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23.12.2018

Song of the Day : "Lying High Above" by The Wooden Wolf

Chanson extraite du dernier opus de The Wooden Wolf. Toujours aussi magnifique.

"Winter Variations" Op. 6 disponible sur bandcamp.

 

16.12.2018

L'imperméable rouge

Des années après, je t'ai retrouvée. Tu portais un imperméable rouge.

C'était un matin de pluie, un de ces matins gris que j'abhorrais. Un de ces matins où je marchais, absent au monde, sans un seul regard pour ce ciel gris. Je ne voyais personne ou plus précisément mes nerfs optiques transmettaient des signaux que je voulais ignorer. Je ne voulais percevoir qu'une foule grise, anonyme, sous ce ciel gris, dans ce matin gris. Et, il y eut cette tâche rouge au loin qui attira mon attention.

Ton imperméable rouge.

Il n'avait pu – je ne le savais pas encore - te protéger que de la pluie.

Et alors, il y eut la lumière de ton visage. La lumière de ton regard, aussi. Cette lumière que je ne saurai décrire. Cette lumière me laissa pantelant, désarmé. Elle me mit en mouvement, inexorablement. Je ne réfléchissais pas, je n'étais que ce mouvement, que ce corps en marche, qu'articulations, muscles et tendons en action. Je n'étais que tension, qu'impulsion soudaine pour te rejoindre.

Un sentiment d'urgence.

Cette histoire, je te l'ai tant de fois déjà racontée. Et tout le reste aussi.

Cet imperméable rouge, pour quelles raisons l'avais-tu choisi ? Toi qui voulais passer inaperçue, te fondre, anonyme. Notre futur t'avait-il conduit à ce choix ?

Notre rencontre débutait sous le signe du désir. Mais, tu n'en savais rien. Dès le premier instant, j'ai cherché à te séduire. Tellement ébloui. Aveugle à tout ce qui n'était pas toi. Obsédé par toi. Je ne voyais que l'iris vert de tes yeux, le dessin de tes lèvres et ton sourire indéfinissable. Je cherchais ton visage sur les quais de gare. Je guettais ton apparition sur le boulevard chaque fin d'après-midi. Ta silhouette, ta démarche, ton port de tête. Tu étais princesse inaccessible, réfugiée en ta forteresse. Je n'avais cesse de te retrouver. Je traversais les jours sans autre pensée que toi. Je t'attendais. Je détestais ces jours où l'automobile te dérobait à ma présence. Je ne pouvais savoir ce qui t'arrachait à moi. Moi qui n'était rien. Moi qui voulait être tout. Chaque matin, chaque soir, j'espérais l'instant où enfin tu allais t'asseoir dans la grâce d'un timide sourire en face de moi. Ces instants, j'aurais voulu qu'ils durent jusqu'à ce que la lune t'éclaire d'or. Mais, ces instants, je ne pouvais que les voler, que les dérober.

Par tes yeux, enfin, je voyais la mer et je sentais une houle longue, profonde me porter. Je découvrais enfin mon univers. Un univers inondé de lumière.

Je voyais - j'en étais certain - tout l'amour que tu avais à donner. Je voyais tout l'amour qui t'avait manqué. Tu étais ma joie, mon impatience. Je guettais le moindre de tes sourires - ils me transperçaient le cœur. Je cherchais à te séduire. Je ne savais rien de ta vie, de tes souffrances. Mais j'avais envie d'être ton rempart. J'étais au bord du quai, prêt à basculer. Je découvrais le plaisir d'aimer. Je chavirais, bateau ivre. Je déposais des mots et des regards. Des petits cailloux pour te guider vers le chemin qui – je l'espérais - te mènerait à moi. Je cherchais à te séduire.Tu me laissais dans l'ignorance. Le doute était mon infatigable compagnon de voyage. Impénétrable, énigmatique, tu ne te livrais pas. Je cherchais à te séduire. Je n'osais rien te demander. Je n'avais que des questions qui ne pouvaient que rester sans réponses. Parfois, la colère ou le désespoir me submergeait. Je maudissais ton indifférence supposée. Je ne disais rien. Je devinais mais ne voulais pas savoir. Je maudissais les jours où tu me quittais sur les quais de gare. Je ne montrais rien. Je cherchais à te séduire. Je n'osais t'espérer. Je ne croyais pas te mériter. Et pourtant, j'étais envoûté, je ne pouvais pas lutter contre cette tendresse que je lisais dans ton regard. J'essayais de déchiffrer des signes sur ton visage. Je n'y parvenais pas. Je t'attendais. Je ne pouvais que t'attendre. Te laisser venir à moi.

Et maintenant, chaque soir, tu es là, allongée, blottie contre moi. Tu dis que mon corps est chaud et je m'enroule autour de toi pour te réchauffer. J'écoute la musique de ta voix quand, la nuit tombée, tu lis à haute voix. Elle me calme, me berce. Tu dis que ma peau est douce et je laisse ta main explorer mon corps - il s'abandonne enfin. Et maintenant, chaque soir, j'attends l'instant où je vais sentir le poids de ta tête sur mon épaule quand le sommeil t'emporte. Je n'ose le moindre mouvement si ce n'est caresser lentement l'arrondi de ton crâne, celui de ta joue, si ce n’est effleurer le grain de beauté qui orne ta main gauche.

Chaque jour, te sentir contre moi, t'entendre respirer, apaisée. Chaque jour, je ne regrette rien du passé.

Un jour de nuages à la dérive, j'ai ouvert grands mes bras, je t'ai serrée tout contre moi. Il n'y avait que nous, enlacés dans cette ruelle, nous seuls présents au monde. Je ne voyais que toi, plus rien n'avait d'importance que toi.

Je savais que tu m’emmènerais loin du pays des ombres. Vers d'autres contrées, là où le bonheur a le droit d'exister, là où le plaisir naît du désir dans les regards, là où l'amour n'est pas chimère mais de l'ordre du possible.

Enfin.

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Album Discovery : "Il Lay Where You Lie" by Hannah Cameron

Il y a cette voix, ces ambiances, ces compositions qui vous font frissonner au petit matin un dimanche d'automne.

Une très belle découverte.

Opus de huit titres d'Hannah Cameron disponible sur bandcamp.

 

 

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A lire ou à relire : "Tristesse et Beauté" Yasunari Kawabata

Dernier roman écrit par Yasunari Kawabata avant de se donner la mort le 16 avril 1972, "Tristesse et Beauté" est de ces livres qui, une fois fermé, continue à vous hanter. 1ère édition chez Albin Michel, 1981.

Tristesse et Beauté - Cover image

15.12.2018

Song of The Week : "School Of Design" by Tiny Ruins

Ce n'est pas la première fois que je mentionne un titre ou un album de Tiny Ruins. En 2014, j'avais été conquis par l'album d'Hollie Fullbrook. En 2019, paraîtra un 3e album "Olympic Girls" qui devrait être tout aussi passionnant. Trois titres sont déjà en écoute sur la page bandcamp de l'artiste.

 

Love Journey 12

photo, photographie, photos

Photo by Play B., 2018.

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24.11.2018

Song of the Day : "Nos âmes à l'abri" by Alain Bashung

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love journey 1

je me tenais nue debout dans la lumière qui inondait la chambre

le dos tourné à contre-jour offerte à ton regard

intimidée de mes mains j’avais couvert mes seins

je n’osais me risquer à ton regard

j’avais peur

tu l’ignorais

 

paradoxalement il est plus facile de livrer sa nudité

à ces hommes qui ne connaissent que la convoitise

à ces hommes imbus d’eux-mêmes qui ne sont rien

être une autre soi-même détachée de la scène

sans être aimée sans risque d’aimer sans risque d’être abandonnée

cela tu l’ignorais aussi

 

je me tenais nue debout dans la lumière

qui inondait la chambre

le dos tourné à contre-jour offerte à ton regard

tes baisers timides au creux de mes reins me firent frissonner

et tes mots furent douces caresses sur ma peau

je m’abandonnais à la chaleur de tes mains émues

elles étaient amoureuses

j’étais apaisée

je t’avais enfin trouvé.

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11.11.2018

Song of the Day : "Comme au jour premier" by Dominique A

Le jour s'est levé, premier café, première cigarette.

Loin d'ici, je sais que deux personnes qui me sont chères dorment encore enlacées.

Tout près, je sais la chaleur et la douceur du corps encore endormi de celle que j'aime.

J'écoute "La Fragilité", dernier opus de Dominique A.

Le jour s'est levé, comme au jour premier.

 

 

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04.11.2018

Love Journey 11

photo, photographie, photos

Photo by Play B., 2018

 

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Song of the Week : "Me Voy" by Cat Power

Juste se laisser porter par cette voix et ces quelques notes.

Frissonner au petit matin.

Cat Power, un retour somptueux avec son nouvel opus "Wanderer".

 

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Song of the Day : "Another Kind Of Revolution" by Elena Setien

Premier titre de l'album à venir d'Elena Setien.

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26.10.2018

Album of the Month : "From Gas To Solid / You Are My Friend" by Soap&Skin

De retour

Anja Franziska Plaschg

Enfin

Un nouvel opus

Peut-être moins viscéral

Moins tourmenté

Mais toujours cette intensité

Cette tension latente

Un opus qui ne s'offre pas dans l’immédiateté

Un opus qui se conclut par une reprise somptueuse de "What A Wonderful World".

 

 

 

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Love Journey 10

 photo, photographie, photos

Photo by Play B., 2018

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21.10.2018

Résidence d’été

le portail d’abcès de rouille

grince

sur les marches de l’escalier

deux chaises d’été attendent

délaissées

 

dans le jardin abandonné

les marguerites sont éteintes et le ruisseau

s’est tu

 

les volets

clos de silence

ne cachent que le miroir piqué

où tu esquissais un sourire

de rouge fardé

 

il ne reste que des ombres

surgies de cadres aux dorures fanées

qui parfois peuplaient nos nuits

de douleurs

muettes

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