision politique sur un avis scientifique ?

- en quoi consiste la critique ?

- science et idéologie ;

- la production de connaissance est-elle indépendante d'intérêts ?

- responsabilité et culpabilité ;

- doute et décision ;

- la voyance est-elle une science ?

- dans quelles conditions, se taire est-il une nécessité ?

Il faut que je prépare une liste de ravitaillement. Voici mes préoccupations de ce jour : sortir en prenant des précautions vu que je suis une personne à risques, ne rien oublier dans les achats afin de rester confiné le plus longtemps possible, ne pas oublier le pain, les cigarettes si il n'y a pas trop la queue.

Hier, lors de ma courte promenade, j'ai vu qu'un voisin avait stocké au moins 20 packs d'eau dans son garage.

M. le ministre de l'Education : quelle est la quantité minimale de litres d'eau stockée par mon voisin fort sympathique au demeurant ? Sachant qu'un pack contient 6 bouteilles. Pensez M. le ministre qu'une bouteille peut avoir une contenance variable. Si besoin, demandez à la caissière de votre supérette si vous faites vos courses vous-même.

 

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Song of the Week : "Shine" by Yael Naim

Ce matin, pendant que ma princesse travaille à distance dans une autre pièce je me laisse porter par la voix magique de Yael Naim.

Par la fenêtre, je vois le ciel toujours aussi bleu. Les rues sont désertes. Sensation étrange que d'entendre ce chant se déployer dans ce calme apparent.

Chanson extraite du dernier album "nightsongs" paru récemment.

 

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23.03.2020

containment journey : March 23, 2020

Chaque jour, le décompte macabre tombe. Déjà plusieurs médecins.

C'est terrible à écrire mais je suis presque soulagé. Soulagé que ma mère, atteinte d'un cancer, et ma grand-mère, plus que centenaire et très affaiblie, soient décédées récemment à quelques mois d'intervalle.

Comment aurais-je pu les ravitailler en n'habitant pas à proximité ? Qui se serait occupé d'elles ? Quel réconfort, quelle aide auraient-elles pu trouver et auprès de qui dans leur solitude ?

J'ai marché un peu sous les rayons du soleil. Y avons-nous cru qui que nous soyons ? C'était tellement lointain.

Le calme dans la ville. Sidération. 

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On my turntable this week (5) & Album of the Month(2) : "Luxe Misère" by Sages comme des sauvages

J'ai reçu le double LP "Luxe Misère" de Sages comme des sauvages quelques jours avant le confinement. Je ne l'avais pas encore ouvert. Après avoir travaillé à distance depuis ce matin, les deux galettes tournent sur la platine. P.... que ça fait du bien ! Ah ces deux-là m'avaient enthousiasmé lors de la sortie de leur premier opus "Largue la peau" . Je l'avais chroniqué à l'époque. Et puis, ils avaient accepté un entretien du temps où j'avais un peu de temps. En me "taclant" au passage sur l'emploi du terme "projet". Ils avaient bien raison !

Avec "Luxe Misère" tout est annoncé et, si la musique et le rythme sont fréquemment entraînants et ont des accents de joie, il convient de prêter une oreille aux textes qui sont bien plus graves que cela pourrait paraître. Je me souviens que mon directeur de mémoire de 3e cycle m'avait dit un jour pour que je rectifie le tir : "De la légèreté dans l'écriture ! Y compris dans l'écriture scientifique, vous pouvez être léger et sérieux !" C'était un passionné de littérature. Il considérait que celle-ci nous disait beaucoup sur notre monde. Bien plus que la science en de nombreux domaines. 

Avec c'est Comme des sauvages, c'est quelque chose de comparable qui m'enchante : une forme de fraîcheur et de légèreté.

Un double LP avec deux titres bonus à découvrir absolument. Vivement que j'ai l'occasion de pouvoir les écouter sur scène un jour !

Quelques-uns de mes titres préférés :

 

 

 

22.03.2020

containment journey : March 22, 2020

Un accord a été trouvé samedi entre les fédérations du bâtiment et le gouvernement français pour maintenir au maximum l'activité sur les chantiers. Celles-ci et les ministres s'étaient invectivés la semaine dernière par médias interposés. Muriel Pénicaud, ministre du Travail, aurait accusé une fédération du secteur de "défaitisme".

En Italie, le gouvernement décide de fermer "toute activité productive qui n'est pas strictement nécessaire, cruciale, indispensable pour garantir les biens et les services".

Si les propos de Madame Pénicaud sont avérés, que penser : Aveuglement ? Inconscience ? Méconnaissance du mode de propagation virale ? Primauté de l'économie sur la santé de la population ? Duplicité ?

Le terme de défaitiste me fait penser aux plus sombres heures de notre siècle dernier, celle où ceux qui se battaient pour la paix et le désarmement furent traités de "défaitistes". Ceux-là ne furent pas les derniers à se battre ou à résister quand il le fallut !

J'éprouve un profond, un irrépressible écoeurement à la lecture de ces propos rapportés. Nul n'est digne d'être en charge de responsabilités à l'Etat lorsqu'il est confirmé qu'il se comporte comme cela.

Ce dimanche après-midi est cruellement éclatant de soleil, aucun bruit de moteur. 

Je ne sais pas si je vais continuer à consulter la presse sur internet, à supporter ces informations.

Peut-être vais-je me réfugier dans la musique, dans la lecture ? Me contenter d'inventorier mes maigres réserves de nourriture, calculer le moment où je vais être obligé de sortir pour me ravitailler, peut-être pour de longues semaines. 

J'ai décidé de déguster chaque semaine une des bonnes bouteilles que j'avais dans la cave. 

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Song of The Day : "Le Sud" by Nino Ferrer

J'ai laissé ma princesse dormir ce matin.

Quand, elle s'est éveillée, j'ai embrassé la peau au creux de son épaule. Elle était douce et chaude.

J'avais déjà fumé quatre cigarettes.

containment journey : March 17-21, 2020

17 mars :

Ma princesse éclate en sanglots ce matin. Elle n'arrive pas à se connecter à distance à son espace de travail. Pour le moment, ses échéances de travail ont été maintenues. Rien n'a été décalé comme si rien ne s'était passé. Elle réussit à joindre quelqu'un. Dans l'urgence, on ne lui avait pas donné des indications importantes. Impréparation totale, désorganisation - y compris au sein de services d'état. Rien n'a été anticipé.

18-21 mars :

Il est curieux d'entendre l'expression "Etat Providence" dans la bouche de ceux-là même qui n'ont eu de cesse de le saper depuis des années. Est-il possible de croire en leur sincérité ?

Je n'aime pas ce mot "guerre". Ce n'est pas un conflit. Il est étrange d'entendre ce ton martial après des semaines d'atermoiement.

Nous parvenons à faire quelques courses. La folie s'est calmée. Je prends d'infinies précautions en allant chercher du pain. Paradoxe. Le tabac m'empoisonne doucement mais sûrement et je crains qu'un virus me contamine.

Pour le virologue Hervé Fleury interviewé dans un quotidien régional,  "nous aurions dû faire confiance aux scientifiques chinois". Serait-ce cette "prétention française" qui nous est souvent reprochée quand nous sommes à l'étranger ? Un révélateur de notre ethnocentrisme ?

La pénurie de masques est dévoilée par les médias (L'Opinion) : "les premières commandes de masques ont été passées autour du 27 janvier dernier". Comment a-t-il été possible d'être aussi imprévoyant, négligeant ? D'autres articles sont terrifiants si ce qui y est affirmé s'avère véridique : dès 2016, l'actuel directeur général de la santé avait informé que la France n'était pas prête pour une épidémie.

Je n'ai pas de colère, juste un sentiment amer. Je ne me suis jamais fait vraiment d'illusions.

Nous ne tirons jamais les leçons de l'histoire.

Le jour venu, il faudra que ceux qui avaient le pouvoir de prendre des décisions rendent des comptes. Négligence, impréparation, mise en danger de la vie d'autrui, de celle des personnels de santé, de supermarché, des livreurs, des pompiers, de tous ces anonymes qui continuent à travailler pour assurer notre quotidien, des citoyens.

Samedi, nous marchons sous le soleil de printemps. J'avais oublié que le printemps était là.

Le printemps me semble déjà si lointain.

 

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21.03.2020

Books, "A lire ou à relire" : "King Kong Théorie" by Virgine Despentes

J'avais essayé de lire plusieurs romans de Virginie Despentes. Je me méfiais aussi bien des critiques acerbes que des louanges, de l'écho rencontré dans les médias. Et puis, je crois que j'ai un problème avec les romanciers français, j'ai souvent du mal à accrocher. Pire même, j'apprécie bien souvent plus le style des traductions étrangères que le style de nos auteurs contemporains.

Je me souviens qu'une jeune femme brune rencontrée dans un café parisien à l'occasion d'un concert privé m'avait vanté "Vernon Subutex". J'avais eu du mal à achever le 1 et je n'ai même pas terminer le 2. Son premier roman ne m'avait guère enthousiasmé même si le sujet était des plus intéressants.

Bref, je ne comprenais pas pourquoi elle provoquait par ses ouvrages autant de bruit. Culte ou détestée, méprisée. Il faut se souvenir des propos d'Eric Naulleau à propos de cet ouvrage. Le citer serait lui faire un trop grand honneur. Dans quelques années qui se souviendra de ce personnage ? Que restera-t-il de lui dans l'histoire de la littérature ? Rien. 

Ce n'est pas le cas de cet essai qui, plus de 14 ans après sa sortie, garde toute sa force. Non seulement par son contenu mais aussi par son style. C'est peut-être dans cet essai que l'écriture de Despentes s'avère la plus interessante, apportant à l'intention théorique la puissance de ses mots, de ses phrases. Il y a un rythme, une voix qui vous emmène du début à la fin nous dérangeant parfois dans nos croyances, nous bousculant mais nous dévoilant les mises en scène de la féminité et de la masculinité.

Ce qui demeure à la fin de la lecture de cet essai, c'est que, par sa critique, il s'adresse à nous tous, femmes et hommes.

Indispensable.

littérature,virgine despentes

containment journey : March 15-16, 2020

Premières journées sans presque sortir. Juste pour fumer sur le balcon. 

Travail à distance mais l'essentiel de mon activité disparaît. Les mails se succèdent indiquant la mise à l'arrêt d'activités.

Mon agenda électronique est vide. Sensation étrange.

Ma princesse a dû se déplacer pour récupérer du matériel informatique. Elle pourra travailler. Il n'y a pas assez de matériel pour tout le monde. Ses missions ont été identifiées comme devant être poursuivies. Sur son lieu aucune précaution particulière prise, si ce n'est la distance d'1 m. Elle demande aux personnes d'être à au moins 2 m.

Nous nous organisons. Un espace de travail pour chacun. 

Il fait étrangement beau en ce moment. Je regarde les oiseaux nombreux dans le ciel. Nous ne pourrons plus aller nager. C'est à ce moment que je réalise combien cette sensation de glisser dans l'eau, de sentir l'effort dosé des muscles, d'inspirer et d'expirer à un rythme régulier est agréable.

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Song of The Day : "Hey Hey !" by Other Lives

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20.03.2020

containment journey : Day - 2, March 15, 2020

J'ai voulu voir la mer, respirer les embruns avant de me cloitrer.

Peut-être pour une dernière fois.

Nous avons marché seuls sur la plage.

Je ne suis pas allé voter. Ce n'est pas continuer à assurer une vie démocratique que de participer à une mascarade, que de risquer de propager l'épidémie. Je ne parviens même pas à trouver des raisons à cela, aucune forme de rationalité.

Je ne suis peut-être plus en état de comprendre, de penser.

Nous nous sommes embrassés sous ce soleil de printemps. "Et si je te contaminais ?" m'interroge ma princesse. Elle est anxieuse, elle s'inquiète plus pour moi que pour elle.

Voilà les questions que l'on se pose dans cette situation !

Avoir peur de se serrer les mains, de s'embrasser, de dormir l'un à côté de l'autre après chaque sortie.

 

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containment journey : Day - 4, March 13, 2020

Vendredi 13 mars.

8h30 du matin, j'assure un petit-déjeuner de travail, extrêmement difficile de faire respecter la distance de proximité dans la salle. Personne n'a encore ce réflexe. Dans l'ascenseur, impossible, des personnes entrent sans faire attention alors que nous sommes déjà là.

10h. De retour au siège. Je constate que les portes des toilettes sont bloquées en position ouverte.

10h30. Echange au téléphone avec la secrétaire de mon médecin. Celle-ci me demande de rester chez moi car elle affirme que je suis une personnes "à risques". Couperet médical : il faut absolument que j'évite de sortir. Ne tardez pas. Son ton calme mais catégorique me cloue.

J'ai envie de me frapper. Est-ce que je rêve ?

Un accident de santé - il y a plus de 30 ans - que j'avais oublié fait que je cours un risque de complication grave voire mortel si ce virus me contamine.

Glaçant et en même temps, paradoxalement, un sentiment de détachement. 

Fatalité.

 

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containment journey : Day - 5, March 12, 2020

Les jours me semblent infiniment longs. 

Ce matin, j'ai parlé avec la collègue qui dirige, entre autres, le service chargé de l'entretien. Je lui ai expliqué ce qui est fait en Chine. Elle partage mon analyse. Mais elle n'a reçu aucune consigne et quasiment aucun matériel, quelques petits flacons de gel. Pas de masques, aucune procédure. Je la sens inquiète. Elle masque ses sentiments mais ses traits tirés la trahissent.

Beaucoup attendent des mesures.

Le soir, je rentre épuisé.

N'est-il pas trop tard ? 

 

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Song of the Day : "Hammer" by Sophie Jamieson

Titre extrait de l'EP hammer disponible sur Bandcamp. A découvrir.

containment journey : Day - 7, March 10, 2020

Je suis en déplacement professionnel. Je rencontre de nombreuses personnes au vu de mes obligations. J'apprends par une indiscrétion médicale dans la journée qu'au moins 1 personne est un "cas confirmé" dans cette ville, que plusieurs personnes contact sont identifiées. 3 personnes au moins seraient hospitalisées.

Le soir, un communiqué officiel pour la région. Le "cas confirmé" bien confirmé filtre dans la presse. Mais des nouvelles modalités officielles de communication ont été mises en place. Des chiffres globaux, plus de localisation.

Nous allons avoir une bouteille de gel commandée par notre pharmacienne.

Rien au travail. Un collègue qui accueille du public et souffrant d'une maladie a réclamé des mesures. Vu la lenteur de la réaction, son médecin a décidé de le mettre en arrêt maladie pour un mois. Rien à faire des jours de carence...

Qu'attendons-nous pour réagir ?

19.03.2020

containment journey : Day - 8, March 9, 2020

Je reprends le travail. Aucune inquiétude apparente malgré la restriction des rassemblements. A la salle de convivialité - j'adore cette expression - des plaisanteries quand le sujet est abordé. Je parle de la situation en Chine, de ce qui a été mis en place. Une écoute polie mais j'ai l'impression d'ennuyer.

Je prends des précautions pour utiliser la machine à café.

Rien n'est prévu nulle part, je me rends compte que prendre de simples mesures d'hygiène même pour soi est compliqué. Ma fille m'a dit de faire attention aussi aux surfaces.

Se laver les mains, oui mais comment faire ? Toutes les portes sont à poignée. Les poubelles sont à poussée à main, tout est à contact. Quasi-impossible, je n'aurai jamais assez de gel pour tenir une seule journée.

Ma prudence rencontre la réalité. Tout cela me semble vain. 

Le soir, nous nous blottissons l'un contre l'autre. Sentiment d'apaisement.

Dans l'obscurité, j'attends que ma douce princesse s'endorme.

La fatalité m'envahit. Incohérence des mesures.

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EP of The Month & Discovery : "Sauvagerie" by Pony del Sol

Tu erres sur la toile - faut bien s'occuper après avoir travaillé à distance - et puis tu cliques, une image, un titre d'album "Sauvagerie", tiens Pony Del Sol, de Suisse, allons écouter.

Et puis, parce que tu vois "Caresse", pourquoi pas en ce moment, caresse ça te tente, ça fait du bien.

Et alors là, tu craques, cette voix, ce timbre, ces notes égrenées, les arrangements, les paroles, l'univers, ça te prend les tripes, ça te donne envie de t'évader en Suisse, euh non, pas possible pour le moment.

Alors tu continues et tu le réécoutes. Addictif. Mieux que ces saletés de clopes que tu grilles jusqu'au bout en ce moment, à te brûler les doigts.

Et tu embrayes ensuite sur "Ville Magnifique" et les autres "Les arbres menteurs", ah celle-là, t'en pleurerais, mon gars tu te laisses aller, et puis "Ma maison", un exercice d'équilibre vocalement.

Comment j'ai pu passer à côté de cet opus sorti en 2019 ! Et la dame est vraiment de Suisse, de Fribourg apparemment. Je n'avais pas gardé un grand souvenir de la Suisse lors d'un voyage, bon c'est beau, les montagnes, les lacs mais je n'avais pas dû faire les bonnes rencontres. 

Par contre, sans citer toutes les artistes qui viennent de cette contrée, il y en a des qui m'enthousiasment ! Pour savoir, vous n'avez qu'à lire mes petits billets d'amateur musical  prétentieux, cela vous occupera ! 

A découvrir absolument ! L'album est en vente sur bandcamp.